DES SORCIERS
TOUS demande maintenant : n Un homme qui a se mêle de deviner, est-il obligé de rendre « Pargent qu'il a gagné par cet exercice ?» Ce qu'il vous plaira , mon révérend père , lui disje. Gomment ce qu'il me plaira? Vraiment vous êtes admirable ! Il semble y de la'façon que vous parlez , que la vérité dépende de notre volonté. Je vois bien que vous ne trouveriez jamais celle-ci de vous-même. Voyez donc résoudre cette diilRculté - là à Sanchez ; mais aussi c'est San« chez. Premièrement il distingue en sa Som. I. a , c. 38 , n. 94, g5 et 96 : a Si ce devin ne s'est <c servi que de l'astrologie et des autres moyens « naturels y ou s'il a employé l'art diabolique, n Car il dit qu'il est obligé de restituer en un ce cas , et non pas en l'autre, m Diriez-vous bien maintenant auquel? Il n'y a pas- là de difficulté y lui dis - je. Je vois bien , répliqua - 1 - il , ce que vous voulez dire. Vous croyez qu'il doit restituer au cas qu'il se soit servi de l'entremise des démons? Mais vous n'y entendez rien ; c^est tout au contraire. Voici la résolution de Sanchez , au même lieu : a Si ce devin n'a pris « la 'peine et le soin de savoir, par le moyen n du diable , ce qui ne se pouvoit savoir autrece ment , si nullam operam apposuit ut arts M diaboli id sciret , il faut qu'il restitue ; mais «c s'il en a pris la peine , il n'y est point obli-
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«B gé. » Et d*oti Tient cela , mon père I Ne Ven<» tendez-Tons pas, me dit- il? Cest parce qu'on pent bien deriner par Tart du diable , an lien que l'astrologie est nn moyen £inx. Mais, mon père , si le diable ne répond pas la réritéy car il n'est gneVe pins réritable qne PastrolO' gie , il £indra donc que le devin restitue par la même raison î Non pas toujours , me dit - iL Distinguo , dit Sanchez sur cela. « Car si le de- «B Tin est ignorant en l*art diabolique , ai ai ar- «B fû éiabohcae ignarus , il est obligé à resti- « tuer : mais s'il est habile sorcier , et qu'il ait «B iait ce qui est en lui pour savoir la Térité j il «r n'y est point obligé ; car alors la diligence «r d'un tel sorcier peut être estimée pour de ce l'argent : diligeniia a mago apposiia est « pretio aestimabiUs, » Cela est de bon sens, mon père , lui dis- je , car Toilà le moyen d'engager les sorciers à se rendre saTans et experts en leur art, par l'espérance de gagner du bien légitimement , selon tos maximes ^ en serTant fidèlement le public. Je crois que TOUS raillez, dit le père; cela n'est pas bien. Car si tous parliez ainsi en des lieux ou tous ne fussiez pas connu , il pourroit se trouTer des gens qui prendroient mal tos discours , et qui TOUS reprocheroient de tourner les choses de la religion en raillerie. Je me défendrois £i«