‹ Les Provinciales ou Lettres de Louis de MontalteChapitre 8 sur 18 · MÉPRIS DES 8S. PERES · texte numérisé non relu

MÉPRIS DES 8S. PERES

avancé une , nous avons droit de la prendre , si nous le voulons , par la doctrine des opinions probables y et nous n*en sommes pas les garans quand Pauteur n^est pas de notre corps. J'entends tout cela y lui dis-je. Je vois bien par-là que tout est bienvenu chez vous, hormis les anciens pères , et que vous êtes les maîtres de la campagne. Vous n*avez plus qu'à courir.

Mais je prévois trois ou quatre grands inconvëniens , ot de puisvsantes barrières qui s'opposeront à votre course. Et quoi , me dit le père tout étonné! C'est, lui répondis- je , l'écriture sainte , les papes et les conciles , que vous ne pouvez démentir, et qui sont tous dans la voie unique de l'évangile. Est-ce U tout , me dit-il? Vous m'avez fait peur. Croyez-vous qu'une chose si visible n'ait pas été prévue , et que nous n'y ayons pas pourvu? Vraiment je vous admi« re , de penser que nous soyons opposés à l'écriture , aux pnpes , ou aux conciles ! Il faut que je vous éclaircisse du contraire. Je serois bien marri que vous crussiez que nous manquons à ce que nous leur devons. Vous avez sans doute pris cette pensée de quelques opinions de nos pères qui paroissent choquer leurs décisions , quoique cela ne soit pas. Mais pour en entendre l'accord ^ il faudroit avoir plus de

loisir. Je souhaite que yous ne demeuriez paar mal édifié de nous. Si vous voulez que nous nous revoyions deniain , je vous en donnerai rëclaircissement. Voilà la fin de cette conférence, qui sera celle de cet entretien ; aussi en voilà bien assez pour une lettre. Je m^assore que vous en serez satisfait en attendant la sui« te. Je suis f etc.

SIXIEME LETTRE i.

DifTérens artifices des jésaites pour éluder rantorité dt r^rangile , des conciles et des papes. Quelques coii<* séqaences qui suivent de leur doctrine sur la Proba» bilité. Leurs reUchemens en faveur des bénéfîciers » des prêtres , des religieux et des domestiques. Uis^ toiro de Jean d'Alba.

De Paris , ce lo arril r6Sf.

ONSIEUR,

Je vous aï dit, à la fin de madernicre lettre | que ce bon pcrc jésuite m^avoit promis de m^apprendre de quelle sorte les casuistes accordent les contrariétés qui se rencontrent entre leurs opinions et les décisions des papes, des con* ci les et de récriture. Il m^en a instruit, en effet, dfins ma seconde visite ^ dont yoici le ré* cit.

Ce bon père me parla de cette sorte : Une dos manières dont nous accordons ces contradictions apparentes 9 est par Tinterprétation do

X Cette lettre a été roTne par M. Kioole,

98 SIXIEME LETTltE.

quelque terme. Par exemple , le pape Grégoire Xiy a déclaré que les assassins sont indignes de jouir de Tasyle des églises , et qu'on les en doit arracher. Cependant nos yingt-quatreTieillards disent, tr. 6 y ex. 4f n. 27 : « Que tous « ceux qui tuent en trahison , ne doivent pas n encourir la peine de cette bulle. » Cela vous paroit être contraire , mais on Taccorde y eii interprétant le mot d'assassin, comme ils font par ces paroles : a. Les assassins ne sont - ils a pas indignes de jouir du privilège des é^i- « ses ? Oui , par la bulle de Grégoire XIV.

«I Mais nous entendons par le mot d'assassins , «I ceux qui ont reçu de l'argent pour tuer quel- « qu'un en trahison. D'où il arrive que ceux Cl qui tuent sans en recevoir aucun prix , mais ce seulement pour obliger leurs amis , ne sont « pas appelles assassins. » De môme il est dit dans l'évangile : n Donnez l'aumône de votre ' «( superflu, w Cependant plusieurs casuistes ont trouvé moyen de décharger les personnes les plus riches de l'obligation de donner l'aumône* Cela vous paroît encore contraire ; mais on en &it voir facilement l'accord y en interprétant le mot de superflu ; en sorte qu'il n'arrive pres^ que jamais que personne en ait. Et c'est ce qu'a fait le docte Vasquez ^ en cette sorte > dans

AUTORITES iLUDifift. 99

ton traité <ie Taumône , c. 4: <<Gc que les per- Il sonnes du monde gardent pour relever leur « condition et celle de leurs parens , n*est pas te appelle superflu. Et c*est pourquoi à peine •t trouvera-t-on qu'il y ait jamais de superflu it chez les gens du monde , et non pas même <c chez les rois. »

Aussi Diana ayant rapporté ces mêmes pa^ rôles de Vasqucz, car il se fonde ordinairement sur nos pères , il en conclut fort bien ; «I Que , dans la question , si les riches sont obli-^ « gés de donner Taumône de leur superflu , en<< «f core que Taffirmative fût véritable, il nWri-' ti vera jamais , ou presque jamais , qu^elle obli^ €t ge dans la pratique. »

Je vois bien , mon père, que cela suit de Itf doctrine de Vasquez. Mais que répondroit-on , si Ton objectoit qii'afin de faire son salut , il seroit donc aussi sûr , selon Vasquez , de ne point donner l'aumône , pourvu qu'on ait assez d'ambition pour n'avoir point de superflu ; qu'il est sur , selon l'évangile , de n'avoir point d'am* bition , afin d'avoir du superflu pour en pouvoir donner l'aumône 1 II faudroit répondre ,. me dit -il , que toutes ces deux voies sont sûres selon le même évangile ; l'une, selon l'évangile dan9 le sena le plus littéral et le plus facile

100 SIXIEME lETTRE.

k trouver ; l'autre , selon le infâme évangile j interprété par Yasquez. Vous yoyez par-là l'utilité des interprétations.

Mais quand les termes sont si clairs qu'ils n'en souflrent aucune , alors nous nous servons de la remarque des circonstances favorables f comme vous verrez par cet exemple. Les papes ont excommunié les religieux qui quittent leur habit y et nos a4 vieillards ne laissent pas de parler en cette sorte , tr. 6 , ex. 7 , n. io3. « En quelles occasions un religieux peutcc il quitter son habit sans encourir l'excoran raunication 1 u II en rapporte plusieurs , et entre autres celles - ci : ce S'il le quitte pour ce une cause honteuse , comme pour aller filoa- « ter ) ou pour aller incognito en des lieux de ce débauche , le devant bientôt reprendre, u Aussi il est visible que les bulles ne parlent point de ces cas- là.

J'avois peine à croire cela , et )e priai le pcre de me le montrer dans l'original ; je vis que le chapitre où sont ces paroles est intitulé : « Pratique selon l'école de la Société de n Jésus ; Praxis ex Societatis Jesu schoîa ; » et j'y vis ces mots : Si habitum dimittat ut fa* retur occulte , vel fomicetur. Et il me montra la même chose dans Diana , en ces termes:

Vt eat imognitus ad lupanar, £t d'où vient ,

ÀTTTOKITis iLlTDlfcâ. 101

mon père , quUls les ont déchargés de rexcom» tnunication en cette rencontre 1 Ne le comprenez - vous pas , me dit- il ? Ne voyez - vous pas quel scandale ce seroit de surprendre un religieux en cet état avec son habit de religion? Et n^avez-vous point oui parler , continua-t-il y comment on répondit à la première bulle Con»

ira sollicitantes ? et de quelle sorte nos 24 } dans un chapitre aussi de la pratique de l'école de notre Société y expliquent la bulle de Pie y, Contra clericos > etc, ? Je ne sais cd que c'est que tout cela , lui dis-)e. Vous ne lisez donc guère Escobar , me dit-il. Je ne l'ai que d'hier, mon père, et même j'eus de la peine à le trouver. Je ne sais ce qui est arrivé depuis peu , qui fait que tout le monde le cherche. Ce que je vous disois , repartit le père , est au tr. 1, ex. 8, n. loa. Voyez -le en TOtre particulier. Vous y trouverez un bel exemple de la manière d'interpréter favorable* ment les bulles. Je le vis en efl'et dès le soir même*, mais je n'ose vous le rapporter, car c'est une chose effroyable.

Le bon père continua donc ainsi. Vous entendez bien maintenant comment on se sert des circonstances favorables \ Mais il y en a qMelquefois de si précises , qu'on ne peut ac- ^rder par-là les contradictions* De sorte que

lOa SIXIEME LETTRE* .

ce seroit bien alors que vous croiriez qu^il y en auroit. Par exemple : trois papes ont décidé que les religieux qui sont obligés par un vœu particulier à la vie quadragésimale , n*en sont pas dispensés , encore qu'ils soient laits é?ê* ques. Et cependant Diana dit , « que nonob- (« stant leur décision ils en sont dispensés. »> £t comment accorde-t-il cela , lui dis-je 1 Cest, répliqua le père y par la plus subtile de toutes les nouvelles méthodes , et par le plus fin de la Probabilité. Je vas vous Vexpliqner. C'est que, comme vous le vîtes l'autre jour y l'affirmative et la négative de la plupart des opinions ont chacune quelque probabilité, au jugement de SOS docteurs y et assez pour être suivies avec sûreté de conscience. Ce n'est pas que le pour et le contre soient ensemble véritables dans le xnême sens y cela est impossible ; mais c'est seulement qu'ils sont ensemble probables y et sûrs par conséquent.

Sur ce principe , Diana notre bon ami parle ainsi en la part. 5, tr. i3 , r. Sç. ce Je réponds ce à la décision de ces trois papes , qui est con- «« traire à mon opinion , qu'ils ont parlé de la n sorte y en s'attachant à l'affirmative , laquelle «c en effet est probable , à mon jugement mô* M me : mais il ne s'ensuit pas delà que la néft jgative n'ait aussi sa probabilité. » £t dans Iq

▲UTORIxis ^LUDésS. lo5

même traité, r. 65 y sur un autre sujet y dans lequel il est encore d'un sentiment contraire à un pape , il parle ainsi : <« Que le pape Tait dit <t comme chef de l'église y je le yeux. Mais ii a ne Va fait que dans l'étendue de la sphère de « probabilité de son sentiment. » Or , tous ▼oyez bien que ce n'est pas là blesser les sentimens des papes : on ne le soufifriroit pas à Rome , où Diana est en un si grand crédit.

Car il ne dit pas que ce que les papes ont décidé , ne soit pas probable \ mais en laissant leur opinion dans toute la sphère de probabilité , il ne laisse pas de dire que le contraire est aussi probable. Gela est très respectueux , lui dis- je. Et cela est plus subtil y ajouta-t-il y que la réponse que fit le père Bauny quand on eut censuré ses livres à Rome. Car il lui échappa d'écrire contre M. Haliier , qui le persécutoit alors furieusement : <t Qu'a de commun la « censure de Rome avec celle de France? »

Vous voyez assez par-là , que y soit par l'interprétation des termes , soit par la remarque det circonstances favorables y soit enfin par la double probabilité du pour et du contre, on accorde toujours ces contradictions prétendues^qui vou« étonnoient auparavant y sans jamais blesser les «lécisions de l'écriture y de» conciles ou des pa* pes I comme tous le yoyes. Mon réTérend père f

104 8TXIEME LETTRE.

lui dis -je y que le inonde est heureux de Toutf «Toir pour maîtres ! Que ces probabilités sont utiles ! Je ne savois pourquoi tous aviez pris tant de soin d'établir , qu'un seul docteur ^ 9^il est gr^ue, peut rendre une opinion probable y que le contraire peut Tétre aussi; et qu'alors on peut choisir du pour et du contre celui qui agrée le plus y encore qu'on ne le croie pas véritable y et avec tant de sûreté de conscience y qu'un confesseur qui refuseroit de donner l'absolution sur la foi de ces casuistes y seroit en état de damnation. D'où ye comprends qu'un seul casuiste peut à son gré faire de nouvelles règles de morale y et disposer selon sa fantaisie de tout ce qui regarde la conduite des mœurs. Il faut y me dît le père , apporter quelque tempérament à ce que vous dites. Apprenez bien ceci. Voici notre méthode y où vous verrez le progrés d'une opinion nouvelle, depuis sa nais- 0ance jusqu'à sa maturité.

D'abord le docteur graue qui l'a inventée l'expose au monde y et la jette comme une semence pour prendre racine. Elle est encore foible en cet état y mais il faut que le temps lamûrisse peu à peu. Et c'est pourquoi Diana y qui en a introduit plusieurs, dit en un endroit: n J'avance cette opinion ; mais parce qu'elle d est nouvelle ^ je la laisse mûrir au temps ^

AUTORZlia iLUD^EI. io5

^ relinguo tempori maturandam. » Ainsi ea peu d'années on la voit insensiblement 6\irfermir; et après un temps considérable, elle se trouve autorisée par la tacite approbation de l'église ) selon cette grande maxime du pera Sauny : <« Qu'une opinion étant avancée par <c quelques casuistes , et Téglise ne s'y étant m point opposée , c'est un témoignage qu'elle <« l'approuve. » Et c'est en eflet par ce principe qu'il autorise un de ses sentimens dans 8on traité 6 , p. 3 1 a. Et quoi , lui dis- je , mon père y l'église ù ce compte-là approuveroit donc tous les abus qu'elle soui'fre , et toutes les erreurs des livres qu'elle ne censure point? Disputez , me dit - il , contre le père Bauny. Je vous fais un récit, et vous contestez contre moi. Il ne faut jamais disputer sur un fait. Je vous disois donc que quand le temps a ainsi mûri une opinion , alors elle esttout-k'fait probable et sûre. Et de là vient que le docte Ca« ramuel , dans la lettre où il adresse à Diana sa Théologie fondamentale ,dit que ce grand a Dia- <• na a rendu plusieurs opinions probables qui ce ne l'étoient pas auparavant , qtiae antea notk « eranU Et qu'ainsi on ne pèche plus en les M suivant ; au lieu qu'on péchoit auparavant ; c< jam non p$ccant, llcet ante peccaverint» » £n vérité > mon pcre , iui dis->c 9 il y a bien

106 SIXIEME LfiTTAS.

à profiter auprès de vos docteurs. Quoi , dé deux personnes qui font les mêmes choses , celui qui ne sait pas leur doctrine , pèche ; celui qui la sait , ne pèche pas ? Elle est donc tout ensemble instructive et justifiante? La loi de Dieu i'aisolt des prévaricateurs selon S. Paul , celle-ci fait qu'il u*y a presque que des inno* cens. Je \ >us supplie , mon père , de m'en bien Informer; je ne vous quitterai point que vous ne m'ayez dit les principales maxin^s que vos <asuistes ont établies.

Hélas ! me dit le père , notre principal but fiuroit été de n'établir point d'autres maximes que celles de l'évangile dans toute leur sévérité. Et l'on voit assez par le règlement de nos mœurs ^ que si nous souffrons quelque relâchement dans les autres , c'est plutôt par condes* cendance que par dessein. Nous y sommes for«* ces. Les hommes sont aujourd'hui tellement corrompus y que , ne pouvant les faire venir à nous y il faut bien que nous allions à eux. Autrement ils nous quitterolent ; ils feroient pis y ils s'abandonneroient entièrement.Ët c'est pour les retenir que nos casuistes ont considéré les vices auxquels on est le plus porté dans toutes les conditions , afin d^ établir des maximes si douces , sans toutefois blesser la vérité , qu'on seroit de diiEcile composition si Ton n'en étoit

VROGRès D£ LA PROBABILItI. 10/ content. Car le dessein capital que notre Société « pris pour le bien de la religion , est de ne rebuter qui que ce soit ^ pour ne pas désespérer le monde.

Nous avons donc des maximes pour toutes sortes de personnes , pour les bénéiiciers , pour les prêtres , pour les religieux , pour les gentilshommes y pour les domestiques , pour le,8 riches , pour ceux qui sont dans le commerce., pour ceux qui' sont mal dans leurs affaires , pour ceux qui sont dans Tindigence , pour les femmes dévotes f pour celles qui ne le sont pas , pour les gens mariés , pour les gens déréglés. Enfin rien n*a échappé à leur prévoyance. C'est à-dire , lui dis-je , quHVy en a pour le clergé p la noblesse et le tiers-état* Me voici bien disposé à les entendre.

Commentons , dit le père , par les bénéficîers. Vous savez quel trafic on fait aujourd'hui des bénéfices , et que y s'il falloits'en rapporter À ce que S. Thomas et les anciens en ont écrit , il y auroit bien des simoniaques dans l'église* C'est pourquoi il a été fort nécessaire que noji pères aient tempéré les choses par leur prudence, comme ces paroles de Valentia y qui est l'un des quatre animaux d'Escobar, vous l'apprendront. C'est la conclusion d'un long discours, où il en donne plusieurs expédiens |

dont yoici le meilleur à mon avis. C'est en Ta pag. 2o39 du tome 3. « Si Ton donne un bien « temporel pour un bien spirituel y » c'est-àdire de Pargent pour un bénéfice , « et qu'on «I donne l'argent comme le prix du bénéfice , fc c'est une simonie visible. Mais si on le donne ce comme le motif qui porte la volonté du col- <c lateur à le conférer y ce n'est point sîmocf nie , encore que celui qui le confère y concc sidère et attende l'argent comme la fin prince cipale. » Tannerus , qui est encore de notre Société y dit la même chose dans son tome 3 y p. i5i9y quoiqu'il avoue « que S. Thomas y est •c contraire y en ce qu'il enseigne absolument ce que c'est toujours simonie de donner un bien a spirituel pour un temporel y si le temporel « en est la fin. » Par ce moyen nous empêchons une infinité de simonies. Car qui seroit asses méchant pour refuser , en donnant de Pargent pour un bénéfice , de porter son intention à le donner comme un inotif qui porte le bénéficier à le résigner y au lieu de le donner comme h jprix du bénéfice ? Personne n'est assez abandonné de Dieu pour cela. Je demeure d'accord, lui dis- je , que tout le monde a des grâces suffisantes pour faire un tel marché. Cela est assuré , repartit le père.

Voilà comment nous ayons adouci les choses

DES PA&TKES; 10^

à regard des bénéficiera. Quant aux prêtres , nous ayons plusieurs maximes qui leur sont as* sez favorables. Par exemple y celle-ci de nos vingt-quatre ^^tr. i ^ ex. ii , n. 96 : n Un prêtre CI qui a reçu de l'argent pour dire une messe y •c peut-il recevoir de nouvel argent sur la même « messe 1 Oui , dit Filiutius , en appliquant la <c partie du sacrifice qui lui appartient comme «c prêtre 9 à celui qui le paie de nouveau , pource vu qu*il n*en reçoive pas autant que pour une «c messe entière , mais seulement pour une par^ vc tie f comme pour un tiers de messe. »

Certes , mon père , voici une de ces rencon* très où le pour et le contre sont bien probables. Car ce que vous dites ne peut manquer de Têtre , après Tautorité de Filiutius et d'Escobar. Mais en le laissant dans sa sphère de probabilité , on pourroit bien y ce me semble , dire aussi le contraire , et Tappuyer par ces raisons. Lorsque Téglise permet aux prêtres qui sont pauvres de recevoir de Pargent pourjeurs mes- 8CS , parce quUl est bien juste que ceux qui servent à l'autel , vivent de Tautel , elle n'entend pas potir cela qu'ils échangent le sacrifice pour de l'argent , et encore moins qu'ils se privent eux-mêmes de toutes les grâces qu'ils en doivent tirer les premiers. Et je dîrois encore fc que les prêtres , selon S. Paul , sont obligea

110 SIXIEME X.ETTRE*

«t d'offrir le sacrifice premièrement pour eux« «t mêmes y et puis pour le peuple ; » etqu^ainsi il leur est bien permis d*en associer d'autres att firuit du sacrifice , mais non pas de renoncer euz>mémes volontairement atout le fruit du sa* crifice , et de le donner à un autre pour un tiers de messe , c'est >à-dirè pour quatre ou cinq sols. En vérité , mon père , pour peu que je fusse grave , )e rendrois cette opinion probable.

Vous n'y auriez pas grande peine , me dit-iK Elle l'est visiblement. La difficulté étoit de trouver de la probabilité dans le contraire des opi* nions qui sont manifestement bonnes. Et c'est ce qui n'appartient qu'aux grands hommes. Le père Bauny y excelle. Il y a du plaisir de voir ce savant casuiste pénétrer dans le pour et le contre d'une même question qui regarde en* core les prêtres , et trouver raison par* tout | tant il est ingénieux et subtil.

Il dit en un endroit, c'est dans le traité 109 p. 474 t « On ne peut pas faire une loi qui obli- «e geàt les curés à dire la messe tous les jours ^ « parce qu'une telle loi les exposeroit indubi* Cl tablement , haud duhie , au péril de la dire <c quelquefois en péché mortel, m £t néanmoins, dans le même traité 10 y page 44^ > il ^it : n Que c< les prêtres quii)nt reçu de l'argent pour dire « la messe tous les jours | la doivent dire toua

DES PlliTllE8« 111

«« les ]ovLT8 f et qu'ils ne peuvent pas s'excuser ti sur ce qu'ils ne sont pas toujours assez bien m préparés pour la dire y parce qu'on peut tou« et Jours faire Pacte de contrition ; et que > s'ils y «c manquent, c'est leur fiiute, et non pas celle «t de celui qui leur fait dire la messe. » Et pour leyer les plus grandes difficultés qui pourroient les en empêcher , il résout ainsi cette question dans le même traité y quest. 3a , p. 4^7 : « Un « prêtre peut-il dire la messe le même jour qu'il ce a commis un péché mortel et des plus crimi* if nels , en se confessant auparavant ? Non, dit « Villalobos , à cause de son impureté. Mais <c Sancius dit que oui , et sans aucun péché ; « je tiens son opinion sûre ^et qu'elle doit être «f suivie dans la pratique : et tuta et sequenda «c in praxi, »

Quoi , mon père , lui dis- je y on doit suivre cette opinion dans la pratique I Un prêtre qui seroit tombé dans un tel désordre y oseroit-il s'approcher le même jour de l'autel y sur la pa^ rôle du père Bauny ? Et ne devroit-il pas déférer aux anciennes loîx de l'église , qui excluoient pour jamais du sacrifice y ou au moins pour un long- temps, les prêtres qui avoient commis des péchés de cette sorte , plutôt que de s'ar* rêter aux nouvelles opinions des casuistes , qui les j admettent le jour même qu'ils y sont tour

lift SIXIEME LETTRE*

bésî Vous n*avez point de mémoire, dit î# père. Ne vous appris- je pas, l'autre lois , que , selon nos pères Cellôt et RegiDaldus , « on ne n doit pas suivre , dans la morale , les anciens a peres,mais les nouveaux casuistes? » Je m'en souviens bien , lui répondis-)e. Mais il y a plus ici , car il y a des loix de Téglise. Vous avez raison, me dit- il; mais c'est que vous ne sa* yez pas encore cette belle maxime de nos pères : «I Que les loix de l'église perdent leur force ^ <i quand on ne les observe plus, cuMJam de" <i suetudine ahierunt , » comme dit Filiutius , tom. 2 , tr* 25, n. 33. Nous voyons mieux que les anciens les nécessités présentes de l'église. Si on étoit si sévère à exclure les prêtres de l'autel , vous comprenez bien qu'il n'y aurolt pas un si grand nombre de messes. Or , la plu.f ralité des messes apporte tant de gloire à Dieu ^ et d'utilité aux âmes, que j'oscrois dire , avec notre père Cellot , dans son livre delà Hiérarchie , pag. 6ii de l'impression de Rouen , qu'il n'y auroit pas trop de prêtres, « quand non- (I seulement tous les hommes et les femmes , « si cela^e pouvoir, mais que les corps inseu- « sibles , et les bêtes brutes mêmes , hruia ani» Cl maïia , seroient changés en prêtres pour cea lébrer la messe. »

Jç fus si surpris de h bizarrerie de cette ima*^

Des keliozeux. ii3

gination y que je ne pus rien dire ^ de sorte qu^il continua ainsi : Mais en yoilà assez pour les prêtres ; )e serois trop long; venons aux religieux* Gomme leur plus grande difficulté est en l'obéis-* sance qu'ils doivent à leurs supérieurs y écoutez Fadoucissement qu'y apportent nos pères. C'est Castrus Palaiis , de notre Société , Op, mon p. i > clisp. a y pag. 6 : « Il est hors de dispute y non «I est controversia , que le religieux qui a pour <c soi une opinion probable , n'est point tenu «I d'obéir à son supérieur , quoique l'opinion «t du supérieur soit la plus probable. Car alors et il est permis au religieux d'embrasser celle « qui lui est la plus agréable , quœ aibi gratior a fuerit, comme le dit Sanchez. Et encore que a le commandement du supérieur soit juste | «I cela ne vous oblige pas de lui obéir; cor il « n'est pas juste de tous points et en toutes maa nieres, non undequaque juste praecipif, mais m seulement probablement \ et ainsi vous n'écff tes engagé que probablement à lui obéir, et « vous en êtes probablement dégagé : proban biliter obligatus, etprobabiliter deobligatus, » Certes y mon père y lui dis • je , on ne sauroit trop estimer un si beau Iruit de la double pro* babilité. Elle est de grand usage y me dit - il y mais abrégeons. Je ne vous dirai plus que ce ^ait de notre célèbre Molina^ en fayeur de%

Il4 SIXIEMES lïTT^X.

religieux qui sont chassés de leurs couyens pour leurs désordres. Notre père Escobar le rapporte, tr. 6 f ex, 7 y n. 1 1 1 , en ces termes : <« JMolina « assure qu'un religieux chassé de son monas- « tere , n'est point obligé de se corriger pouf « y retourner y et qu'il n'est plus lié par son « vœu d'obéissance. »

Voilà , mon père y lui dis- je , les ecclésiastiques bien à leur aise. Je vois bien que tos casuistes les ont traités favorablement. Ils y ont agi comme pour eux-mêmes. J'ai bien peur que les gens des autres conditions ne soient pa^ si bien traités. Il falloit que chacun fit pour soi. Ils n'auroient pas mieux fait eux-mêmes^ me repartit le père. On a agi pour tous avec une pareille charité , depuis les plus grands j usques aux moindres* Et vous m'engagez, pour vous le montrer , à vous dire nos maximes touchant les valets.

Nous avons considéré y k leur égard , la pei« ne qu'ils ont y quand ils sont gens de conscience , à servir des maîtres débauchés. Car s'ils ne font tous les messages où ils les emploient , ils perdent leur fortune *, et s'ils leur obéissentiy ils en ont du scrupule* C'est pour les en soulager que nos vingt-quatre pères > tr. 7 , ex. 4 » n. 223 , ont marqué les services qu'ils peuvent rendre en sûreté de conscience. £n voici quel*

!D£8 domestiques; ll5

ques-uns ; « Porter des lettres et des présens ; «c ouyrir les portes et les fenêtres ; aider leur «c maître à monter à la fenêtre , tenir l'échelle ce pendant qu'il y monte : tout cela est permis u et indifférent. Il est vrai que pour tenir Pé- «1 chelle il faut qu'ils soient menacés plus qu'à «I l'ordinaire, s'ils y manquoient. Car c^est faire <c injure au maître d'une maison , d'y entrer fc par la fenêtre. »

Voyez- vous combien cela est judicieux 1 Je n'attendois rien moins , lui dis* je , d'un livre tiré de vingt -quatre jésuites. Mais, ajouta le père y notre père Bauny a encore bien appris aux valets à rendre tous ces devoirs- là inno« cemment à leurs maîtres , en faisant qu'ils por« tent leur intention , non pas aux péchés dont ils sont les entremetteurs , mais seulement au gain qui leur en revient. C'est ce qu'il a bien, expliqué dans sa Somme des péchés , en la page 710 de la première impression : a Que les « confesseurs , dit-il , remc^quent bien qu'on «t ne peut absoudre les valets qui font des mes- « sages déshonnêtes , s'ils consentent aux pé« Cl chés de leurs maîtres ; mais il faut dire le <r contraire , s'ils le font pour leur commodité m tepiporelle. u Et cela est bien facile à faire ; car pourquoi s'obstineroient-ils à consentir à des péchés dont iU n'ont que la peine {

Il6 SIXIEME LETTRE.

Et le même père Bautiy a encore établi cette grande maxime en faveur de ceux qui ne sont paâ contens de leurs gages. Cest dans sa Somme , pag. ai3 et ai4 de la sixième édition. « Les «I yalets qui se plaignent de leurs gages y peu* « yent-ils d'eux-mêmes les croître en se gara nissant les mains d'autant de bien apparte« tî nant à leurs maîtres , comme ils s'imaginent m en être nécessaire pour égaler lesdits gagea a à leur peine ? Ils le peuvent en quelques ren- Cl contres , comme lorsqu'ils sont si pauvres en « chercbant condition , qu'ils ont été obligés fc d'accepter l'offre qu'on leur a faite y et que «i les autres valets de leur sorte gagnent daci vantage ailleurs. »

Vqilk justement, mon père, lui dis-je, le passage de Jean d'Alba. Quel Jean d'Alba , dit le père? Que voulez -vous dire? Quoi, mon' père, ne vous souvenez -vous plus de ce qui se passa en cette ville l'année 1647? Et ôùétiezvous donc alors? J'enseignois , dit -il , les cas de conscience dans un de nos collèges assez éloigné de Paris. Je vois donc bien , moi^ père, que vous ne savez pas cette histoire ; il faut que je vous la dise. C'étoit une personne d'honneur qui la contoit l'autre jour en un lieu oîk j'étois. Il nous disoit que ce Jean d'Alba, ser* Tant vos pères du collège de Cleroiont de I^

eOMPEKSATXÔK. 11/

tVLé 5aint- Jacques , et n^étant pas satisikit dQ ses gages , déroba quelque chose pour se récompenser. Que vos pères s^en étant apperçus | lé firent mettre en prison y Paccusant de vol domestique , et que le procès en fut rapporté au Ch&telet , le 6^. jour d'avril 1647» si j'ai bonne mémoire* Car il nous marqua toutes ces particularités - là , sans quoi à peine Pauroit - on cru. Ce malheureux , étant interrogé j avoua qu'il avoit pris quelques plats d'étain à vos pères 9 mais il soutint qu'il ne les avoit pas volés pour cela , rapp'brtant pour sa justification cette doctrine du père Bauny, qu'il présente^ aux juges, avec un écrit d'un de vos pères y sous lequel il avoit étudié les cas de conscience, qui lui avoit appris la même chose. Sur quoi M. de Montrouge , l'un des plus considérés de cette compagnie , dit en opinant : « Qu'il a n'étoit pas d'avis que sur des écrits de ces o pères , contenant une doctrine illicite , pern nicieuse , et contraire à toutes les loix natu- «I relies , divines et humaines , capable de ren- « verser toutes les familles , et d'autoriser tous n les vols domestiques, on dût absoudre cet a accusé. Mais qu'il étoit d'avis que ce trop fia dele disciple fût fouetté devant la porte du a collège , par la main du bourreau, lequel en a méme-tempa brûleroit les écrits de ces pères |

Il8 8TltI£MS LETTREé

fi traitant du larcin , avec défense à eux de plaS m enseigner une telle doctrine , sur peine de m la vie. u

On attendoit la suite de cet avis , qui fat fort approuvé y lorsqu'il arriva un incident' qui fit remettre le jugement de ce procès. Mais cependant le prisonnier disparut on ne sait comment , sans qu'on-parlât plus de cette affairelà ; de sorte que Jean d'Alba sortit , et sans ren-* dre sa vaisselle. Voilà ce qu'il nous dit , et il Ajoutoit à cela que l'avis de M. de Montrouge est aux registres du Châtelet, où. chacun le peut voir. Nous primes plaisir à ce conte.

A quoi vous amusez- vous , dit le père ? Qu'est' ce que tout cela signifie? Je vous parle des maximes de nos casuistes ; j'étois prêt à vous par* 1er de celles qui regardent les gentilshommes ^ et vous m'interrompez par des histoires hors de propos. Je ne vous le disois qu'en passant , lui dis-je y et aussi pour vous avertir d'une chose importante sur ce sujet , que je trouve que TOUS avez oubliée en établissant votre doctrine de la probabilité. Et quoi y dit le père , que pourroit-il y avoir de manque après que tant d'habiles gens y ont passé ? C'est y lui répondis-je , que vous avez bien mis ceux qui suivent vos opinions probables , en assurance à l'égard de Dieu et de la conscience : cai à ce

^ne TOUS dites , on est en sùi'eté de ce côtélà y en suivant un docteur graye. Vous les aves encore mis en assurance du côté des confes* seurs : car tous avez obligé les prêtres à les absoudre sur une opinion probable , à peine (le péché mortel. Mais vous ne les avez point mis en assurance du côté des juges, de sorte qu'ils se trouvent exposés au fouet et à la po« tence y en suivant vos probabilités. C'est un dé* fiiut capital que cela. Vous avez raison, dit le père , vous me faites plaisir. Mais c'est que nous n'avons pas autant de pouvoir sur les magistrats que sur les confesseurs , qui sont obligés de se rapporter à nous pour les cas de conscience : car c'est nous qui en jugeons souverainement. J'entends bien , lui dis-je ; mais si d'une part vous êtes les juges des confesseurs , n'êtes-vous pas de l'autre les confesseurs des juges? Votre pouvoir est de grande étendue:

obligez -les d'absoudre les criminels qui ont une opinion probable , à peine d'être exclus des sacremens ; afin qu'il n'arrive pas , au grand mépris et scandale de la probabilité , que ceux que vous rendez innocens dans la théorie y soient fouettés ou pendus dans la pratique.

Sans cela , comment trouveriez- vous des disciples? Il y faudra songer , me dit- il , cela n'est X>as à négliger. Je le proposerai à notre père

f 20 SIXIEME LETT. DES JUGES* ProTÎncial. Vous pouyiez néanmoins réserret cet ayis à un autre tentps , sans interrompre ce que j'ai à vous dire des maximes que nous avons établies en faveur des gentilshommes y et je ne tous les apprendrai qu'à la charge que vous ne me ferez plus d'histoires. Voilà tout ce que vous aurez pour aujourd'hui ; car il ùluZ plus d'une lettre , pour vous mander tout ce que j'appris en une seule conyersation. Gepen-* dant je suis , etc.

SEPTIEME. LETTRE i.

De U méthode d^ diriger Vintention aelon les casnistes* De la permission qa'ils donnent de tuer pour la défense de l'honnenr et des biens , et qa*ils étendent juiqn'anx piètres et aux religieux. Question cnrieu«« proposée par Caramuel , savoir s*il est 4)ermis aux .jésuites de tuer les jansénistes.

De Paris, ce aS avril i65f.

Mo

NSIEUR,

^rès avoir appaisé le bon père dont j'arois iin\eu troublé le discours par Thistoire de Jean d*Alba , il le reprit sur Tassurance que Je lui donnai de ne lui en plus faire de semblables ; et il me parla des maximes de ses casuistes touchant les gentilshommes y à peu près en ces termes :

Vous savez , me dit-il , que la passion dominante des personnes de cette condition est ce point d^honneur qui les engage à toute heure à des violences qui paroissent bien contraires à la piété chrétienne ; de sorte qu'il faudroit les

1 La rérision de cette lettre Sat faite par M. Nicole. PaovxxaALZs U 6

exclure presque tous de nos coni'essionanx , sî nos pères n'eussent un peu relâché de la séTérité de la religion , pour s'accommoder à la foiblesse des hommes. Mais comme ils youloient demeurer attachés à Pévangile par leur devoir envers Dieu , et aux gens du monde par leur charité pour le prochain , ils. ont eu besoin de toute leur lumière pour trouver des expédiens qui tempérassent les choses avec tant de justesse , qu'on put maintenir et réparer son honneur par les moyens dont on se sert ordinairement dans le monde , sans blesser néanmoins sa conscience ; afin de conserver tout ensemble deux choses aussi opposées en apparence , que la piété et l'honneur.

Mais autant que ce dessein étoit utile , autant l'exécution en étoit pénible. Car je crois que vous voyez assez la grandeur et la difficulté de cette entreprise. £Ue m'étonne , lui dis- je assez froidement. Elle vous étonne? me dit- il. Je le croîs , elle en étonneroit bien d'autres. Ignorez- vous que d'une part la loi de l'évangile ordonne « de ne point rendre le mal €t pour le mal , et d'en laisser la vengeance à « Dieu ? M Et que de l'autre les loix du monde défendent de souffrir les injures , sans en tirer raison soi-même , et souvent par la mort de set cnnemia? Ares - roua jamais riea tu qui pa-

nxnscTtofr d^zktbntxok. ni roîsse plus contraire? £t cependant , quand je vous dis que nos pères ont accordé ces choses | TOUS me dites simplement que cela tous éton* ne. Je ne ni*expliqiiois pas assez , mon père* Je tiendrois la chose impossible , si après ce que j'ai vu de vos pères, je ne savoîs qu'ils peuvent faire facilement ce qui est impossible eux autres hommes. C'est ce qui me fait croire cju'ils en ont bien trouvé quelque moyeu, que )*admire sans le connoitre ^ et que je vous prie <le me déclarer.

Puisque vous le prenez ainsi , me dit-il , je ne puis vous le refuser. Sachez donc que ce principe merveilleux est notre grande méthod» de diriger l'intention ; dont l'importance est telle dans notre morale , que j'oserois quasi 1» comparer à la doctrine de la probabilité. Vous en avez vu quelques traits en passant , dans de certaines maximes que je tous ai dites. Car 4orsque je tous ai fait entendre comment les valets peuvent faire en conscience de certains messages flcheux , n*avez vous pas pris garde que c*étoit seulement en détournant leur intention du mal dont ils senties entremetteurs ^ pour la porter au gain qui leur en revient!

Voilà ce que c'est que diriger l'intention. Et vous avez vu de môme ^ que ceux qui donnent de l'argent pour des bénéfices , seroient ile

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