‹ Les provinciales, ou, Lettres écritesChapitre 69 sur 95 · CALOMNIES DES JÊS. CONTRE M. ARNAULD · texte numérisé non relu

CALOMNIES DES JÊS. CONTRE M. ARNAULD

seur même envoie de ses impudicilés à raulel , pour y offrir, en la place de Jésus-Christ , cette victime toute sainte au Dieu de sainteté , et la porter de ses mains souillées en ces bouches toutes souillées! Né sied-il pas bien à ceux qui pratiquent cette conduite par toute la terre, selon des maximes approuvées de leur propre général , d’imputer à l'auteur de la Fréquente communion et aux filles du Saint-Sacrement de ne pas croire le saint sacrement?

Cependant cela ne leur suffit pas encore. Il faut , pour satisfaire leur passion , qu’ils les accusent enfin d’avoir renoncé à Jésus-Christ et à leur baptême. Ce ne sont pas là, mes pères , des contes en l’air comme les vôtres ; ce sont les funestes emportements par où vous avez comblé la mesure de vos calomnies. Une si insigne fausseté n’eût pas été en des mains dignes de la soutenir, en demeurant en celles de votre bon ami Filleau , par qui vous l’avez fait naître : votre société se l’est attribuée ouvertement; et votre père Meynier vient de soutenir comme une vérité certaine, que Port- Royal forme une cabale secrète depuis trente-cinq ans, dontM. de Saint-Cyran et M. d’Ypres ont été les chefs « pour ruiner le mystère de l’Incarnation, faire € passer l’Évangile pour une histoire apocryphe , ext terminer la religion chrétienne , et élever le déisme € sur les ruines du christianisme, s Est-ce là tout , mes pères? Serez-vous satisfaits si l’on croit tout cela de ceux que vous haïssez? Votre animosité serait-elle enfin assouvie, si vous les aviez mis en horreur, nonseulement à tous ceux qui sont dans l’Église . par Vintdligence avec Genève, dont vous les accusez, mais encore à tous ceux qui croient en Jésus-Christ, quoi-

que hors l’Église par \t déisme que vous leur imputez?

Mais à qui prétendez-vous persuader, sur votre seule parole , sans la moindre apparence de preuve , et avec toutes les contradictions imaginables , que des prêtres qui ne prêchent que la grâce de Jésüs-Cbrist la pureté de l’Évangile et les obligations du baptême ont renoncé à leur baptême , à l’Évangile et à Jésüs- Christ? Qui le croira, mes pères? Le croyez-vous vous-mêmes, ‘misérables que vous êtes? Ét à quelle extrémité êtes-vous réduits, puisqu’il faut nécessairement ou que vous prouviez qu’ils ne croient pas en Jésus-Christ, ou que vous passiez pour les plus abandonnés calomniateurs qui furent jamais ! Prouvez-le donc, mes pères. Nommez cet ecclésiastique de mérite, que vous dites avoir assisté à cette assemblée de Bourg- Fontaine en 1621 , et avoir découvert à votre Filleau le dessein qui y fut pris de détruire la religion chrétienne. Nommez ces six personnes que vous dites y avoir formé cette conspiration. Nommez celui qui est désigné par ces lettres A. À., que vous dites, pag. 15, n’être pas Antoine Arnauld , parce qu’il vous a convaincus qu’il n’avait alors que neuf ans , t mais un * autre que vous dites être encore en vie , et trop bon « ami de M. Arnauld pour lui être inconnu. » Vous le connaissez donc, mes pères; et par conséquent, si vous n’êtes vous-mêmes sans religion , vous êtes obligés de déférer cet impie au roi et au parlement , pour le faire punir comme il le mériterait. Il faut parier, mes pères : il faut le nommer, ou souffrir la confusion de n’êvre plus regardés que comme des mbûteurs indignes d’être jamais crus. C’est en cette manière que le bon père Yalérien nous a appris qu’il fallait mettre à

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