LE P. BRISACIER CONVAINCU DE CALOMNIE
non sur les fantaisies de vos pères Dicaslillus, Gans et Pennalossa, qui les excusent, mais sur les règles de sa vérité éternelle et sur les saintes ordonnances de son Église, qui, bien loin d’excuser ce crime, l’abhorre tellement , qu’elle l’a puni de même qu’un homicide volontaire? Car elle a différé aux calomnia- 'Burs, aussi bien qu’aux meurtriers, la communion jusqu’à la mort, par le premier et le second concile d’xVrIes. Le concile de Latran a j ugé indignes de l’état ecclésiastique ceux qui en ont été convaincus , quoiqu’ils s’en fussent corrigés. Les papes ont même menacé ceux qui auraient calomnié des évêques, des prêtres , ou des diacres , de ne leur point donner la communion à la mort. Et les auteurs d’un écrit diffamatoire, qui ne peuvent prouver ce qu’ils ont avancé, sont condamnés par le pape Adrien à être fouettés , mes révérends pères, flagellentur : tant l’Église a toujours été éloignée des erreurs de votre société , si corrompue quelle excuse d’aussi grands crimes que la calomnie , pour les commettre^elle-même avec plus de liberté.
Certainement, mes pères, vous seriez capables de produire par là beaucoup de maux , si Dieu n’avait permis que vous ayez fourni vous-mêmes les moyens de les empêcher, et de rendre toutes vos impostures sans effet. Car il ne faut que publier cette étrange maxime qui les exempte de crimes , pour vous ôter toute créance. La calomnie est inutile, si elle n’est jointe à une grande réputation de sincérité. Un médisant ne peut réussir, s’il n’est en estime d’abhorrer la médisance, comme un crime dont il est incapable. Et ainsi , mes pères , votre propre principe vous trahit.
SEIZIEME LETTKE.
Vous l’avez établi pour assurer votre conscience Car vous vouliez médire sans être damnés , et être de ce$ saints ei pieux calomniateurs dont parle saint Âihanase. Vous avez donc embrassé , pour vous sauver de Tenfer, cette maxime qui vous en sauve sur la foi de vos docteurs : mais cette maxime même , qui vous garantit, selon eux, des maux que vous craignez en l’autre vie, vous ôte en celle-ci l’utilité que vous en espériez : de sorte qu’en pensant éviter le vice de la médisance , vous en avez perdu le fruit : tant le mal est contraire à soi-même , et tant il s’embarrasse et se détruit par sa propre malice.
Vous calomnieriez donc plus utilement pour vous , en faisant profession de dire avec saint Paul que les simples médisants , maledici , sont indignes de voir Dieu , puisqu’au moins vos médisances en seraient plutôt crues; quoiqu’à la vérité vous vous condamneriez vous-mêmes. Mais en disant , comme vous faites, que la calomnie contre vos ennemis n’est pas un crime, vos médisances ne seront point crues , et vous ne laisserez pas de vous damner. Car il est certain , mes pères , et que vos auteurs graves n’anéantiront pas la justice de Dieu, et que vous ne pouviez donner une preuve plus certaine que vous n’êtes pas dans la vérité , qu’en recourant au mensonge. Si la vérité était pour vous , elle combattrait pour vous , elle vaincrait pour vous; et,* quelques ennemis que vous eussiez, -j la vérité vous en délivrerait , selon sa promesse. Vous i n’avez recours au mensonge que pour soutenir les er- 1 reurs dont vous flattez les pécheurs du monde , et pour appuyer les calomnies dont vous opprimez les per- ^ sonnes de piété qui s’y opposent. La vérité étant con- -y;