VI
de Polybe (1) , avait étudié de près les proxénies ; son exemple avait été suivi. Ces ouvrages étaient entre les mains des grammairiens , des auteurs de lexiques , ou de ceux qu'ils copiaient. Sur la question des proxénies , les scoliastes ont donc puisé à de bonnes sources. Quand ils sont tous d'accord sur le caractère d'une institution athénienne, dans le commentaire d'un auteur athénien, est-il bien juste d'admettre qu'ils ont tous été égarés par une ligne d'Hérodote relative à Sparte?
Si l'on reconnaît l'existence, à Athènes, d'une liturgie des proxènes, les textes deviennent clairs et convaincants.
Voici d'abord le scoliaste d'Hérodote : d'après lui , les proxènes dont parle l'historien étaient nommés « par un peuple ou par des » rois (2). » Donc l'institution existait dans des Etats démocratiques, ce que confirme, pour la ligue Etolienne, un décret récemment découvert. A Sparte, le choix des citoyens qui donneraient l'hospitalité au nom de l'Etat appartenait aux rois , ailleurs à l'assemblée du peuple.
Le scoliaste d'Aristophane , Hesychius et Suidas distinguent nettement ces proxènes liturgiques des proxènes ordinaires nommés par les villes étrangères : « on appelait proxènes (disent-ils) » les citoyens chargés de recevoir les étrangers venus d'autres » villes (3). » Eustathe exprime la même idée avec d'autres mots. Ailleurs il est plus explicite encore. Après avoir parlé des proxènes de la première catégorie, les représentants des villes étrangères, il ajoute : « On nomme encore proxène le citoyen chargé par » une ville de recevoir certains étrangers (4). » Il fait même remonter cette institution jusqu'à l'époque de la guerre de Troie ; Antenor aurait été désigné par les Troyens pour accueillir les envoyés d'Agamemnon : « c'est ce qu'on appela plus tard être » proxène , » ajoute l'auteur. Agamemnon vainqueur aurait fait respecter la maison d'An ténor.
Le scoliaste de Thucydide, à propos de ce Pythias, qui faisait si bien à Corcyre les affaires du parti populaire et d'Athènes, remarque que ce personnage n'avait aucun titre officiel. C'était un
(t) XII, 12.
(2) Ad Herod., VI, 57 : « oS plèvre? 7rpo!;ev<H xapOTOvr)Toi Y)<jav rj ûtcô Ô^[aou ^ imb (îa<7i)ia>v. »
(3) Ad Aves Aristoph., 958 : « 7tpo|évou; èxoc),ouv xoù; TETayjAevov; eî; to vtïoSs- XeTÔai toùc ilsvou; xoù: il â).),wv 7r6),£tov rîxovTaç. » Cf. Hesychius et Suidas, au mot 7:p6i;evo?.
(4) P. 485, 15 : « ô imà îrôXew; tivo; xaT0f<7Tot8ei; 7rpot<TTa?6ai tivwv ijévwv. » Ad Iliad., III, 204; IV, 377.