‹ Les proxénies grecquesChapitre 24 sur 72 · CI. A., H · texte numérisé non relu

CI. A., H

(2) Lysias, contre Eratosthène, 8.

(3) Ibid., 19.

(4) Vectigalia, IV, 12.

(5) Lexique des orateurs, Suidas, Photius, Harpokration, au mot 1<joté).t];.

(6) En effet, les isotèles restaient soumis a ia juridiction du polémarque. (Pollux, VIII, 91.) En outre, ils ne pouvaient avoir de droit l'ëyxVfyMç, car tous les proxènes ne l'avaient pas, et la classe des proxènes était supérieure à celle des isotèles. Athènes conféra l'isotélie à des villes entières : par exemple Olynthe et Thèbes ; il n'est pas admissible que tous les citoyens de ces villes obtinssent à la fois l'b(KTi\<m. (Cf. Harpokration, I-joté/ïi;. ) Le témoignage de Mœris et d'Ammonius sur de prétendus droits politiques donnés aux isotèles est très suspect. Ils auront mal interprété le « îaa toï; ào-toï?. »

conféré l'isotélie à un proxène. C'eût été donner le moins à qui avait le plus. On ne doit donc pas accepter, jusqu'à plus ample informé , la restitution de Kôhler.

Les proxènes athéniens étaient donc, de par leur titre môme , isotèles. Mais qu'avaient-ils de plus que les isotèles ?

Beaucoup d'entre eux avaient reçu reyxTviatç par le décret luimême ; d'autres , par un amendement ou un décret postérieur. Il est probable que les proxènes obtenaient très facilement ce privilège; il leur suffisait de le vouloir. Quelques-uns s'en souciaient peu, ne désirant pas acquérir d'immeubles en Attique. A une époque, la loi donnait le droit de posséder à tous les hôtes publics.

Ce qui donnait une valeur inappréciable au titre de proxène athénien, c'étaitcette protection qui couvrait partout l'hôte public. Sur lui veillaient le peuple, le sénat, les prytanes, les stratèges, les amiraux , tous les magistrats. Tandis que l'isotèle restait un étranger, un ennemi pour la loi, le proxène était défendu, choyé par elle. Les Athéniens vengeaient la mort d'un hôte public comme celle d'un citoyen, lui faisaient rendre ses biens, ses vaisseaux confisqués par des ennemis ou des pirates , l'aidaient à doter sa fille , lui votaient des secours en argent, lui cédaient des terres en toute propriété.

La proxénie était un titre à d'autres honneurs, aux plus grands privilèges. La condition d'un proxène auquel on avait conféré l'atélie ou le droit de cité , devait être enviée de la plupart des citoyens. Il avait tous les avantages du titre sans la plupart des charges, puisqu'il n'était pas domicilié à Athènes. Quand certains proxènes venaient en Attique , ils fixaient tous les regards. Tls dînaient au Prytanée, étaient loués officiellement , souvent couronnés dans une fête solennelle ; ils étaient dispensés des liturgies , de l'eî<7<popa ; s'ils se présentaient à l'assemblée du peuple ou au conseil des Cinq-Cents, ils avaient le droit de parler aussitôt après les sacrifices, avant tous les citoyens; ils pouvaient prétendre à tous les égards , à tous les honneurs , h tous les privilèges. Peu d'Athéniens rivalisaient avec eux pour l'éclat du rang.

Tous ces avantages passaient-ils à leurs descendants ? On l'affirme d'ordinaire. Mais des inscriptions' nouvelles prouvent aujourd'hui le contraire. La proxénie n'était héréditaire à Athènes que si le décret l'avait ordonné en termes exprès. Tantôt un étranger n'obtenait le titre d'hôte public que pour lui seul (1) , tantôt

( I C /. A . !. Supplément, (il".

pour lui et ses frères (I) , le plus souvent pour lui et ses descendants (2). Mais il importe de remarquer que les fils n'héritaient pas nécessairement du titre et des privilèges. On voit un père nommé seul proxène , quoique ses fils soient cités et loués dans le môme décret (3). Une autre fois on excepte formellement un des enfants (4). Plusieurs décrets confèrent à des étrangers la proxénie qu'avait déjà eue leur père (xaOauep tS 7raTpi aù-ros) (5). Il est certain qu'un fils de proxène obtenait plus aisément le même titre ; mais l'amendement d'Alcibiade au décret approuvant le traité avec Sélymbrie n'aurait aucun sens , si la proxénie avait été de droit héréditaire. Dans le cas où la proxénie se serait toujours transmise régulièrement de père en fils, les hôtes publics auraient bientôt formé dans l'Etat une classe privilégiée, de plus en plus nombreuse, au grand détriment du trésor. La proxénie était un titre personnel ; les Athéniens pouvaient le donner plus souvent. La proxénie héréditaire servait à récompenser le long dévouement d'une famille.

(1) c. /. A., Il, 3, 36.

(2) Parfois pour lui et ses enfants, sans qu'il soit fait mention des descendants. {Bull, de corr. hellén-, I, 303.)

(4) 'AeVjvaiov, V, 179.

(5) C. I. A., I, Supplément, 61*.

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