‹ Les proxénies grecquesChapitre 45 sur 72 · LES CORPORATIONS DE MARCHANDS ET D'ARTISTES · texte numérisé non relu

LES CORPORATIONS DE MARCHANDS ET D'ARTISTES

fédérations , formées chacune de sociétés distinctes qui se réunissaient poar les jeux communs et avaient un même prêtre. Dans plusieurs de ces groupes on connaît des proxènes.

On a trouvé à Thèbes la base d'une statue élevée par la communauté des acteurs de l'Isthme et de la Piérie à un de leurs proxènes et bienfaiteurs, sans doute un Thébain. La statue était naturellement consacrée dans le temple de Dionysos, pour conserverie souvenir de la vertu du proxène, de la bienveillance qu'il avait toujours témoignée aux artistes, et de sa piété envers le dieu (1).

La section d'Argos de la compagnie de l'Isthme et de Némée nommait des évergètes. L'un d'eux est le roi Nicomède de Bithynie. qui, après la chute du royaume de Pergame, se fit le patron et le protecteur des artistes (2). La section d'Argos lui vota une statue, un particulier prit les frais à sa charge.

La compagnie de l'Hellespont et de l'Ionie se composait de même de diverses sections dont le centre principal était le temple de Dionysos à Téos. On y célébrait des jeux et des sacrifices, sous la présidence d'un grand-prêtre commun , en l'honneur des dieux et des bienfaiteurs de la société (3). La communauté des artistes de l'Ionie et de l'Hellespont, comme les Etats, se faisait représenter aux jeux des grands sanctuaires grecs. Elle envoyait, par exemple, des théores à Samothrace ; plusieurs y reçurent le titre de proxène (4).

La même institution a existé dans les associations de l'Egypte grecque au troisième siècle. On vient de découvrir un décret rendu en faveur d'un certain Lysimaque, frère d'un Ptolémée, par une corporation dionysiaque. Après le décret, on lit la liste des membres de l'association, auteurs, musiciens, acteurs, costumiers, etc. ; puis viennent, sans doute à titre de membres extraordinaires, les 7rpo;ev<H et les cpiXoTe/vtrat, c'est-à-dire les correspondants et les protecteurs des artistes (5).

(I) Keil, Inscr. bœotic, p. 80 : « tô xoivôv twv Trepi tov Atôvuaov teyvitwv et; 'I<r- 6(jlôv xai TltEpiav <tvvte).oijvtwv tov... Zeu^Î7t7tou tôv 7tpôi|svov xai £<jspYSTr,v éauTwv Aiovutw, àpexrj; evexev xal eùvota: , y)v ë/«v StaTeXeï eî; te tov; TE^vÏTa; , xai Trj; el; tov 0eov EÙ<7Eê£Îa;. »

(ï) Décret de : « tô xoivôv twv uepi tov Atovuaov teyvitwv twv è? 'ItÔjjioù xai Ne- |xéaç Trj; èv "Apyei guvoôov » (Le Bas-Fouc, Még. et Pél., 116").

(4) Conze, Samothrake Neue Untersuchungen, 1880, p. 97-98 : « oïôe upoÇEvoi âyévovxo tri; itÔXêwÇ) ôewpoi 7rapaYEvô[J.svot... toù xotvoO twv rcspi tôv Akjvvjov tî/veitwv twv âne 'Iwvia; xai 'E/ze'jTiôvtov. » Cf. Conze, Trak. Insein, p. 65.

(5) Académie des Inscriptions (Séance du 26 décembre 1884). H. Weil communi-

A l'autre extrémité du monde hellénique, à la pointe méridionale de l'Italie, une communauté d'artistes dionysiaques, assemblée à Rhégium, élève une statue à un certain OEneseos, fils de Nicon, à cause de sa bienveillance pour la compagnie. La corporation avait des proxènes qui étaient considérés comme membres de l'association et votaient dans les assemblées. La décision est prise, comme en Egypte, par la réunion des artistes et des proxènes (1).

Ainsi, dans l'Italie grecque comme en Asie , dans la vallée du Nil comme dans le Péloponnèse et dansl'Hellade, les compagnies d'artistes dionysiaques nommaient des hôtes communs. L'institution se présente, dans ces corporations, avec le même caractère que dans les petites cités et elle y répondait aux mêmes besoins. En fait, les artistes formaient, en dehors de l'organisation régulière du monde hellénique, de véritables Etats , dont les membres se recrutaient partout. Les sociétés particulières s'unissaient entre elles pour former de plus vastes associations, à l'image des fédérations politiques.

que, au nom de Miller, des inscriptions grecques trouvées par Maspero en Egypte. — Cf. Bull. corr. hell., 1885, p. 131 et suiv. — Ces proxènes de la corporation sont au nombre de cinq.

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