CHAPITRE III
LES PROXÈNES DES PETITS ÉTATS, DES ALLIÉS ET DES CORPORATIONS A ATHÈNES.
La condition des proxènes grecs variait beaucoup. Dans une grande ville comme Athènes, leur puissance était souvent en raison inverse de l'importance de l'Etat qui les avait nommés. En effet, les hôtes publics des grandes cités étaient de simples agents. Au contraire , les représentants des petites villes, surtout des alliés, jouaient bien plutôt à leur égard le rôle de protecteurs et de patrons.
Le sort de beaucoup d'Etats secondaires était lié à celui d’Athenes. La juridiction des tribunaux attiques s'étendait à tout le territoire de la confédération. Chaque ville alliée devait avoir à Athènes au moins un hôte public, qui jouait le rôle de rpostérnc. Comme ces personnages étaient devenus trop puissants au cinquième siècle, le traité qui organisa, en 378, la seconde ligue (1) spécifia qu'aucun Athénien ne pourrait obtenir l'Eyxmoux dans les villes alliées. Les décrets des Etats confédérés offrent d’ailleurs une singulière analogie avec les décrets athéniens de proxénie. C'est ce qu'on observe, par exemple, à Erétrie, à Ténédos, à Délos. L’épigraphie constate, à sa manière, le développement de l'empire athénien.
Les auteurs ne fournissent que des renseignements assez wagues sur ce rôle des proxènes, patrons des villes alliées. Les inscriptions sont plus explicites. Un décret de Carthæa confère le droit de cité à un Athénien, son proxène. La ville avait eu un procès contre l’île de Ténos et un certain Lysimaque. La cause se plaida devant les tribunaux d'Athènes. Carthæa envoya des avo-
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cats, qui furent recus, présentés et soutenus par son proxène (1).
Les corporations grecques avaient à Athènes des proxènes, comme les corporations italiennes avaient des patrons à Rome. Ces personnages rendaient à ces syndicats tous les services que les proxènes ordinaires devaient à leur ville. Une inscription curieuse nous fait saisir le jeu de cette institution (2). Les marchands et armateurs de Délos, formant la confrérie de Zeus Hospitalier , avaient fait demander au sénat, par leur trésorier, la permission d'élever une statue de bronze à leur proxène, l'Athénien Diodore , surveillant du port du Pirée. Le conseil des Cinq-Cents y consentit.
D'ordinaire, la proxénie était conférée à un Athénien tout seul, ou bien à lui et à ses descendants. Quatre fois, deux dans les auteurs (3) et deux dans les inscriptions (4), le titre est accordé à à un Athénien et à son yévxs. C'est ainsi qu'on nommait patrons un Romain et sa gens.
() Thucydide, V, 43 (scoliaste). Xénophon, Hellén., VI, 3, 3-5. (4) C. I. À., II, 547. Foucart, Péloponn., 840.