DEUX RECONNAISSANCES
Merlebach, â6 juillet.
Je viens d'entendre de la bouche de témoins oculaires le récit de deux expéditions des plus honorables pour nos armes*
Le 24« de ligne a fait aujourd'hui un voyage de reconnaissance et d'agrément sur le territoire prussien. Il est parti du camp de Merlebach ce matin, a traversé un premier village sans coup férir, puis un second, où on lui a tiré des fenêtres quelques coups de fusil. Un ofilcier prussien qui visait un officier français a été tué roide par un caporal du 24«.
Le régiment s'est avancé encore dans cette sorte de presqu'île que forme le territoire prussien dans le département de là Moselle, prèsForbach. Dans un village encore des soldats prussiens retranchés dans les maisons, au lieu de se servir de leurs armes, ont fait pleuvoir sur les Français des objets et des meubles de toute
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sorte. La faïence de Sarreguemines ajouéunrôle dans cette bagarre.
A la sortie de ce village, le 24* de ligne s'est trouvé devant un camp prussien , qui se leva subitement à ^on approche. Le matériel fut emporté ainsi que tous les ustensiles de campement, dans un bois où le 24« ne put les suivre n'ayant pas une connaissance suffisante du pays.
Ce soir, à cinq heures et demie, le 24® est rentré au camp de Merlebach, portant comme trophée huit fusils à aiguille et quelques objets sans importance.
Nos troupiers avaient profité de l'occasion pour acheter du tabac à raison de trois sous la livre. Il n'y a pas eu un seul blessé.
Le tambour-major a reçu dans son képi, une balle qui s'est arrêtée dans les plis de l'étoffe.
Autre voyage d'agrément :
Deux compagnies du 2* de ligne, sous les ordres du colonel Saint-Illien, et du lieutenant-colonel de Boucheniont, sont parties, ce matin, du camp de Rosbruck, et se sont avancées à six kilomètres sur le territoire prussien.
Elles ont rencontré dans les bois situés entre Emersweiler et Grand-Rosselle un camp prussien, composé de trois ou quatre régiments d'infanterie, d'un fort détachement de cavalerie, et d'artillerie.
Les avant-postes prussiens, croyant que cette petite troupe était Vavant-garde d'une forte colonne française,