BATAILLE DE FORBACH
Metz, 7 août 1870.
Je viens d'assister à un terrible spectacle. La France a subi hier une rude épreuve, dont elle s'est tirée à son honneur, mais le sort lui a été contraire.
Nos soldats ont succombé en héros, mais il faut bien reconnaître qu'ils ont succombé.
Voici l'histoire de la journée.
On s'attendait à un mouvement considérable de Prussiens sur Sarreguemines. On se préparait à une action vigoureuse contre Sarrelouis. Les deux opérations cachaient des suiTprises. L'une a réussi, celle des Prussiens.
Envoyant une grande partie de ses troupes dans la xîirection de Sarreguemines, le général Frossard resta devant Sarrebriick avec des forces insuffisantes. Aussi, pour se mettre à l'abri d'un coup de main, — c'est la seule explication possible, — il abandonna la position conquise sur l'ennemi, au-dessus de la ville