COMBAT DE PIERREFITTE
24 septembre .
Le combat de Pierrefîtte a été pour ainsi dire im prévu. Co sont des reconnaissances qui, se trouvant enp^agées fortement du côté de ce village, ont dû subir et faire supporter à Pennemi pendant plusieurs heures' une fusillade des plus vives.
Les troupes françaises se composaient du 28" régiment de marche, de détachements des grenadiers et des zouaves de Tex-garde et de deux bataillons de la garde mobile, y compris celui du faubourg Baint-Antoine.
Nos soldats, arrivés près du village, aperçurent Tennemi occupant toutes les maisons qu'il avait <?rênelées, et d'où pleuvaient des grêles de balles. La riposte fut extrêmement violente. Les grenadiers et les zouaves, soutenus par les mobiles, sejetèrentà l'assaut de cha- (fue maison, et ])arvinrent A déloger les Prussiens
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d'une grande partie du village, tandis que les forts tonnaient aussi contre eux.
La nuit arrivant, on fit sonner la retraite, qui s'effectua en très-bon ordre, et nos troupes se replièrent sous les forts.
Les pertes des Prussiens doivent être sérieuses ; celles des Français s'élèveraient à quinze tués, disent les uns, neuf, disent les autres. Les blessés sont au nombre de quarante environ.
Vers quatre heures, une ambulance composée de cinq grandes voitui*es revenait de Saint-Denis, amenant les blessés transportables, au nombre de sept. A six heures, nous en rencontrâmes un se rendant à pied chez lui,' faubourg Saint- Antoine, et ayant eu le bras traversé par un coup de baïonnette.
Le canon ne ce^sa de tonner toute la nuit, pour démanteler les batteries que l'ennemi tentait d'établir sur plusieurs points.
Les zouaves, en arrivant sous le pont de Pierrefltte, y trouvèrent les Prussiens mangeant la soupe qu'ils venaient de faire. Ils n'eurent pas le temps de l'achever.
Un détail : ils ne la font pas ensemble, comme nos troupiers, mais bien isolément ; chacun a sa marmite.
Dans Taffaire de Pierrefltte, les grenadiers et les voltigeurs de l'ancienne garde impériale se sont admirablement conduits.
Les Prussiens, qui étaient descendus dans la plaine, se sont retirés sur la hauteur qui domine Pierrefltte.
Les obus leur ont fait beaucoup de mal ; ils avaient
pourtant essayé un mouvement tournant suivant leur habitude, mais sans succès. A un moment aussi, une partie d'entre eux ont tenté leur vieux piège de la crosse en Tair, mais on n'y croit plus.
Le général, a mis à l'ordre du jour avec tout le régiment, le brave lieutenant-colonel Le Nains, dont la bravoure égale le sang-froid. Le lieutenant Bourbaki a été admirable ; c'est le neveu du général, il est bien digne du nom qu'il porte.
Un simple voltigeur, engagé volontaire, du nom de Ferrières-Sauvebœuf, a fait preuve d'une audace et d'un courage remarquables.
Bref, tout le monde a fait bravement son devoir ; mais il faut citer la conduite d'un vieux garde national de Saint-J)enis. Pendant toute l'action, il s'est tenu seul en avant de toutes les lignes et a fait éprouver à l'ennemi des pertes relativement très-sensibles.