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AUTOUR DE PARIS

Paris, 25 septembre.

Dans la matinée, le village du Bourget, placé comme on sait à cheval sur la route de Boissons, en avant des forts de l'Est et d'Aubervilliers, -paraissait occupé par une assez grande agglomération de troupes. La grande route, devant l'église, à la croisière de Stains, était principalement encombrée.

Le fort d'Aubervilliers y lança coup sur coup une série, de bordées, en faisant converger toutes ses pièces vers le même point.

Les obus et les boulets causèrent des pertes sensibles à l'ennemi, ({ui, surpris, effaré, s'enfuit à toute vitesse vers le Pont-Hiblon sur le versant opposé.

Dans l'après-midi, nos éclaireurs ont pu s'avancer très-loin dans la plaine, vers le Bourget ; on les voyait môme au delà de la ligne du chemin de fer de Soissons, presque aux premières maisons de Drancy. Ils sont, du reste, à la Courneuve.

^(i LKS PRUSSIENS EN FRANCE

On croit avoir reniartfué que rennemi, jugeant par le combat do l^ierrodtte qu'il n'y avait rien à faire de ce côté, se concentrait vers Romainville et Rosny. Mais on connaît la tactique (]c surprises adoptée par l'arniée i)russienne. Tel mouvement de troupes peut être fait pendant le jour pour cacher un mouvement nocturne en sens inverse. Il convient donc de veiller avec. le plus j^rand soin sur tous les points du nord et du nord-est de Paris.

Dans le parc de Saint-Cloud, sur la cote de la Lanterne, les Prussiens continuent leurs tmvaux de lerrassounent.

De petites patron illes, (»omi)osées de trois honunes au plus, parcourent incessannnent, en éclaireurs, les environs de Saint-Cloud, mais sans s'v arrêter.

A Boulog-ne il ne reste i)Ius que quelipies personnes, au nondjre d(^s(fuelles se trouve une brave vieille fenmie, sourd(î et jjaralysée des deux jambes qui ayant assisté aux événements de 1814, ne cesse, dans riiorrible \)mv ([uc lui fait cette s(>conde invasion, de cri(T, en s'a^^itant sur sa (^liaise :

— An secours ! nn secours !

D'énormes barricades proféf^ent Vanves, où il n'y a ])lns ])ersoniie aclnellement.

Les derniers babitants ont déménagé hier dans l'après-midi, et sont rentrés A Paris vers quatre heures.

Les Prussiens deviennent féroces depuis qu'ils sa-

AUTOUR DE PARIS fil

Vêtit que les habitants de Paris sont prêts à se défendre.

A Chaville, après avoir absolument tout pris, ils n'ont trouvé rien de mieux à faire que de fouiller les maisons de fond en comble. Les serrures des habitations abandonnées ont été forcées et les meubles mis sens dessus dessous.

L'état complet de dénûment dans lequel est laissée l'armée allemande l'a fortement exaspérée.

Les Bavarois, les Wurtembergeois et les Badois, (jue le général de Moltke a toujours grand soin de placer aux avant-postes, commencent à murmurer contre le manque do nourriture, de tabac et d'effets d'équipement dans lequel on les laisse.

Les soldats des avant-postes sont d'une malpropreté remarquable. Une couche énorme de poussière donne à leur visage des airs fantastiques , La plupart n'ont plus que des lambeaux de bottes.

A la Femmo-sans-Tête, le chef du poste d'avantgarde de Tarmée prussienne a intimé Tordre à l'aubergiste d'apporter fontes les heures à ses soldats des rafraîchissements et du pain l)lanc.

Ce malheureux aubergiste, dans la ci^inte d'être fusillé, s'est empressé d'obtempérer à celte demande.

26 septembre.

A Nogent, les Prussiens ont voulu jouer au plus fin. Leur apparente retraite de l'autre jour n'était qu'une ruse dé guerre, I)s s'étaient cachés dans les bois, es-

pérant endormir ainsila surveillance du fort de Nogent et celle, non moins sérieuse, des redoutes de Gravelle et de la Faisanderie.

Dans la nuit d*hier, ils essayèrent d'installer une batterie sur le plateau qui domine la Marne, à cinq cents mètres environ au-dessus de celle qu'ils avaient tenté d'abord d'établir. Vers trois heures du matin, les artilleurs du fort de Nogent, qui les apercevaient, tirèrent un coup de canon en guise de signal d'alarme.

La Faisanderie et Gravelle restent muettes. L'ennemi trouvant leur silence de bon augure, continua ses travaux avec une parfaite tranquillité. Tout à coup, une fusée partit de l'une des redoutes, et, à ce signal, la Faisanderie lança un Boulet sur les travailleurs ennemis.

Les Prussiens, cachés jusque-là derrière le talus à moitié fait déjà, sortirent pour savoir de quel côté leur venait l'attaque. Deux mitrailleuses, amenées dans la nuit sur la terrasse d'une maison de campagne de Nogent', ouvrirent aussitôt contre eux un feu terrible.

Les travaux ont été abandonnés, mais il est fort à croire qu'ils seront repris cette nuit. L'autorité militaire en est tellement convaincue qu'elle a fait barrer toutes les avenues de Nogent qui, dans son opinion, sera peut-être canonné ce matin.

Le moral des soldats qui soutiendront le choc (si choc il y a) est excellent ; ils n'ont jamais été de plus joyeuse humeur. Un de leurs camarades, chargé de

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