RECONNAISSANCE DE FRANCS-TIREURS
ESCARMOUCHE A GRÉTEIL
Paris, 28 septembre.
De Vincennes à Bicêtre, le canon n'a pas tonné la nuit dernière ; mais il y a été échangé de vives fusillades.
Les Prussiens, établis hier encore à Nogent, paraissent avoir définitivement abandonné leurs travaux. Hier soir, on les a vus défiler en longues colonnes dans la direction de Gréteil, et on les a salués au passage d'une grêle de balles qui leur a fait éprouver des pertes sensibles.
Le fort de Charenton a envoyé, avant-hier, en reconnaissance, une compagnie de francs-tireurs commandée par le capitaine La vigne.
Le but de la sortie était de savoir si les ennemis construisaient des ouvrages avancés dans la direction de Notre-Dame-des-Mèches, située entre Maisons- Alfort et Gréteil. Vers onze heures, le capitaine Lavi-
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gne partit avec la premirre section du 14* de ligne, et se porta directement sur le point qui lui était désifrné. Sa marche était protép:é<^ par une demi-section de francs-tireurs, quMl avîiit déployée en tirailleurs sur la li«rne du chemin de fer de Lyon.
La deuxième section, conuiiandée par Ir lientenant Pression et soutenue également par quelques escouades du quatorzième, mairlia droit Kur Crétril dont rlle (Il le tour, et amva, par un chemin difi'érenl a Notrr- Dame-des-Mèches. La jonction des deiix s(»clions sNipéra vers deux heures «le Taja-es-midi.
Le capitaiuQ Lavign»* (*ngag<*a aussitôt h» feu contn» les cavaliers ennemis. L<* lifMitenant Pression attaquait au môme instant Notre-l)ain<*-drs-Mrclii's, d'où Ii-k Prussiens solidement ri'tranchés , t iraient kiiI' kch hommes à travers d<'s créneaux percés en grand nombre dans les murs.
Les ennemis ont perdu trois eavalicrs. Ile notre ei'ilé, deux volontaires ont été, Vmu lu/*, l'aiitn* j<J'"'^ *•''»<*'•' blessé.
L'entenenient <lii volontaire Foumni ii eu li^ij hier matin, dans leeinjetiêre d(î (^iiarenlon. Mien de lijgnhj'i* {\ la fois et de grandiose; eoniineee dernier adi<'U donn*' par des soldats A undelrurs eainaradi;b qui asneeonibé avant l'heure d<' la vi^ftoin-» et dr la délivranee. J. 'artillerie, le ^ï'Mii<', l;i ^>'<'ndarin<'rii*, la lif^ne, l'infanterie dr marine, tous K-s rot-pii en garnison au fort de (Iharenton s'y étaient iaii représi^nter.
f>a nuit dernière, rhaude é^seannonelie du côté de
Créteil. Un rideau de hulans, établi sur la rive gauche de la Marne, protège le passage des troupes d'infanterie qui défilent sur le bord opposé. Ils passent de nouveau la rivière sous les feux de nos grand'-gardes. MêPîs ils reviennent en nombre, envoient des sentinelles avancées du côté de Maisons-Alfort et s*intallent à Créteil. Nos soldats, trop peu nombreux pour leur résister, se replient.
Les Prussiens ne perdent pas de temps. Ils entrent dans l'église, font un tas des chaises appartenant à la fabrique, et y mettent le feu. Au bout d'une demi-heure l'église est un vaste foyer dont les flammes s'aperçoivent de plusieurs lieues à la ronde.
Un habitant, tapi dans sa maison, a entendu un officier prussien dire en français :
« Le clocher leur servait d'obsei*vatoire ; il fallait le détruire à tout prix. »