LE COMBAT DE BAGNEUX
Paris, li oclobre.
Le rap})ort militaire raconte l'action d'hier d'une façon très-précise. Donnons-lui d'abord la parole.
13 octobre 1870, soir..
Ucs mouvements de troupes considérables do Teunemi nyant été signalés pendant ces derniers jours, le gouverneur a décidé qu'une reconnaissance offensive serait faite ce matin par la division Blanchard, du 13« corps, s'étendant des positions d'Issy à droite, à celles de Gachan à gauche.
Le i^énéral Blanchard a disposé ses troupes en trois colonnes: celle de droite (Irl® de marche) devait agir dans la direction de Clamart; celle du rentre (général Susbielie) sur Chàtillon; celle de gauche, mobiles de la <lote-d'Or et de l'Aube (colonel de (irandcey), sur Baj>neux.
Ces mouvements, protégés par le tir soutenu des forts de Montrouge, de Vanves et d'Issy, se son! exécutés avec beaucoup d'ordre et de vigueur. Le gouverneur avait envoyé le général Schmilz, chef d'état-major général, à la droite des positions, pour s^uivre l'ensemble des mouvements.
\jO, général Vinoy, commandant le ly*' corps, avait disposé ses réserves en arrière du fort de Montrouge,
LK COMBAT DE HAGNEl \
Bagiieux a été enlevé par les mobiles de la Côte-d'Or, dont la conduite, déjà si^malée deux fois, a été brillante.
Le i*»" bataillon de l'Aube, qui voyait le feu pour la première fois, a eu aussi une attitude excellente; son commandant, M. do Dampierre, est tombé glorieusement à la léte de sa troupe.
Le lient enant-<"olonel de Grandcey, conduisant l'ensemble do l'opération, s'est hautement honoré.
r.es niîuins du tort de Montrouge, commandés par le capitaine do IVégale d'André, ont pris part à l'action, ol lormô ranièri^-gardo avec un a})lomb remarquable, i)ondant In retraite de notre gauche.
Au coulre, nos troupes, cheminant dans les maisons de (-hàlilloii, onl, i)res(]ue sansperto, enlevé deux barricades, ol se soni avancées jusqu'à l'église et à la l'oulo qui relie Chàtillon et Clamart.
Entre ces doux points, deux bataillons se sont déployés dans le ])lus grand ordre, avançant sous le feu de l'ennonii jusfjue dans les vignes qui bordent les pentes de la carrière do Galvents.
Do là, ils ont fait le coup de feu avec les tirailleurs ennemis, postés derrière un épaulement sur la crête du plateau (le (Ihàtillon.
Deux batteries prussiennes se sont démasquées rapidement, l'iuio près (le la Tour à l'Anglais, l'autro vers Chàtillon. Leur fou a été successivoment éteint par les canons de Vanvos ot Issy.
A ce moment, les masses prussiennes se sont montrées sur les crêtes du plateau, se découvrant ainsi aii feu de l'artillerie et dos forts.
Le but de la reconnaissance était atteint : la retraite a été ordonnée; elle s'est opérée dans le meilleur état, sous les ordres du généi'al Blanchard, dont les bonnes disposilions ont assuré la réussite de cette reconnaissance.
Du coté do (ilamart, nous avons occupé l'ouvrage du Moulin-de-Piorre; la fusillade s'est ongagé(» sur ce poinl et l'ennomi n'a pu nous faire quitter la position.
Nos pertes sont peu considérables; celles de l'ennemi, ([ui est resté constamment sous notre fou, quoique n'étant pas encore appréciées en ce moment, ont un grand caractère de gravité. C'est ainsi qu'il a laissé plus de 300 morts dans Bagneux, Ses pertes ont été également considérables
Mais, au lieu de se rendre, ces deux misérables disparurent soudain par une porte basse, ce que voyant, les soldats de Tavant-garde française se précipitèrent, se ruèrent plutôt sur cette porte qui, cédant sous reffort, vola en éclats.
Dans la première maison nos soldats ne trouvèrent aucun ennemi.
Ils revinrent et marchèrent dans la direction de l'église.
A peine eurent-ils fait dix pas qu'ils essuyèrent un feu de peloton des plus nourris.
Un sous-lieutenant, un sergent-major et un soldat tombèrent.
Pendant que quelques hommes relevaient les blessés, deux autres se détachrrent pour aller demander des renforts.
Sur leur route, ils rencontrèrent douze hommes qui, au pas de course, se dirigeaient du côté de l'église pour prêter main-forte.
Des troupes nombreuses suivaient à peu de distance.
Pendant une heure toutes les maisons furent prises sans beaucou}) de résistance de la part de l'ennemi,
A onze heures, tout le village de Glamart était occupé.
Deux scènes très-touchantes et dont nous avons été témoin ont clos dignement cette journée.
Un officier wurtembergeois gisait sur le bord de la