‹ Les Prussiens en FranceChapitre 80 sur 91 · DE PARIS A SAINT-CLOUD · texte numérisé non relu

DE PARIS A SAINT-CLOUD

terne de Démbsthènes; Souvent on discutait là-dessus. Un boulet d'une de nos canonnières a ti^anché là question: Pour tout le monde ce n'est plus qu'un soUvehii».

A droite^ le sj^ectacle est grandiose et terriblei D'immenses pans de murs se dressent^ avec leurs ouvertures béantes. De l'espace qu'ils enserrent sort une fumée épaisse. C'est le palais de Saint-Gloud qui brûle encore.

Le brasier, qui de temps en temps se ranime, rougit le nuage de fumée. C'est tout un trésor historique, tout un monde de merveilles ai»tistiques détruit. Marbres et bronzes, tapisseries et tableaux, tout se calcine et se réduit en cendi*es entre ces murailles.

Les souverains de ce siècle avaient entassé là les plus belles œuvres écloses sous leur règne. Et pour que tout cela soit réduit en poussière, il a suffi d'un obus envoyé là par un de nos artilleurs pour enlever à leur quiétude quelques malotrus allemands qui faisaient leur cuisine entre deux pavés arrachés au sol de la cour d'honneur !

C'est une supposition, en somme, car personne ne peut dire ce qui se passe derrière cet impénétrable rideau d'arbres. Le soir, on admire les masses vertes de la futaie. Le matin, on voit une vaste tache blanchâtre, crayeuse ou gypseuse, apparaître dans ime éclaircie.

Les ouvriers de nuit ont préparé une batterie dont nos boulets, dès l'aube, bouleversent le sol encore mal assuré. Chaque jour ils recommencent, etnousrecom-

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mençons. Sont-ils cent, sont-ils cent mille?... Economisent-ils leur poudre pour un grand jour prochain ?

Va-t-on voir tout à coup tomber, comme un décor de théâtre, l'immense trompe-rœil de verdure, et apparaître les canons Krupi)?...

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