‹ Les Prussiens en FranceChapitre 82 sur 91 · PAYSAGES MILITAIRES · texte numérisé non relu

PAYSAGES MILITAIRES

disent-ils. Et c'est cela de plus qu'auront les Parisiens;

On passe sous les canons du fort de Gharentoni qui ont Tair de regarder d'un œil curieux , à travers les embrasures, les coteaux dlvrjr^ die Vitry et de Thiais, de Tautre côté de la Seine; puis on arriviô aux ban'ieades de Maisons. Au dernier ouvrage) les mobilôS) résolusj observent la graiide route) qili s'étônd) droite et large) jusqu'à line sort© de mur de verdure*

Est-ce un bosquet) iest-ce Une eharmillfe qu'en voit là-bas ? Les gens du pays répondent t G'est lô eôi^refour Pompadour!

Quelle singulière fantaisie du sort ! L'extrême lirtiite occidentale du principe de la défense est la Malmaison. Souvenirs brillants et beautés bruyantes des deux régimes monarchiques de la France) tout est dans ces deux mots !

Ce qu'on voit ainsi, de la dfernière barricade de Maisons, sur la route de Villeneuve-Saint-Georgesi ce n'est ni une charmille, ni un bosquet^ c'est uhe barricade prussiienne.

Avec une lunette oti distingue nettement les easques pointus des soldatst A gauche on aperçoit le poste. Mais on ne vise pas avec une lunette) et à l'eeil fau il y a là une sorte de mirage de verdure sur lequel eii serait bien embarrassé de tirer un coup de fusil.

Elles sont admirablement faites les bai'ricades de nos ennemis ! Ce ne sont pas de ces murailles improvisées qu'un coup de canon renverse et qui font atix

assiégés i)lus de mal en tombant ({ue ne leur en ferait le canon tout seul. Figurez-vous des arbres avec leurs iDranches, savamment renversés, et qui font à la fois trompe-rœil, chevaux de frise et blindages. A vingt pas, il est impossible d'ajuster un homme placé derrière. Le soldat qui s'élance là-dessus à la baïonnette est sûr de tomber cinq ou six fois avant de rencontrer son ennemi , et le canon brise ou déplace le premier arbre qu'il rencontre sans pouvoir jamais atteindre les soldats retranchés derrière les gros bois.

Voilà ce dont on se rend compte aux avant-postes du carrefour Pompadour.

Le petit rapport militaire que le gouvermement communique ce soir nous dit que les Prussiens, retranchés dans les bois de Meudon, ont tiré sur les travailleurs de la plaine située entre Issy et Clamart. A lh*e ce rapport, on croirait qu'il s'agit d'hommes confectionnant des ouvrages de défense, tandis qu'il ne s'agit que de pauvres diables récoltant des légumes.

Les deux armées ont pour les légumes un égal amour. Nos mobiles en protègent la cueillette, et les Prussiens veulent s'y opposer à coups de canon, servant ainsi les vues de M. de Bismark, qui veut nous prendre par la famine.

Hier précisément nous visitions ce pays de Clamart, et nous admirions le courage des pauvres gens qui venaient, au péril de leur vie, faire cette moisson tardive. Les tirailleurs échangeaient des balles en épaulant derrière tous les accidents de îeiTain.

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On ne se fait pas grand mal ainsi, du reste, mais les halles sifflaient dans tous les sens, et les détonations se succédaient avec une rapidité peu rassurante.

Nous allions là pour voir Tincendie de Clamart, dont on parlait dans les journaux et dans les rapports militaires. Or, pas une maison de ce joli village n'a été brûlée. La veille au soir, seulement, les gardes nationaux avaient mis le feu à un immense amas de fagots placé au pied de la redoute de Ghâtillon, et qu'il était impossible de déménager. Mieux valait brûler ce bois que le laisser à l'ennemi. Mais d'incendie, pas la moindre apparence.

Clamart offre un bien singulier aspect. Il n'y a plus un seul habitant. Les maisons sont, ou hermétiquement fermées, ou absolument ouvertes et pillées.

Meubles brisés, caves fouillées et vidées avec soin!, tout montre le passage de l'ennemi. Dans les rues, à chaque pas, on rencontre des barricades faites de meubles, de tonneaux, de pavés.

Des volontaires de la garde nationale et de la mobile font le coup de feu, en amateurs, dans le village abandonné. La guerre n'a plus son horrible apparence dans ce§ petits engagements. C'est un jeu d'adresse auquel tout le monde prend goût. De temps en temps on entend un cri î... C'est un homme qui ne joue plus.

PEtitS ENGAGEMENtâ

Paris, il detoblrë.

Le général Ducrot doit donner aujourd'hui, sur sa reconnaissance, un rapport circonstancié. Le temps lui a manqué pour rédiger hier soir ce récit qui sera sans doute fort intéressant, au moins comme détails, puisque le résultat final a été la retraite en bon ordre qui suit forcément toute reconnaissance.

Nos pertes ont été assez sensibles dans Tôpération Ducrot. Nous avons vu défiler près dé deux cents blessés par la porte Maillot. Du reste, les pertes de l'ennemi ont été plus considérables que les nôtres. Il a subi le choc de notre artillerie, et Tentrain de nos soldats a pai*alysé la sienne.

Les nôtres, se jetant en effet sur les épaulements occupés par Vinfanterie ennemie, les batteries de la Jonchère n'auraient pu tirer sur les Français sans tirer du même coup sur les Prussiens.

L'opération du général Vinoy au sud de Paris, et

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