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LE DIMANCHE DES OBUS

8 janvier 1871, soir.

Les agents qu'entretient à Paris M. de Bismark ont dû — s'ils travaillent consciencieusement — lui faire un rapport bien désagréable.

La journée du 8 janvier 1871 pourra s'appeler dans l'histoire la fête des obus.

Dès le matin une foule énorme se dirigeait vers les quartiers atteints par le bombardement.

Les maris étaient presque tous en uniforme. Les femmes en toilette. Les enfants gais, rieurs, babillards, comme à toutes les promenades du dimanche.

On allait voir, comme une curiosité, l'ouvrage de MM. les Prussiens.

En route, on rencontrait bien souvent — détail attristant — de pauvres gens traînant leur mobilier dans de petites charrettes, et quittant leurs maisons effondrées ou menacées...

Mais ce n'était pas là ce qu'on venait regai'der.

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