‹ Les psaumes de David; traduits en prose. [Edité] par l'abbé Joseph BonnetChapitre 7 sur 167 · DU PLAGIAT DE LE NOBLE. XXVI · texte numérisé non relu

DU PLAGIAT DE LE NOBLE. XXVI

Dans Le Noble : Parce que le Seigneur a l'œil sur la conduite des justes. — Et n'a-t-il pas aussi l'œil sur la conduite des pécheurs ? Mais il n'est pas dit la connaître, parce qu'il ne l'approuve pas.

Psaume II. — Verset 6. — Dans ma traduction : Mais pour moi, ce même Dieu m'a établi i^oi sur la montagne de Sion, dont il a fait son sanctuaiî^e.

Dans Le Noble : Mais pour moi, ce même Dieu m'a établi roi sur la montagne de Sion, dont il a fait le lieu de son sanctuaire. — Le lieu de son sanctuaire ! Quelle bizarre expression !

Verset 7. — Dans ma traduction : Oest à moi qu'il a dit : Vous êtes mon Jils, et je vous ai engendré dans le jour immuable de mon éternité.

Dans Le Noble : Le Seigneur m'a dit : Vous êtes mon Jils, et aujourd'hui je vous ai etigendî^é. — Dans un cas comme celui-ci, distinguer Thomme de génie du larron n'est pas difficile : je remarquerai seulement que le : Mais pour moi, du verset précédent, appelait la tournure : C'est à moi qu'il a dit.

Verset 8. — Dans ma traduction : Votre empire n'aura point d'autî^es bornes que celles de la terre.

Dans Le Noble : Votre empire n'am^a point de bornes que celles de la terre. — En ôtant le mot autres, il aurait fallu ôter aussi le mot point, et dire : Votre empire n'aura de bornes que celles de la terre.

Verset 9. — Dans ma traduction : Mais ces rebelles, vous les gouvernere'{ avec une verge de fer, et vous les briserez comme un pot de terre.

Dans Le Noble : Vous régnerez sur ces peuples avec une autorité absolue, et vous les bî'iset^ei comme le vase d'un

XXVllj DU PLAGIAT DE LE NOBLE.

potier. — Entre régner avec une autorité absolue et gouverner avec une verge de fer, la distance est grande : rien n'empêche une autorité absolue de s'exercer avec douceur. — Le vase d'un potier. Un potier n'a-t-il qu'un vase ?

Verset ii. — Dans ma traduction : Serve^ Dieu avec cî^aifite, et que la Joie que vous ave'{ de lui obéir soit mêlée d'un respect qui vous fasse trembler.

Dans Le Noble : Serve^ Dieu avec crainte, serve\-le avec joie, et tremble^ de respect devant lui. — Sej-ve^-le avec joie est une invention, et une invention qui contrarie le sens du verset.

Psaume III. — Verset 5. — Dans ma traduction : Je me suis couché sans crainte., je me suis endormi tranquillement^ et je me suis levé avec sûreté., pa?xe que le Seigneur m'avait pris sous sa protection.

Dans Le Noble : Je m'étais endormi^ j'étais enseveli dans le sommeil; mais je me suis réveillé et levé., parce que le Seigneur m'a pris sous sa protection. — Ce n'est pas le même homme qui a fait ces deux traductions; elles ont trop peu de rapport. Le Noble a ajouté de son fonds : je me suis réveillé.

Psaume V. — Verset i5. — Dans ma traduction : Oui., Seigneur, l'amour que vous ave\ pour nous sera notre bouclier., et sous son ombre qui nous environnera., nous serons à couvert de tous nos ennemis.

Dans Le Noble : Seigneur., votre bienveillance est un bouclier impénétrable qui nous environne et qui nous met à couvert. — Il fallait un Le Noble pour parler de la bienveillance de Dieu, et pour ne pas prendre garde que si l'ombre d'un bouclier peut environner quelqu'un, il n'en est pas ainsi du bouclier lui-même.

Page 1