CG
l'hébreu, de la langue du prêtre et du docteur de la Loi. D'ailleurs, l'hébreu était la langue du Temple, du culte, de la prière, des Ecritures, de toute la religion en un mot, tandis que l'araméen était la langue vulgaire et courante. Or, les Psaumes de Salomon ont été écrits probablement pour être lus, ou même chantés, dans les « assemblées des saints » et à la maison; ils servaient au culte particulier et au culte domestique; l'hébreu était donc la langue qui leur convenait. En outre, ces psaumes sont remplis de réminiscences et d'imitations des Psaumes canoniques de David; on ne voit pas comment ces réminiscences et ces imitations se seraient produites aussi nombreuses, aussi littérales, sans l'identité de la langue.
Enfin, au premier siècle avant notre ère, le grec était sans doute compris d'un certain nombre de Juifs en Judée et à Jérusalem. Cependant, cette langue n'y était pas assez répandue pour que l'auteur l'ait employée. Il avait le dessein bien arrêté de chanter, dans ses poèmes, les opinions, les sentiments, les craintes et les espérances de ses compatriotes; il venait au secours des âmes pieuses qui appartenaient au même parti que lui ; il traduisait dans ses psaumes leurs émotions et leurs idées l. La langue grecque, peu répandue et regardée avec défiance, aurait nui à son dessein ; elle aurait empêché la diffusion et la lecture de ses poèmes.
Des raisons d'un autre ordre, que nous allons exposer plus longuement, militent en faveur d'un original hébreu; ce sont celles qui indiquent une version faite sur l'hébreu. Quand un Juif hellénisant emploie le grec, sa langue présente toujours des hébraïsmes et une couleur héhraïsante, quoi qu'il fasse. Aussi est-il parfois difficile de discerner si une œuvre, écrite on grec hébraïsant, a été com-
1 Voir plus haut, <•. iv, 1.
L ORIGINAL HEBREU
posée immédiatement en grec ou si elle n'est qu'une version grecque faite sur un original hébreu. Cependant, pour les Psaumes de Salomon, il y a des arguments sérieux en faveur d'une version grecque. De plus, un Juif hellénisant connaissait nécessairement la version des Septante; par suite, il faut s'attendre à des ressemblances profondes et nombreuses entre la version des Psaumes de Salomon et celle des Septante.
La couleur générale hébraïsante apparaît du premier coup aux yeux de toute personne qui connaît le grec, l'hébreu et les Septante. Par exemple, dans le psaume ier, les expressions : èv tû 6X(6sa6a( u.e s(ç -réXoç, év -g> éxt'ôe- <j6oei à^apTwXoûç, r,y.o j-ôt] évwxiôv u.ou, IXoyi<7<Vt)v év xapSt'a u.ou, év tû eûÔTjvijaat jie, xat xoXX-rjv Yevéaôai év téxvocç, eto X<ztou tt,ç 7fjç, oû U.T} xéati : ptoav év toï; ifaftotq,
Tjvsyxav, a! à^apTcat év ixoxpy^oiç, a! ivojifa'. aÛTÛv ixsp, éÊeôrjXwaav év [}«6i)Xévft, toutes ces expressions, grammaticalement correctes, offrent une couleur hébraïsante. Les expressions r/xoJrÔTj èvwxcov^oj et âôe6^X(o-av év ^s£v sont même des hébraïsmes traduits littéralement. Tous les Psaumes, sans exception, présentent cette couleur générale hébraïsante, et toujours aussi foncée.
On a supposé non sans vraisemblance, pour un assez grand nombre de passages difficiles, que le traducteur grec avait mal interprété l'original hébreu, ou qu'il l'avait mal lu, soit en le ponctuant fautivement, soit en confondant les consonnes, soit en restituant arbitrairement un texte hébreu à demi effacé.
Pour le détail, nous ne pouvons que renvoyer ici aux auteurs de ces restitutions plus ou moins ingénieuses : Perles, Kittel, Geiger, Frankenberg, Ryle et James, Wellhausen, Gebhardt K Nous en citerons quelquesunes dans les notes qui accompagnent notre traduc-
1 Voir plus loin, c. vin : Bibliographie.
tion, par exemple : n, 30 ; ni, 2 ; v, 15 ; vm, titre; vin, 3, 6, 11, 17; ix, 13; xn, 2-3; xiv, 4; xv, titre; xvi, 4, 8; xvh, 14, 17, 32, 35, 37, 38, 47, etc.
Une autre marque distinctive d'une traduction taite sur l'hébreu, c'est que les propositions se suivent, simplement coordonnées, quand on attendrait la subordination des propositions secondaires à la proposition principale. Cette caractéristique se présente très souvent dans les Psaumes de Salomon, soit que les propositions se succèdent par asyndète, soit qu'elles soient simplement et faiblement reliées entre elles par xac. Ainsi tout le psaume ier; puis, n, 19, 6 Gebç xpiTTjç ocxaioç, xcù où ôau^àaet xpoawxov , où le sens est : comme Dieu est un juge juste, il ne fait pas acception de personne; il, 24, xat kyùi eïBov xoù eBe^ô-rçv, au lieu de: 6 îowv eyw èSeyjôyjv ; n, 26, 28, 30, 32-33; iv, 1, Yva tc au, @é6ï)Àe, xoc6y]aat Iv auveSptw ôata), xaï r\ xapota cou ^axpàv àcpéaTYjxev àxb toû xupc'ou, « pourquoi, profane, sièges-tu au tribunal sacré, tandis que ton cœur est bien éloigné du Seigneur ? » et de même iv, 3, xaï ocôtoç è'voxoç, « tandis qu'il est luimême coupable...; » iv, 7-9, 11, 22-25; vi, 1-2, qu'il faut comprendre : « Bienheureux l'homme dont le cœur est prêt à invoquer le nom du Seigneur, parce qu'il sera sauvé, etc.;» vi, 6-8; vu, 6-7 : « par suite, les païens ne prévaudront pas contre nous, parce que tu es notre défenseur, et dès lors quand nous t'invoquerons, tu nous exauceras;» vm, 7-9, 35-40; x, 3, dont le sens est : « car il dirigera les voies des justes, sans les égarer par la punition; » xv, 6, où l'on aurait attendu oùSè cpXbÇ xupbç xtX.
Delà les conséquences suivantes, qui confirment l'hypothèse d'un original hébreu :
La conjonction xa( est seule fréquemment employée, parce qu'elle correspond au waw de l'hébreu, et avec des sens assez différents, comme : et, iv, 3; donc, il, 12, 28, 36; v, 14; tandis que, ii, 33; iv, 1, 3; or, n, 24, 26, 30;
L ORIGINAL 11 LUU LU
xvii. 2; mais. ni. 5: vm, 3; xvu, 6, 8; d'un autre III, 10; iv. !». 11. 13.
En dehors de xal, on ne trouve que :
4XX4, h. 27; v, 9, 14 (àXX'-îj) . — Spa, vm, 3. — m, 16; v, 1G; xm, 10, 11; xiv, 6; xv, 15; xvi, 12: xvu, 3. — oôBé, nijJBé, xvi, 6; xvu, 37. — yâp, v, 10; vu, 4; ix, 5, 10; x, 2, 3, 5; xm, 9; xv, 3, 10, 13; xvu, 30, 37, 39. — i'.x toûto, vm, 15; xiv, 6. — ISoù 8t}, vin, 30.
De même, les conjonctions de subordination sont rares. On trouve pour les : Propositions causales, ivô' ôv, ii, 3, 15, 39; 5™, ii. 7. 16, 17, 25, 32, 35, 36, 40; m, 2, etc. — Propositions conditionnelles, êctv, il, 26; v, 5, 9, 10, 12, 15, 19; vu, 4 ; xvi, 11, 13 ; et rf, xv, 3, 4; xviii, 14. — Propositions temporelles, ïiùç, ii, 30; iv, 13; 5rav, m,14; xv, 7, 14. — Propositions finales, ïva, il, 18 ; v, 8 ; vu, 1 (ïva jxiq) ; vm, 36 ; ix, 3. 16; xi, 7; xm, 7 ; ii.tq xots, xm, 4. — Propositions comparatives, xaôâ, II, 14; vm, 25; xvu, 16; ùq, IV, 3, 5; xv, 9; xvn,33; èûsxep, xn, 2. — Propositions interrogatives indirectes, o0sv, ni, 6.
On trouve encore, dans les Psaumes de Salomon, une série d'expressions et de constructions hébraïsantes. Peu nombreuses ou séparées, elles dénoteraient seulement un auteur juif; mais réunies en grand nombre dans un livre aussi court, elles trahissent un original hébreu. Voici ces expressions et constructions :
Substantifs et adjectifs. — Certains substantifs paraissent être des équivalents de convention pour certains mots hébreux, comme : n, 32, tô u<rrepov, à /tarît; il, 14; iv,
1, ($é6iqXoç, /tânêf; iv, 27, crxâvSaXov, miksôl; ix, 6, ai Stxacoaûvac, sedâqôt ; xn, 7; xvn, 23, xalç, ' ébéd ; VII, 4; XIII,
2, xv, 8, Qâvazoq, débér; xvi, 1, xaTa?opâ, tardêmâh; xvn, 37, âva6otTTjç, rakkâb ; xvi, 11, ôXiyoOuxt'a, qesar rouah; n, 37, oî ço6oj{A£Vot tsv Kjptov, t/eré' 'elohîm;!!, 40, 61 ojtot ; vm, 28, ot BacotToû 6eoû, hasîdê yehôvâh ; xv, 7,
ùxoaxaacç, héléd. — Le substantif est qualifié par un second substantif, au lieu de l'être par un adjectif ; par exemple : n, 20, 8p6vou 86£y)ç ; n, 21, évàu^axoç eûxpexst'aç ; il, 22, (ju'tpav 8<$£yjç; II, 35, àxtoXfa alûvoç; iv, 5, auvxay?) xax(aç ; iv, 15, X<5yot âvaTCTepwaewç; v, 18, au^- ^expca aÙToepxîaç ; vu, 2, xXYjpovo^ca àytia^axiSç aou ; vin, 4, x6Xiç àytâa;jLatoç; vin, 15, xveûjjia ~XavTqaeo)ç ; xi, 7, £6Xov eij(o8(aç ; xi, 8, xà \\x.xzi<z xr\q, 86£y)ç ; xm, 8, ut&ç àyax-rçaewç ; xiv, 2, ^à £6Xa tyjç Çwïjç ; xiv, 4, jjuxp^TYjç aa-pt'aç; etc. — On trouve deux substantifs, dont le premier devrait être un adjectif qualifiant le second ; ainsi, n, 16, év sûÔûttqti xap&Éaç, « dans la droiture du cœur, » au lieu de : avec un cœur droit ; il, 27, év !xcOu[Aca <\fjyr\ç, « dans la passion de l'âme ; » vi, 7, éx' sù<TTcc0?a xocpStaç ; cf. xi, 7, sv éxtax^xy] ooçiqç; xv, 5, év eûcppoa'jvf] xapotaç ; etc. — Certains génitifs de substantifs ont la couleur hébraïque : xvn, 8, év ùrepiqçavta àXXây^aToç ; xv, 5, xapxov ^ecXéwv, Spyavov yXwaaiqç, dc-ap^ïj -/eiXéwv; xv, 6, <pXb£ xupoç; xvi, 2, xuXat zSou ; xvn, 17, oî ulol xfjç Bia0i]Xï]ç; iv, 18, spyov xeiçtùv ; vi, 3, êpya ^stpwv ocôxoû ; x, 5, év vô\l(ù 8ta6-rçxï)ç aîwvfou ; xn, 5, xûp ?Xoy6ç *> xiv, 1, BixatoauvT) xpoaxay(jiâx<i)v ; XIV, 3, xzç ^épaç xoûoûpavoû; xvi, 14, xe'P aaxpfaç; xvm, 12, xatpoùç wpwv. — D'autres génitifs paraissent avoir été ajoutés pour expliquer le substantif hébreu, qui était seul sans doute, comme: ni, 11, wSïvaç (xir)xp4ç ; iv, 20, |xov(a à-rsxvîaç; v, 18, aujx^expfa aûxapxe(aç; vi, 4; xvi, 1, xaxaçopà u-vou; xvi, 4, xévxpov Yxxou ; xvn, 9, aXXéxptov yévouç f^wv. — Quelques noms semblenl rire une deuxième traduction ajoutée à la première en l'expliquant (comme dans les Septante) ; ainsi : iv, 11, év xoixtXt'a «{xapTtwv év ixpadatç; ix, 12, év èÇo^oXoy^seï ^v éljayopi'atç; xi, 1, év adcXxiyyi ar^aafaç àytav; xvi, 8, ày.apx(aç âvwcpéXouç (?); xvn, 17, éOvûv au^Éxxtov; xvn, 48, xpua(ov xb xpûxov xt^tov; xvm, 4, xpwxéxoxov jxovoyevf) ; xvm,
l'original hébreu 111
5, xr.h à'j.aO;a; h àvvofa. — Le nom au datif sert de complément circonstanciel, sans préposition, et dans le sens imprécis de « avec, par », comme iv, 6, t^xu? sîaôStp ... ÏKzzi-r-'. ; iv, 25. -xzx'/^-y.-sù j -sy. c (v ovto ; Kl, 4, Sp^ov- -rat r OeoO; xvi, 3, 2VTsXdt6e*ro jjlou tw I*
\ii: kÔtoO ; xvi, 12. zlzrs/.':x [Utà :.>.apô-:r,-:o;; aT^ptsov ; xvn, 38, feuvOT&Ç IXxl
L'article est très fréquemment omis devant le substantif, comme en hébreu et dans les LXX; ainsi, i, 1, 3; II, 1, 2, 6, 7, 14, 20, 24, 28, 30, 31, 35, 38, 39: ni, 7. 8, 9, 11, 16; vin, 5, 19, 23; ix, 15, 16: xvn. 18, 21: etc. On a. h, 33, év icxûi KÔt«8 tfj tLrféXj), comme en hébreu béouzzô haggâdôl; xvn; . vojxévTj, dôr habbâ .
On trouve au moins un exemple de nominatif absolu ou pendens avec l'article, placé en tête de la proposition comme en hébreu, xiv, 2 : ô xa t«G •/. j f • o j , ta IjûXa tijç Cwifa ^-'°' *û*©5, « pour le paradis du Seigneur, les arbres de la vie, ce sont ses saints. »
Comparatifs et superlatifs. — Les comparatifs et les superlatifs proprement dits sont rares. Souvent on emploie des prépositions pour rendre l'idée de comparaison. Ainsi, v, 6, tftfi -'Xsovisa'. -xzx zb %çi\L<x aou, « pour en posséder plus que la part fixée par ta décision ; » ix, 17, rjpsxfcu zb arép^a 'ASpaà^ ~apà r.x\-x -.x IGvr,, « de préférence à toutes les nations ; » — i, 8, a! avocat ocjtwv : tz -çb aùtwv ?8vt], « leurs iniquités ont surpassé celles des nations antérieures;» iv, 2, xspicabç év aTjyLê'.o)"'. ixèp jcàvraç , « plus démonstratif que tous les autres ; » vin, 14, f,v ojx é-o'TQiav £ixèp ta Iôvtj, « plus que les païens; » xvn, 48, -Exupti)^.Éva ir.ïz xpuatov, « plus purifiées que l'or ;» — n. 7, y.x-x. ~xq x'j.xzzixc, aJtu» &xo(i}<rsv kÛtoIç,« il leur a fait suivant leurs péchés, » c'est-à-dire : il leur a infligé une punition égale à leurs péchés; il, 14, 17, 38; vin, 25, è-of^rav v.x-.x~.xz xv.xftaçzixq ocùtûv xaôw? o\ TX'izi; aJ:ûv, « ils ont fait, quant à la mesure de leurs
112 PSAUMES DE SALo.MON
impuretés, dans la même mesure et, de la même manière que leurs pères,» c'est-à-dire: ils ont égalé leurs pères dans leurs impuretés; xvn, 2, xaxà xbv %ç6vov aûxoû xaï iQ eA-lç aûxoû k-' aûxov, « son espérance est égale à la durée de son existence; » xvn, 10. — xiv, 4, xcà oùyv ouxwç oc âjxapTwAot, et cf. xm, 6, oûx o^ota ^ ::atSe(a; xvn, 16, xal ràvxa oaa é-ocrjcev Iv 'IepouaaXï]^ xaôwç xal xà sôvy], « et tout ce qu'il a fait à Jérusalem était la même chose que ce que font les païens; » — xvn, 33, wç xaï xb àr>' àpx'rççest une construction de l'hébreu.
Dans plusieurs cas, l'adjectif au positif possède, en réalité, le sens du superlatif absolu, comme, n, 33, 6 6ebç ^éyaç xpaxacbç êv icx"1? <( Dieu est absolument grand, absolument puissant; » il, 36; vu, 4, bxi crû IXe^wv, « tu es plein de miséricorde ; » vin, 38; x, 6, 8; xvn, 35, £«crtXeùç cuxatoç, « roi souverainement juste; » xvn, 38, Suvaxoû êXx(Bt,« absolument puissant par son espérance»; xvn, 41, aûxbç xaOapbç àxb àiAapxcaç; xvn, 44; xviii, 11. — Le sens de ce superlatif est exprimé avec crçôBpa, comme en hébreu, il, 16, xàç xovïjpàç açpoopa; vin, 2, tcoXXoû acpoSpa.
On peut encore remarquer les expressions suivantes : vm, 32, 6 ôebç ttjç Stxaioaûvïjç, « le Dieu souverainement juste; » vu, 6, oûx ccfxûcrec xpbç "rçtAâç è'Ovoç, « les païens ne seront pas puissants envers nous », c'est-àdire : les païens ne seront pas plus puissants que nous; xvn, 44, xal xU Sûvaxac -pbç aûxov; « et qui est plus puissant que lui ? »
Comme comparatifs et superlatifs, nous ne voyons que n, 26, et xvn, 21, éX^xtaxoç; *> 4, et vm, 16, ëcrxaxoç ;iv, 3, et xvn, 48, zpûxoç ;xm, 8, et xvm,4, -pwxôxoxos ; n, 32, xb uaxepov; xvm, 11, év ù^(axot^.
Pronoms. — Leur emploi dans certaines expressions est caractéristi(jue d'un original hébreu. Ainsi, iv, 15, év icfifft xoûxoiç; iv, 24, év &-aai xoûxoicj; v, 11, zavxl Çûvxi; vi, 8,
l'original hébreu 113
-porHjyYjv iravrôç; ix. b.r.i; cotûv; iv. 19. i-h zxv-rôr oJ...; vr. 1. otj t, y.apifa a^-ro3 J: ix. 13, z£pl ix&vccov; XII, 3. ix tojtojv àrivTor/ ; xni. 5. o^cèv s/. k&vtw tojtwv. etc. — Le pronom a j -ôz paraît, dans quelques cas, remplacer simplement le verbe copule qui manque, comme en hébreu ; il, 34, -j. l-.hz ^xj'.aôjç krX TÔ)V oùpavûv; iv. 3, v.z: j]:i: Ivo^oç; ix, 9, v.-jl: i -o'.côv £8tx(ctV a^To^ aTt'.o;: xvn. 1. -j aJTÔç ftaotXtâç j xvn, 35, 38 : xvn. 41, xocl aÙTÔç xoc- Oapôç ; xvn, 51.
Verbes. — Le pronom sujet, quand il est indéfini, peut n'être pas exprimé; ainsi i, 5; ou ixy; -éswjtv; v, 4, où Y<*p "/.r/vSTxi arxûXa (sujet ou... tiç, c'est-à-dire :« personne») ; IX, 16. ïva u.rt s-'.OwvTa: r/aiv. Le sujet peut être un partitif: xvn. 21. 4x0 aç/ovTO-; xJtcjv y.a: >>aoJ iXa/î — ou âv riTï; tyiaptff ; cf . xvm. 2. Remarquer le singulier exemple de xv. .'!. -i; --àp (ff^ûe! s! ar, £ ^ojLoXoY^raT'Jai ro: H àXr;- Bcfç, où l'on aurait attendu £■ j.r( o ^0(ioXoY^9a< toc, et où le sens est. en réalité, si jlt; i> tw £^ojLoXo"T;rarOa: zo: (et comprendre de même l'infinitif du verset suivant).
Le nombre flotte souvent entre le singulier et le pluriel, et la cause doit en être cherchée dans l'hébreu; n, 13, 'ïz-.-^zt, et lonjoev; m, 2. Çi>.X£7s et ÇiWz: iv, 13. où R lit r/pr1j.ojrav, ïzv.iz-.'.zxw Vin, 18, éxeuxTY] T) oàôç jo'j" C£ôtî efoéXOore; vin. 26, ïx':z\i\ et i{ifavav; xvn, 13, T1pr1j.(.)-£v
Ô 3(VOJ.O;. ^dtVtdOtVj £ia-£rT£'./,£V 2.
Lorsque l'action du verbe ne se rapporte pas réellement
1 Pour xvn. 35, '-'y l'Sjïxnvi x\,-.ry 6 0:0;. le verbe Zo\i&tv est peutêtre construit avec deux accusatifs, ry se rapportant à co;a.. et avr/;-, à hpovTa/.T, [j..
2 Dans le grec biblique des septantes et du Nouveau Testament, le verbe qui a pour sujet un collectif singulier est au singulier : niais les verbes suivants, quoique ayant le même sujet, passent au pluriel. Il semble que cette règle ne soit pas rigoureusement observée dans les Psaumes de Salomon. à moins de corriger le texte des manuscrits; cf. encore rkox&ouv, variante de R, H, M, P, pour iv, 16.
PS. sal. — 8
à un temps déterminé, le temps flotte entre le présent, l'aoriste et le futur, qui se mélangent; il est facile alors de reconnaître, dans bien des cas, l'influence de l'imparfait de l'hébreu; ainsi, n, 1-12, où les aoristes des versets 1-11 sont suivis du futur yvwaeiat; il, 17-19, où les aoristes des versets 17-19a sont suivis du futur Gau^àaet, quand on aurait pu avoir lOau^acev; ni, 3, ^.VY)^.ovsuoucrtv; ni, 4, ÔAiytopTQcst ; m, 5, l'zsaev xal dcxoBXéxei; m, 8-10, k-iaxé-retou, è^iXâcocTO, Tccxetvtoaet, xaGapf^st ; m, 11-12, xpoaixoùev, xaxapâtat, xpoaéGirjxev; iv, 5-15, àfjLapxàvei, XaXsc, dcxéaxTQ, ^piQ^waev, êxX^aGï], l^-CxXaxai ; vi, 3-8, xaTsuOûvovrat, TapaxOifaexai, ê^avlaxiq, êSe^Gï], edriQxouaev, è-ixeXeï; xvn. 9-12, xaxaêaXetç, â-oâwasiç, eAs^aet, IÇspeuvrjaev, àçfjxev. — Il faut encore remarquer le caractère hébraïsant des futurs suivants: m, 4, 6XiYtap^aei; v, 4, Xiq&exai ; ix, 5, xpu6iqcexai; ix, 11-15; x, 3, épGoaaet, Staaxpé^si (ou 8taxpÉ<J>st); xm, 5, 10, #«j/eTai, etc.; xvi, 13; xvn, 1, xau/^asTat ; xvii, 3, IXxcoû^ev; xvin, 3, ôaxep-rçcec. Ces futurs (et quelques autres) indiquent un état qui dure ou une action qui se répète constamment. — Dans certains cas, l'aoriste grec paraît correspondre au parfait de l'hébreu pour exprimer une action qui a commencé dans le passé et se continue dans le présent, comme : i, 2, ê::X^<jôtqv; i, 4-5, 8teB66f], ù^wOiQaav, etc.; v, 21, ïjjippdcvGTjcrav; vu, 9, éxTQyyet'Xw ; ix, 16-18, Yiyâxr^aç, 7,pex(aa), eGou; x, 1, l^v^aQï], IxuxawQtq ; xiv, 1, èvsxecXaxo; xvin, 12, èvcTstXo).
L'influence d'un original hébreu se remarque encore dans l'emploi de l'optatif et du futur; par exemple iv, 9, Bcxaiwaouaav présente un sens moins clair et moins logique que ne l'aurait fait Stxatwcouat, après les optatifs éÇàpai, àvaxaXûOai ; iv, 26-29, pûaexai (bis), !£<£pac, ^évoito; v, 15, Oau^âcetaç, avec le sens de notre conditionnel, quand on aurait attendu le futur; xn, 8, àx6Xoivxo, xXTjpovo(A^<jat<jav, quand on aurait attendu le futur, comme
l'original hébreu 11~>
à ni, 14-16; xiii, 9-11, et xiv, 6j xvii, 50-51, -zoir^x:, Tz/ûvai. p j-—x'. *.
Le verbe rivât, surtout à la troisième personne ècrfv, est très souvent supprimé ; ce qui est très sémitique. Ainsi, i, 8; h, 6, 14, 1(5, 19, 33, 34, 36, 37, 40. 41 ; m, 3, 4, 7, 13, v, 2, 3, 4, 11, 12, 15, 26, 28; v, 2, 6, 14, 15, 16, 17, 20, 21, 22; vi, 1, 9; vu, 4, 6, 8; vm, 2, 9, 28, 29, 32, 35, 37, 38, 39, 40; ix, 2, 4, 6, 7, 9, 10, 13, 15, 16, 20 ; x, 1, 2, 4, 5, 6, 8, 9; xn, 3, 7; xm, 5, 6, 8, 9, 11; xiv, 1, 2, 3, 4, 5, G : xv. 2, 4, 8, 10, 11; xvi, 2. tû uia/.pàv (îlvac) â~b 0eoû, 14; xvn, 1, 2, 3, 4, 12, 15, 16, 19, 21-22, 35, 36, 38, 41, 43, 44, 45, 47, 48, 49, 50, 51; xvm, 1, 2, 3. 4, 7, 8, 10, 11, 13, etc. — Nous ne trouvons que de très rares exemples de sîva:. comme : iv, 14, où/. fort* dpûv v.z\ y.pfvcov; v, 7, ;j i (ho,- TyjLGJv et ; v, 13, tîç Ijtiv ei ^tj au; v, 16, ou Iœtiv i^ éXxU èxl aé ; vin, 35, jù -aiSeuT^jç ^jjlûv eî ; xvn, 36, oùx. ejtiv ào*ix(a. — De même pour l'imparfait, xvn, 17, 21, et le futur.
L'emploi du verbe avec un nom de même racine paraît être un hébraïsme littéral dans i, 8, !6e6^Xwaav êv (Js- 6Y]Xwjet ; ix, 19, év Staô^xy] otéôou. L'influence d'un original hébreu a encore amené l'emploi de l'infinitif final, précédé de toû, ou bien employé seul, pour exprimer le but et la conséquence, pour ajouter une épexégèse; on peut même trouver plusieurs infinitifs se suivant ainsi, coordonnés ou subordonnés.
Infinitifs avec toû :
il, 9, xovTjpà é-ofrjaav sic ara^, toû y.ï) dtxoôecv; u, 24, [y.ivwjov toû papûveaOoct; n, 28, yurj yçovia-flq toû àzoBoûvac auTou eCç xeçaXàç, toû [sîrrsïv] ttjv ù-spiqçavtav, « ne tarde pas à faire retomber cela sur leurs têtes, de manière
1 Mais i, 4, StEAÔot doit être une faute de lecture pour SieSo6r| (confusion de g et >, o et 9 , 9 et o,r, et ot par itacisme) ; sinon, on aurait l'indice d'une autre traduction.
l'SAI MES DE SALOMON
à précipiter l'orgueil, etc. 1; » n, 37, xb êXeoç Kupc'ou k~\ toùç <po6ou^.évouç ocÛtov [Lzià y.pi\K<XToq toû StaaTslXat âvà ^éaov oixacou xal à^apTwXoû âxoooûvou à^apxwXoIç... xaï IXe- -rjaa'. ..., xal à-oSoûvai, « la miséricorde du Seigneur est sur ceux qui le craignent, en étant accompagnée du jugement, afin de discerner entre le juste et le pécheur, de manière à rendre aux pécheurs..., et à avoir pitié..., et à rendre... ; » m, 8, é-caxé~TeTou... toû é^âpat, « il examine... de manière à enlever »; v, 6; vu, 4, 9; ix, 7; xvn, 5, 20,23, 24, 41, 46.
Infinitifs seuls :
ii, 27, oùx ev Çt]Xsi kzorqaav, àW év è— 16 ujJLta ^u^^Ç, éx/éac tyjv o p y tq v , « ce n'est pas par zèle qu'ils ont agi, mais par la passion de leur cœur, de manière à répandre leur fureur ;» n, 38-39, cité auparavant; n, 40, ypiqaToç o Kûpcoç toîç è-ty.aXou^tévotç aÙTbv Iv ùttojjlovyj zotYjaai xa- -rà tô 'éXeoç ocûtoû toîç oaioiq \t.£i' scûtoû, Trapearàvat Stà xavxbç év iay.ûi, « le Seigneur est bon pour ceux qui l'invoquent dans la patience de manière à traiter suivant sa miséricorde ses saints, de sorte qu'ils apparaissent toujours devant lui dans la force, » c'est-à-dire : le Seigneur est si bon pour ceux qui l'invoquent... qu'il traite suivant sa miséricorde ses saints, de sorte que ceux-ci apparaissent, etc., iv, 2; iv, 11, oî ôcp6aX[i.o! aÙToû éz'oîxov... oiaXûaac, « ses yeux fixent la maison avec l'intention de détruire... ; » iv, 13, évtxiqasv crxop-:cat, «il a triomphé de manière à dissiper.» c'est-à-dire, il a réussi à dissiper; iv, 15, 25 ; v, 11, 14; vi, 1 ; x, i; xii, 3-4; xv, 3-4, 7; xvn, 10, 26-27, 32, 33-34, 35, 41, 47, 50; xvin, 5-6, 7, 9.
A l'imitation de l'hébreu, le participe est souvent employé avec ou sans article : n, 7, etç yeî paç xaTiaxuovTwv ; n, 19, Trâç 6 zopeuoiJievoç scce-opsûeTo ; n, 30-31, e8st£év
1 Voir la traduction et la note, pour ce pajutge.