LES MANUSCRITS, CLASSEMENT
Rvle et James constatent, comme tous les éditeurs, que les manuscrits À', M. P, T. appartiennent à la même fnmille. Ils distinguent V des autres manuscrit-: ils établissent ensuite une parenté entre À'. P, M. et particulièremenl entre P el M. D'où leur schéma 1 :
Archétype
Ils ne croient pas que P soit une copie de M. Ils estiment que le meilleur texte est celui de A: ee manuscril est ancien; il présente un texte neutre, quoique non exempt
de fautes.
Pour Gebhardt, V est une copie, correctement faite, de // ou K. Les manuscrits M et P dérivent tous deux aussi • le //, mais par un intermédiaire; car, par exemple. il> cordent dans leurs leçons particulières contre V et H. Le manuscril P n*a pas été copié sur M. De là la généalogie suivante pour ces quatre manuscrits :
H ou A'
La lettre minuscule h représente l'intermédiaire supposé entre // et M, P. Mais, puisque V, M. P. dérivent en réalité de //. et que nous avons le manuscrit H, il est évident qu'il faut aller chercher la transmission du vrai texte dans H, directement. Les leçons particulières des dérivé8
1 Nous avons corrigé le schéma des éditeurs anglais en supprimant le codex .4, d'après ce qui a été dit plus haut, p. 150.
V, M, P, n'ont que la valeur de corrections, quand elles ont de la valeur.
Swete n'a pas établi les rapports qui pouvaient exister entre R et les quatre autres manuscrits connus antérieurement.
Trois manuscrits récemment découverts ont été employés par Gebhardt, dans son édition de 1895. Ce sont :
J ou /, Codex Iberiticus 555 ;<à la bibliothèque du couvent d'Iwiron (tûv 'Iôi^pwv), aumont Athos; bombycin; petit format (in-12, à peu près); du xive siècle. Il contient les mêmes livres que R, avec un petit changement pour les deux derniers, qui sont ainsi placés : l'Ecclésiastique, les Psaumes de Salomon. Il est écrit cmyjrjpûç, par lignes d'une longueur fixe et déterminée 1. La perte d'un feuillet a produit une lacune allant de v, 14 à vm, 12.
L, manuscrit du « couvent sacré de la grande Laure, au mont Athos 2; » grand in-quarto ; du xne siècle. Il contient : une Explication des Psaumes: les Odes ou IJ y runes (de l'Ancien et du Nouveau Testament); les Dix-huit Psaumes de Salomon; un Traité de Cyrille d'Alexandrie sur le Cantique des Cantiques.
C, Codex Casanatensis 1908 (olim G, n, 1, etc.); à Rome (Bibliotlieca Casanatensis, la Casanate); écrit sur papier; des xiie-xme siècles, et xme-xive siècles. Ce manuscrit contient : un fragment de Commentaire sacré; les Psaumes (de David) avec une Chaîne; des Hymnes de l'Ancien et du Nouveau Testament; les Psaumes de Salomon, depuis n, 27, jusqu'à xvi, 8; des fragments d'un Commentaire sur V Évangile.
Gebhardt établit les relations suivantes entre les divers manuscrits.
1 Sur la stichométrie des manuscrits precs, voir C. Graux, dans la Bévue de philologie, 1878, I. n.
2 Gel > lia ni I n'a pu se procurer avec < ertitlldfl le numéro smis lequel il
était catalogue.
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Les manuscrits H, M, P, V, ne forment qu'un seul groupe, dont le représentant le plus ancien et le mieux autorisé est H, d'après ce qui a été dit plus haut. Dès lors, les sources du texte sont les manuscrits C, H, J, L, R, parmi lesquels H est le plus ancien. Cependant, pour déterminer les relations des divers manuscrits, il faut partir de R, qui est le plus ancien après H. C'est que R présente certaines particularités qui le montrent comme se rapprochant de la source commune plus que tous les autres manuscrits. Par exemple, on y trouve le v IçeXxuattxôv devant les consonnes, et cela partout, à très peu d'exceptions près; parmi les autres manuscrits, L offre le véphelcystique ici et là; J l'offre deux fois. // une fois, et C jamais. Puis, par comparaison avec l'usage des plus anciens manuscrits bibliques, il faut admettre que R a conservé le plus fidèlement le texte de l'archétype commun. Il faut dire la même chose pour des leçons comme ii,22, xepistXaxo; xvn. 6, £ft(Xavro; vm, 18 «foéXOarrc ; iv, 20, àvàXf){jL^tv; xv,9, xaTaX^4>0VTCH et -/.a-raXvji^TqjovTai (avec le [x effacé plus tard) ; xn. \. cruvxéatt; n, 4, ixopc- ^axe (cf. Actes des Apôtres, xxvn,43); ix, 2, àxsp(?T)aav ; iv, 15, et xv, 7, ôXeBpeûaai. Comme les autres manuscrits sont unanimes à rejeter ces formes, on doit en conclure qu'elles avaient déjà disparu de leur source commune.
D'autres détails confirment encore cette conclusion. Ainsi, pour elxov, lre personne, R offre, dans deux endroits (vm, 3, 7) sur trois, eïxoc; les autres manuscrits ont partout sîxov (et R lui-même a cette forme, n, 24). Pour eîxov, 3e personne, R présente sïxav dans les deux passages, i, 5 et vin, 18, tandis que les autres manuscrits ont généralement elxav dans le premier passage, et el-ov dans le second. Pour KXsoç accompagné de l'article, on a toujours xb eXeoç (n, 37; iv, 29; v, 17; x, 4; xi, 9; xin, 11 (bis); xvin, 1), et jamais ô IXso,;. Au génitif, R a toujours 3/,éoj-; (h, 8; vm, 34; xiv, 6; xvn. 3; xvm. .*!. *i.
10), et les autres manuscrits ont êXéou. Au datif, R présente toujours eXéec ; les autres manuscrits ont une fois éXéw (v, 14), et deux fois IXéei (x, 4, et xvi, 3). Pour l'accusatif, R a toujours (to) IXeoç, tandis que les autres manuscrits ont une fois eXeov (ix, 16). Pour ÇfjXoç, au datif, R présente toujours ÇigXet, et l'ensemble des autres manuscrits Ç-rçXw, n, 27 ; iv, 3. — Le manuscrit R seul, à une exception près, présente une série de formes verbales identiques à celles des Septante, et provenant de l'archétype, comme n, 2, xarexaTOÛaav; n, 3, é6s6ï)Xoûaav; ii, 15, ê^tacwaav ; vin, 12, otïjpxaÇoaav; vin, 13, êxatoûsav; vin, 31, eîSoaav; ix, 14, r^àpxocav; xi, 6, et xvn, 18, Icpûyoaav; xm, 3, Ixeopâuojav et êti'XXoaav; xvn, 17, IxsxpaTOÛcav; puis, iv, 9, otxauocatcav; iv, 22, éxxo^aiaav; xn, 8, xXTQpovo^TQaatcav. Les autres manuscrits n'offrent aucune trace de ces formes l.
Dès lors, Gebhardt note par z 2 le manuscrit original, l'archétype; par y une copie d'où dériverait R, et par x une autre copie d'où dériveraient C, H, J, L. Il établit ce schéma :
On peut se demander si les manuscrits C, H, J, L, déri-
1 Toutes ers fornirs. alléguées par Gebhardt comme marques du texte original, nous reportent à Alexandrie. Voir ce qui a été «lit plus haut, p. VjO, sur le berceau de la traduction.
2 Dans 1rs schémas qui suivent, les lettres minuscules représentent des intermédiaires supposés; les lettres majuscules représentent les
manuscrits qui existent.
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vent directement de l'intermédiaire supposé .r. Par une série de remarques et de comparaisons de détail, Gebhardt montre que ./ se rapproche beaucoup de la source supposée y, dont dérive H, et que J se rapproche par là même de II. Le manuscrit J pourrait avoir été copié directement sur l'intermédiaire supposé x. Mais L, C, H . n'ont certainement pas été copiés directement sur x. Les deux manuscrits L et C se rapprochent beaucoup l'un de l'autre, sans que C ait été copié sur L. Ils doivent donc dériver tous deux d'un même intermédiaire supposé, que l'on notera v. Entre v et x, on supposera un intermédiaire, que l'on notera w. Pour //. il doit dériver de tv, non pas directement mais par un intermédiaire supposé u. Quant à M et P, ils dérivent de // par un intermédiaire supposé, que l'on notera //. Enfin pour V, il a été dit plus haut qu'il avait été copié sur //. En rassemblant toutes ces données et suppositions, on obtient le schéma complet qui suit :
L'archétype z et les intermédiaires supposés y, x, w, doivent être regardés comme des onciaux. Les intermédiaires supposés cet « étaient peut-être écrits en minuscules, ainsi que h.
La tradition du texte la plus ancienne à laquelle nous puissions atteindre est celle de y. On y arrive d'un côté par R, et de l'autre côté, par J, L, C, H, qui forment un groupe représentant le texte supposé de x. Quand tous ces manuscrits s'accordent entre eux, on peut regarder le texte comme étant celui de y. Il faut aussi prendre en considération l'accord de R et de J, parce que J est le meilleur représentant de x pour le groupe J, C, L, H. Dans les cas particuliers où il y a désaccord entre les témoins du texte, il faut examiner et traiter chaq ne cas à part.
Il est nécessaire, avant de déterminer le texte, d'établir le vocabulaire et la grammaire de chaque groupe de témoins; on arrive ainsi à constater l'usage des manuscrits, ainsi que les corrections conscientes ou inconscientes, opérées dans la copie du texte grec.
Le texte grec, donné plus loin, est presque toujours celui de R. Les observations présentées plus haut sur ce manuscrit et sur sa valeur expliquent cette préférence.
Quelques manuscrits se terminent par une suscription. Le codex R donne la suivante : « Psaumes de Salomon, sept cent cinquante stiques »; le codex L : « Psaumes de Salomon)), dix-huit; les codd. H et V -.«Psaumes de Salomon, dix-huit; ils contiennent mille stiques »; le codex P : « Psaumes de Salomon, dix-huit; ils contiennent trente stiques 1; » le codex M n'a pas de suscription, de même qu'il n'a pas de titres 2.
1 o Trente » est, une erreur île copiste; ce nombre esi exprimé en grec par le lambda, \: le copiste a mal lu ['alpha, A. qui raul mille a (doni le signe placé à gauche étail sans doute effacé), el l'a confondu
a\ ee le A.
2 Dans la Révtu </< philologie de 1878, t. n, p. 117, Charles Graux