‹ Les Psaumes de SalomonChapitre 42 sur 210 · DANS LA LITTERATURE GRECQUE · texte numérisé non relu

DANS LA LITTERATURE GRECQUE

d'autres psaumes dits de Salomon et d'autres auteurs; qoi pires les ont nommés i particulier! . ert ont ordonné de ne pas les lire dans l'Eglise. »

Donc, au xne siècle, Zonaras et Balsamon, et au xive, Mathieu Blastaris, connaissent l'existence des Psaumes de Salomon. C'est le seul témoignage certain que 1 <>n trouve dans toute la littérature grecque chrétienne, relativement à ces Psaumes.

Maintenant, ces deuxauteurs croyaient que l'interdiction prononcée par le concile de Laodicée tombait sur les Psaume* de Salomon l. Si cette supposition était fondée, i que les Psaumes de Salomon auraient été populaire Asie au ive siècle. Mais cette hypothèse est très peu plausible. Comment un recueil de Psaumes aurait-il été populaire dans toute une province, sans que les écrivains ecclésiastiques du me et du ive siècle en aient jamais parlé ? En fait. Zonaras, Balsamon et Mathieu Blastaris ont identifié « les psaumes particuliers » du Concile de Laodicée avec les Psaumes de Salomon, parce que ce dernier recueil était le seul connu deux, en dehors du Psautier canonique 2. Par suite, très probablement, les ■ psaumes particuliers » du Concile de Laodicée sont des psaumes et hymnes composés par des particuliers, sans autorité canonique et sans approbation ecclésiastique, et entachés sans doute d'esprit hérétique (gnostique, arien, etc.) 3.

1 Cf. R. C. Gregory, .\mitm Trstamentum sr&ce; Proltgomena scripsil, vol. m. pars prior, p. 355-356; B. Swete, The Sepluagint, t. iv. .

- /'. '/.. t. txxxviii, col. 1417-1420: Kavovs; rf: iv AaraSntefa Balsamon cite le canon 59 et il ajoute cette glose: Rvftnurrt&t -yz: lx>-

COÛ —l'/'i'J.'f,-',: z;;-x: y.x:

ÏXamv civâv. l'y- oiiaTa/Tî: ',': Dortpc; l8twrtxoù{ o'.£Ta:a/To \xr-.i

rovrov; 'ir-i xkla -: ïr.' hnXrjOta< >vaTtv«i>iuoiM ar v, m zàrt x-x^:by.rbiv-wi iv ?.. tt: mroeroàixa xa-o<:. Suit la glose de Zonaras, qui est identique pour les idées à celle de Balsamon, et de même celle de Mathieu Blastaris, P. G., t. cxliv, col. 1144, Syiitagma alphabeticum.

3 On n'en peut guère douter après avoir lu les canons précédents, 6, 7, 8, 9, 15, 32, 33, 34, 35, 36.

En résumé, les écrivains grecs chrétiens, anciens, ne nous offrent aucun témoignage réel relatif aux Psaumes de Salomon.

dans la littérature latine chretienne

Nous ne serons pas plus heureux avec les écrivains latins chrétiens.

Dans son livre des Institutions divines, composé vers 307-310, Lactance cite le passage suivant de Salomon : « Voici ce que dit Salomon : Le sein de la Vierge a été éprouvé; elle a conçu un enfant, elle a porté son faix, et elle est devenue vierge-mère, en étant l'objet de beaucoup de miséricorde. Le prophète Isaïe dit de même... » Ce passage est répété textuellement dans Y Abrégé de l'ouvrage, toujours avec le nom de Salomon. La citation ne se trouve pas dans les livres canoniques attribués à Salomon. Les glossateurs en ont donc cherché la source. De là leurs annotations dans les manuscrits de Lactance : dans V ode xixe, ou : dans le psaume xixe, ou : dans Vode xx 1.

1 Voici le passage de Lactance, P. L., t. vi, col. 479 : Divin. Institut.. 1. IV, c. xn : Salomon ita dicit : Infirmâtes est utérus Virginia, et accepit jœtum, et gravala est, et jacta est in multa miserutione muter virgo. Item propheta laaiaa... Cf. ibid., w. 970 (et 1051), el Epitome. Voir dans Migne l'annotation prise du Lactance de Le Brun-Desmarete el Lenglet- Dufresnoy (Paris, 1 7 'i 7 , 2 vol. in-4), el la noie de Joseph Isée. Cf. l'édition de Lactance dans la collection des Scriptores ecetesiasti< i publiée par l'Académie de Vienne, t. xix. pars I. Divines Institutions et Epitome, recenauit S. Brandt, Vienne, 1890. -On \ troure d'abord cette noie explicative : iLocus in l'salmis Salomonie qtue quidem extantnon invenitur; cf. Rœnschenium, Zeitsch, f. d . hietor. Théologie, 1871, p. ('>!()...»; puis, cette note critique reproduisant les gloses «les manuscrite : /// ode Undevicesima, RS; in ode undevicetimo, lix -, in eode undevicetim», />" . m libro, Il :

DANS LA LITTÉRATURE LATINE CHRETIENNE Loi

Il s'agil certainement d'un écrit de Salomon, c'est-àdire attribué à Salomon. et que Lactance estimait autant que les autres livres canoniques cités par lui. L'allurr du ige convient à un psaume. Autant qu'on en peut juger par un fragment aussi court, le latin semble traduit d'un morceau écrit en grec hébraïsant. Mais quoi qu'il en soit, le fragment de LactanCC n'est pal tiré de nos Psaumes de Salomon, où nous ne trouvons rien de semblable. Reste la note des manuscrits, où il est question de l'ode dix-neuvième », du «psaume dix-neuf . de « l'ode vingt ». La note provient d'un copiste ou d'un glossateur qui a conjecturé d'où pouvait bien provenir le passage cité par Lactance bous le nom de Salomon. Ce p te se ren-

contrait pas dans les livres canoniques attribués à Salomon. D'un autre côté, l'annotateur savait qu'il était question quelque part d'odes ou de psaumes attribués à Salomon, et dont le nombre atteignait au moins dix-neuf. De référence. Mais cet annotateur connaissait-il nos Psaumes de Salomon ? Non, car la citation de Lactance ne s'y trouve pas. et le nombre de ces Psaumes ne dépasse pas dix-huit, tout au plus. L'annotateur a donc voulu se référer à un autre recueil attribué à Salomon. Il savait sans doute qu'il avait existé autrefois un recueil d'Odes de Salomon, celui où avait puisé l'auteur de la Pistis Sophia1.

E. E. Geiger 2 pense que saint Ambroise a fait allusion aux Psaumes de Salomon dans le passage suivant de sa Préface sur les Psaumes (seconde moitié du ive siècle) :

in psalmo undevicesimo, P ; in ode xx, V. — Cest bien l'Ode XIX de Salomon dans le recueil de R. Harris.

1 De là cette hypothèse fort plausible qu'il a dû exister une version latine ancienne des Odes de Salomon. Toutefois, nous ne voyons pas comment on peut en inférer qu'il aurait existé une ancienne version latine des Psaumes de Salomon. Ryle et James, op. cit., p. xxvi. Mais cf. RVndel Harris, op. cit.

2 E. E. Geiger, Der Psalter Safomo'g, Augsbourg, 1S71.

« David a été choisi en premier lieu par le Seigneur pour l'office de Psalmiste. Chez les autres écrivains, le psaume n'apparaît que rarement au milieu du reste du livre; chez David, ce genre brille d'une manière continue et sans mélange. Nous lisons un cantique seulement dans le Livre des Juges (v, 2) ; tout le reste est un récit historique qui rapporte les actions des ancêtres. Isaïe n'a écrit qu'un seul cantique pour consoler le cœur de ses lecteurs... Daniel en a écrit un; Habacuc, un aussi. Quoique Salomon lui-même, le fils de David, soit dit avoir composé d'innombrables cantiques, toutefois il n'en a laissé qu'un qui soit reçu par l'Eglise, le Cantique des Cantiques 1... »

Dans ce passage, rien n'indique qu'Ambroise ait connu les Psaumes de Salomon. Mais la phrase : « Quoique Salomon soit dit (dans l'Écriture) avoir composé d'innombrables cantiques, toutefois il rien a laissé quun qui soit reçu par V Eglise, » cette phrase semble indiquer que saint Ambroise connaissait d'autres cantiques de Salomon qui n'étaient pas reçus par l'Eglise. Dans ce cas, les cantiques connus d'Ambroise seraient, non pas les Psaumes de, Salomon, mais les Odes de Salomon, les Odes du recueil auquel l'auteur de la Pistis Sophia a emprunté les cinq qu'il a citées, et dont on retrouve une mention indirecte dans les gloses des manuscrits de Lactance.

Au début de son Traité contre Vigilantius (composé à la fin du ive siècle), saint Jérôme énumère les erreurs qu'il

1 P. L., t. xiv, col. 923 ;Prxfatio {in Psalmos), 6 : At vero David principali/cr a Domino ad hoc mitmis electus est, ut, quod in aliis rarnm pr:ceminere rclitpio opère videtW, in hoc juge et continuitm rc/itl^crct. I rutm canticuni legimUê in Libro JudieUtn] reliqua hietortm mon' ilccursu. mtibus eapresso sunl geêia majttntm. I iitim l'.saitts citnticum scrip.til. t/uo legenlium cortlit mitloitt... I imm Ihmirl; ttintm Ihilunitc. Stilomott if^c, David filiiia, licel i nu u ment nutliru cctiitissc dictituv, urnuti lumen, t/ttod Ecclesia receperil, ( ttulicoritm Ctutlicum tlcrcHtjtiil. In tiliis igilnr sinyida advertere lit et,

Page 1