PERIODE MODERNE
Septante et hébraïsant. Il estime qu'ils n'ont pftsétécom- - par le roi Salomon. Il les croil d'un juif hellénisant, se dans la littérature - • mpruntant aux
Psaumes de David, à [taie, à Ézéchiel. 1. 'auteur a écrit un peu après J.-C. Il n'a pas voulu faire un faux ni tromper le lecteur. Il a voulu seulement imiter Salomon, qui avait composé une multitude de psaumes perdus. Le titre de PSaume de Salomon ne signifie pas que le psaume est de Salomon : le sent est que le psaume est approprié et adapté au personnage de Salomon. parce que Salomon aurait écrit ainsi, s'il avait vécu au temps de l'auteur. Suivant La Cerda, l'auteur ne peut être un Juif, parce que son Messie it son messianisme sonl chrétiens. Raisonnement valeur, dit Huet; car le Messie décrit est juif, aussi bien que chrétien, et il est décrit suivant les prophéties de l'Ancien Testament.
I n Anonyme (1712) avance, sans aucune raison à l'appui de son opinion, que l'auteur des Psaumes s'appelait Salomon, comme le roi, et il place la date de composition au temps du grand-prêtre Onias.
J. A. Pabricius 1713) reproduit dans son édition le texte et la version de La Cerda avec le Proœmium et les Scholia, augmentés de quelques notes critiques et explicatives. Il ajoute : une note sur le manuscrit de Vienne; les témoignages de l'antiquité chrétienne relatifs aux Psaumes et donnés par nous plus haut. C'est à lui que revient le mérite de les avoir cherchés et recueillis, presque tous.
Jo. F. Bunoaus ( 171")-! 719) rapporte simplement opinions de La Cerda, Huet et Fabricius. Il nie, lui aussi, que les Psaumes soient de Salomon, et même qu'il soit possible de les lui attribuer; il les croit écrits en grec.
PSAUMES DE SALOMOX
Dom Remy Ceillier (1729-1763) estime que le grec des Psaumes est « d'un style qui tient quelque chose de l'hébreu et qui s'approche aussi de celui des Septante. » Il croit «plus vraisemblable... que les Psaumes ont été écrits longtemps après la naissance de Jésus-Christ..., sans doute par quelque juif helléniste qui, pour représenter la dernière ruine de Jérusalem, la profanation des choses saintes et la Dispersion des Juifs, arrivée sous l'empire de Vespasien et de Tite, a composé ces psaumes à l'imitation de ceux de David, dont il a emprunté les paroles en plusieurs endroits... »
Bretschneider (1806) croit que le livre a été écrit en araméen peu après l'exil, et traduit en grec après la ruine de Jérusalem.
E. Bengel (1838) examine les doctrines du livre relatives à la vie future et aux espérances messianiques. 11 suit généralement dom Ceillier. 11 croit à un original hébreu, traduit en grec.
Un érudit de génie, Movers. ouvrit définitivement la voie dans un article court et substantiel, publié en L847 '. Parmi toute cette vide et médiocre littérature d'apocryphes, dit-il, il se rencontre « une vraie perle o, négligée
1 Dans Kirchen-Le.vikon oder Encyclopédie der Katholischéh Théologie, dr \\ ctzer et Welte, article Apokryphen (n. 10, p. 339-341). — Movert parle aussi d'un recueil de psaumes, « distinct de notre psautier », attribué à Salomon, et mentionné « dana une addition des Septante à
l Rois, vin. 51. » Nous ne lavons à quoi Movers fait allusion. I..i 1, I, renée exacte t\fs Septante doit être I Rois, VIU, 53 [ad /incm) : r-,r: lX«Xï)<XI SoXwpÙv OW* lta\i x-'j-r, ftypairTCH . - ; 'j»^,.; :
t'FRIODF r.ONTF.M POn Al N F
jusqu'alors de tous ceux qui se sont occupés des apocryphes ou de l'histoire du judaïsme. Il veut parler des dix-huit Psaumes, qui onl été mis sans aucun motif sous le nom de Salomon, el qu'il « va apprécier impartialement pour appeler l'attention sur ce précieux reste de l'antiquité juive. » Ces psaumes ont été composé:- en hébreu et traduit- eu grec, Comme on le voit au premier coup d'œil, et comme le démontre une étude attentive de la langue. Seuls, les titres îles Psaumes les attribuent à Salomon. Dans le texte, rien ne fait songer à ce roi. Bien plus, le caractère général de ces morceaux e1 de très nombreux détails, qui ne présentent jamais rien d'artificiel, nous reportent à des circonstances historiques absolument étrangères à Salomon. D'une manière générale, on remarque une parenté frappante avec les psaumes canoniques que certains critiques rapportent aux souffrances d'Israël pendant l'époque ehaldéenne ou l'époque macchabéenne. L ne analyse plus précise montre avec évidence que les allusions historiques, parfaitement claires, ont trait à l'époque romaine, à partir de l'occupation de Jérusalem par Pompée. Par exemple, si l'on compare le psaume vin avec le récit de Josèphe, on ne peut douter que le psalmiste ne décrive la guerre de Pompée, quand ce dernier intervint en Judée, après l'attaque d'Hyrcan et Arétas contre le parti sadducéen, et l'auteur de la description est un partisan d'Hyrcan. Le psaume n est particulièrement intéressant, parce qu'il rapporte la fin malheureuse de Pompée au mont Casius, dans le voisinage de la Judée, et cette fin est une punition de Dieu, à cause de la profanation commise par lui sur Jérusalem et sur le Temple. — Le morceau « le plus remarquable de toute la littérature apocryphe » est le psaume xvn, à cause des vues messianiques que l'on ne trouve que dans cette pièce. C'est le désir ardent du Messie, la prière pour l'avènement du Royaume de Dieu, la colère de voir un étranger assis
sur le trône de David, étranger qui est Hérode. Les Psaumes doivent provenir, pour la plupart, d'un seul et même auteur, si l'on en juge par leur caractère général et par leur style. Ils offrent l'intérêt le plus vif pour l'histoire des années immédiatement antérieures au christianisme. Ils permettent, bien mieux que les récits partiaux de Josèphe, de pénétrer plus profondément dans l'âme juive et dans la vie juive de cette époque. — A un autre point de vue, ils intéressent spécialement l'histoire de la littérature sacrée. Ils montrent, en effet, que le genre littéraire du psaume a duré jusqu'à une époque très avancée de la nation juive, et que, à cette époque encore, on faisait de petits recueils de psaumes, comme ceux qui ont servi de base à notre psautier canonique }..
Ewald (jusqu'en 1864) rapporte les Psaumes à l'an 170 avant Jésus-Christ, c'est-à-dire à l'époque d'Autiochus Epiphane, qui occupa Jérusalem. Il appuie son opinion surtout sur les psaumes i, n, xvn, qui dépeignent l'oppression du peuple juif par les païens, avec l'espérance que Dieu viendra bientôt les délivrer. Il estime que les psaumes i et ii ne faisaient à l'origine qu'un seul psaume, divisé ensuite à tort en deux psaumes, et qu'il en esl de même pour les psaumes vi et vu. L'opinion d'Ewald sur la dale des Psaumes est suivie par Grimm (1853), qui penche pour un original hébreu, par Dillmann (1862), par de Pressensé (1865) 2.
1 Ces vues de Movcrs sonl restées définitivement etontété adoptées presque unanimement par Im critiques. Il faut cependant faite une exception pour la date t\\\ psaume xvn que Movcrs fixe au début du règne d'IIérode (voir plus liant, e. n). Moyen ne donne pas de date
pour la composition des Psaumes. On peut seulement conclure de son
exposition, qu'ils ont été composés à la suite des événements qui lis ont
inspirés, depuis la prise de Jérusalem en <>.! Jusqu'au règne d'Hérode.
Il n'examine pas si certains psaumes auraient pu rire composes a\ a ni 63.
8 Puis, Ewald eut l'idée extraordinaire que les Psaumes de Salomon
Delitzsch (1860), Langen (1866), Keim (1867) placent la composition des Psaumes après l'occupation de Jérusalem par Pompée : Langen, aussitôt après. Delitzsch et Keim descendent jusqu'au règne d'Hérode, comme M<>vers.
Abraham Geiger (1868) attache peu d'importance aux Psaumes, qu'il regarde comme dénués d'intérêt ou comme n'ayant qu'un intérêt de circonstance.
Nôldeke (1868 et 1873) adopte le nombre de dix-neuf psaumes par la division du dernier en deux. Il n'accorde aucune valeur poétique aux Psaumes; mais il reconnaît qu'ils sont importants pour l'histoire de la mentalité juive. Ils ont été composés après l'occupation de Jérusalem par Pompée. Ce sont « les épanchements d'une âme pieuse. ■ Le nom de Salomon ne vient ni de l'œuvre ni de son auteur, mais d'un anonyme quelconque, qui a voulu indiquer par là « qu'il ne fallait pas les attribuer au psalmiste par excellence, à David, mais à son fils Salomon, qui était censé avoir composé, lui aussi, de nombreux chants. » Leur langue originale était l'hébreu; « nous ne possédons plus qu'une traduction grecque, assurément très littérale. s
Hilgenfeld (1869) veut ajouter aux témoignages anciens : le I Ve livre a" Esdras (qu'il place vers 30 avant Jésus-Christ et dont l'auteur aurait connu nos Psaumes), les Odes de la Pistis Sophia, et le livre de saint Jérôme Contre Vigilantius.
Il va de soi que, pour lui, les Psaumes ne sont pas de
pourraient se rapporter à la prise de Jérusalem par Ptolémée Soter. en 320, comme il le faisait pour Baruch (m, 9-v, 9) : Alan kônnte mm aucli dieFrageaujwerfen ob die Psalmen Salomo's in dû ■ hôren [Die
Propheten des Alten Blindes, Gùttingen, 1867, p. 269, note 1).
Salomon. Il place leur composition après la mort de Pompée, c'est-à-dire après 48. Il croit que la langue originale est le grec; il fonde cette opinion sur les rapports qu'il pense avoir découverts entre nos Psaumes et la Sagesse de Salomon, et qu'il énumère en détail. Les analogies signalées par Hilgenfeld étaient inévitables pour des idées communes exprimées dans une langue commune; elles ne démontrent pas sa thèse; J. Derenbourg a réfuté Hilgenfeld sur ce point. Hilgenfeld conclut :« Ces rapprochements, quoique de valeur inégale, me paraissent prouver que la Sagesse de Salomon est un peu plus ancienne que les Psaumes, lesquels ont été écrits en grec. On peut encore remarquer que l'auteur a connu la Sibylle juive et s'en est servi (Ps., xi, 8-7; xm, 1; xv, 8; xvn, 51). C'est une nouvelle preuve que les Psaumes de Salomon ont été composés en Egypte où Pompée avait été mis à mort 1... » Hilgenfeld donne ensuite le texte des Psaumes, avec une annotation critique et un commentaire explicatif.
IIitzig (18(")9) croit que l'auteur des Psaumes est un sadducéen. En faveur de cette opinion il apporte les raisons suivantes : la description des « flatteurs », du psaume iv, ressemble à la description des pharisiens dans l'Evangile; la doctrine du libre arbitre du psaume i\ es1 sadducéenne; le Messie davidique du psaume xvii doit sa réapparition à l'existence et au règne des princes hasmonéens. Il rapporte la composition des Psaumes à la période de temps où llyrcanet Arétasonl assiégé Arisl obule dans le Temple, un peu avant 63,
Gr^BTZ (1870) avait pensé d'abord (pie les Psaumes de Salomon àvaîenl été composés par un chrétien, et cela, à
1 Pour «es opinions de Hilgenfeld, voir plus haut, ç. iv, l ; c. v, 1 cl 2.
cause du messianisme des psaumes xvn el xvm. Mais l'auteur a abandonné cette opinion dans les éditions
postérieures de son livre.
A. Carrière 1S70 affirme que nos Psaumes onl été composés en hébreu el traduits en trrec. Il examine longuement la doctrine de l'auteur ^ur les tins dernières, el il conclut : La doctrine de l'auteur es1 la suivante : Ressuscites d'entre les morts, les justes jouiront d'une vie éternelle qui ne diffère de la vie terrestre actuelle qu'en ce qu'elle est réservée aux justes seuls. Les pécheurs, au contraire, sont privés «le la résurrection, et restent dan- leprofondeurs enténébrées et empoisonnées du Hadès = le schéol). » Sur le ps. \\. 11-15. il cite ce passage d'E. Bengel : ■ Pour les méchants condamnés au Hadès pour toujours, le jour du jugement, Dieu ressuscitera les just<
leur rendant la vie, mais non le- impies, qui resteronl li\ rés
à la mort par la sentence irrévocable du juge. Le ps, \i est messianique, comme le ps. xvn. Le Clirist est un homme: son impeccabilité, sa sainteté sont celles des prophéties (de même Bengel, op. cit.). Pour l'auteur des Psaumes, la résurrection îles morts, l'avènement du Messie et le jugement de Dieu sont des événements simultanés; el le psalmiste attend la venue prochaine du Messie.
Carrière déclare qu'il ne peut décider lequel des deux a imité l'autre, de l'auteur de Baruch ou de celui des Psaumes. Il adopte comme date de composition l'époque de la lutte entre Aristobule et Hyrcan et l'occupation de Jérusalem par Pompée; il croit que tous les psaumes sont de cette époque, même le psaume n (où le Psalmiste aurait prédit la mort de Pompée d'après Ezéchiel, xxixi. Le nom de Salomon, inscrit en tête du recueil, est une erreur ou une fraude. L'auteur des Psaumes n'était ni du parti d' Aristobule (les sadducéens) ni du parti de Hyrcan (les pharisiens); il appartenait au parti national républicain, sacer-
dotal et théocratique. Enfin, le jeune critique se déclare incapable d'expliquer le silence absolu des écrivains grecs chrétiens au sujet d'un livre qui existait certainement sous leurs yeux.
E. E. Geiger (1871) a donné une édition des Psaumes de Salomon avec prolégomènes, traduction allemande, notes critiques et commentaire 1. Il admet fermement un original hébreu. Pour la date et les conditions historiques, il suit Hilgenfeld , en général. Il estime que le nom de Salomon a été mis en tête du recueil par l'auteur même. Car les auteurs d'apocryphes aimaient à mettre leurs ouvrages sous le patronage d'un grand nom de l'antiquité pour les recommander. L'auteur des Psaumes ne l'aurait-il pas fait pour se couvrir du nom de Salomon contre les représailles possibles des rois et des grands qu'il attaquait si âprement, surtout qu'il écrivait ces Psaumes dans l'esprit de Salomon? Quant à la traduction grecque, elle peut être du me siècle.
Suivant Fritzsche (1871), les Psaumes de Salomon ont été composés par un Juif, peu après la mort de Pompée: l'auteur se proposait de consoler ses concitoyens dans leurs désastres et de leur offrir l'espérance de temps meilleurs. Le grec actuel est la traduction d'un original hébreu ou araméen.
M. Vernes (1874) ignore si le nom de Salomon est un faux de l'auteur lui-même ou une attribution ainsi faite par les copistes, à l'instar des Psaumes « dits de David ». Une haute inspiration morale anime le psalmiste. Les
1 Nous n'avons pu trouver celte édition des PêOttmeë de Snlntnon. non plus que quelques auires ouvrofM indiqué* à la Bibliographie,