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premiers mots de ce psaume se trouvent repren-
dre la pensée à laquelle a abouti le précédent :
« Notre secours est dans le nom de l'Eternel. »
Notre traduction de ce verset rend tous les mots du texte et en rend aussi la pensée. On doit cependant remarquer que d’après les accents la traduction Hittérale serait celle-er : « Ceux qui se confient en l'Éternel, de même que le mont de Sion ne sera Jamais ébranlé...» sous-entendu : € ne seront jamais ébranlés ». Dans une comparaison, on sous-entend volontiers en hébreu le verbe de la proposition principale et l’on exprime celui de la proposition subordonnée. Dans nos langues ont fait l'inverse et l’on dirait: «Ceux qui se confient en l'Éternel, de même que le mont de Sion (sousentendu : ne sera jamais ébranlé), ne seront jamais ébranlés. » Cela revient à peu près à ce que dit Hupfeld, qu’en hébreu la comparaison ne se fait pas entre deux noms, mais entre un nom et une proposition.
2. Ici la comparaison n’est pas exprimée, les deux termes en sont simplement jJuxtaposés : cet lEternel... » Cest comme dans ces vers de Virgile :
Nec lacrymis crudelis Amor, nec gramina rivis,
Nec cytiso saturantur apes, nec fronde capellæ
et dans ce mot de La Bruyère : « Le soleil ni la
mort ne se peuvent regarder fixement. » Ce tour
de phrase à quelque chose de particulièrement élégant. Si le poëte qui à fait ce beau vers
Mais les destins et les flots sont changeants
avait dit :
88 PSAUMES DES MAALOTH
Comme les flots, les destins sont changeants,
le sens aurait été le même, mais l'expression aurait perdu son charme; par le tour qu'il adopte, il fait voir qu'il suppose Lx comparaison déjà bien connue et il échappe au reproche d’avoir voulu donner comme neuf un lieu commun, Les auteurs œnomiques hébreux, qui ont employé cette forme, se sont plu même à laisser deviner le point de comparaison, de manière à donner à leurs sentences un tour piquant qui les fit ressembler à des énigmes (nn Prov. [ 6). Vovez, par exemple, ces paroles dÉliphaz (Job V, 7) : « L'homme est né pour avoir de la peine et les flammes (selon d’autres «les oiseaux de proie») s'élèvent dans leur vol. » Le point de comparaison sous-entendu, c’est la nécessité de lun et autre de ces faits, qui sont dans la nature même des êtres dont il s'agit. (Voyez aussi, mais dans l’hébreu, Prov. XXV, 2025; AANE 10/"ete
— «L'ÉTERNEL ENTOURE SON PEUPLE.» Cette expression peut avoir été suggérée à l'auteur par cette parole du livre de Zacharie (EE, 9, trad. EL 5): «Je serai pour Jérusalem, dit l'Éternel, une
muraille de feu tout à l’entour. »
— @DÈS MAINTENANT ET A JAMAIS. » Ces mots
PRO SAR DT OU RSS PO AT ee LENS Met À Et
rappellent le Ps. CXXT (v. 8), que rappelait aussi le dernier verset du psaume précédent (cf. CXXIV, 8 et CXXI, 2). Il y a entre les psaumes graduels
de nombreux points de raccordement; ils ne for-
ment pas seulement une chaîne, comme les autres, mais pour ainsi dire ün réseau.