‹ Les Psaumes des MaalothChapitre 14 sur 35 · ER TR · texte numérisé non relu

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90 PSAUMES DES MAALOTH

psaumes XXXVILet LXXIIT par exemple et du livre de Job (Voyez spécialement Job XXL 7 sqq).

— CLE SCEPTRE,» — ou «la verge» (Ostervald, Reuss, etc.). Le mot sceptre, qui signifie or1ginairement « bâton » ne s'applique dans notre langue qu'à un simple insigne et n'évaille plus que Pidée de la souveraineté, Mais le mot hébreu vaw.est plus expressif, car il n'a pas perdu son premier sens. Le wav est le symbole du pouvoir, non seulement parce qu'il désigne la houlette du berger (Lév. XX VIT 32), mais parce qu’il est la verge ou plutôt le bâton dont-on se sert pour châtier et punir (Prov. X, 43. XXII, 13 et passim).

— QDE MÉCHANCETÉ. » D’après trois manuscrits : çdu méchant; » — d’après toutes les versions anciennes É la Chald.): «des méchants » (cf. Es. XIV, 5)

4. (FAIS DU BIEN AUX BONS. » Le même mot (bien, — bon) est répété ici à dessein, pour faire sentir la justice, et pour ainsi dire la logique, de cette rétribution. Comparez ékeiuoves lendicovrar (Matth. V, 7)et le Ps. XVII, 26 sq. où le psalmiste multiplie ces rapprochements de mots pour en bien marquer l'intention.

9. (€ CEUX QUI SE FONT DES SENTIERS TORTUEUX, » Hébr. : . « Ceux qui détournent leurs sentiers tortueux. » Pléonasme

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poétique fort usité, consistant dans lanticipation de lobjet par le verbe. C’est ainsi que Racine à dit :

Il affecte pour vous une fausse douceur.

— « LES FASSE ALLER, etc. » La plupart des interprètes modernes veulent que le verbe +5, «aller » signifie 1c1 «s’en aller, » c’est-à-dire, par euphémisme, «mourir, » et ils traduisent : «Que l'Éternel les détruise!» Cependant, si naturel que soit ce sens, les passages sur lesquels on Pappuie ne le justifient peut-être pas suffisamment et lPon doit remarquer que, dans les exemples que lon cite, il est plus ou moins déterminé par le contexte. Nous préférons conserver le sens prochain du mot et, —- avec Ostervald et M. Bruston par exemple, — traduire : «Qu'il les fasse marcher avec les malfaiteurs! » Au fond cela revient à peu près au même, mais lintention est différente; le psalmiste, a ce qu'il nous paraît, veut beaucoup moins nous apprendre où aboutiront les gens dont il s’agit que nous montrer quels sont ceux dont ils partageront le sort. Quel sera le sort de «ceux qui cornmettent le crime ? » [ne le dit pas, car on le connaît : « La voie des méchants périra » (Ps. [, 6); aussi est-il dit dans d'autres psaumes : « N’enlève pas mon âme avec les pécheurs!... Ne m’emporte pas avec les méchants!» (Ps. XXVL9:; XX VIIE 3). Ceque

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le psalmiste déclare dans notre verset, sous la forme d’une imprécation, aux Israélites qui ne sont pas «droits de cœur, » c’est que Dieu, quand viendra son règne (v. 3), ne fera aucune différence entre eux et ses ennemis déclarés, « ceux qui font métier d’iniquité, » selon lexpression énergique employée ailleurs par nos vieilles versions. Cest la pensée exprimée avec encore plus de sévérité dans cette parole de Jésus : «Celui qui n’est pas pour moi est contre moi» (Matth. XIT, 50).

— Paix SUR ISRAEL.» Ges mots, qui terminent aussi le Ps. CXX VITE, nous paraissent une de ces additions liturgiques qui ne sont point rares à la fin des psaumes et qui sont destinées à les approprier davantage au culte public (Vovez, par exemple, Ps. CXXXT 3). On peut les comparer au Gloria Palri, par lequel se termine chaque psaume dans la liturgie catholique et dans celle de l'Église anglicane, ou à l'Amen que nous trouvons, dans le texte reçu, à la fin de presque tous les livres du Nouveau Testament. Au reste, cette addition était nécessaire à notre psaume, car, sans elle, il aurait fini par une malédiction, ce qui n’eût pas été con-

venable pour un cantique de fête, comme l’est ce-

lui-ci (Voyez plus bas notre remarque sur Ps. UXXIX, 8). Get épiphonème n'a du reste rien de

banal et s'adapte bien à notre psaume : € Paix sur Israël, » sur le véritable Israël, seul digne de ce nom !

Nous nous trouvons maintenant en présence de deux questions. À quelle époque et dans quelles circonstances ce psaume a-t-il été composé? Et à quel usage dans le culte public a-t-1l été destiné, soit par son auteur, soit par le rédacteur du recueil ?

Les versets 1-5 prouvent qu'il a été écrit dans un temps où les Israélites étaient sous la domination de l'étranger et en souffraieut cruellement. Deux partis, : semble-t-il, s'étaient formés parmi eux, celui des intransigeants et celui des hommes qui faisaient fléchir la rigueur de la loi pour s’accommoder aux nécessités du temps. Il ne peut donc se rapporter, comme le pense Hengstenberg, au temps où les Juifs avaient à souffrir de leurs voisins pendant la reconstruction du temple. Le sceptre, ou la verge. «repose » sur la terre sainte : ceci indique un état continu et non point des attaques réitérées et venant du dehors. Nous préférerions, — s'il était nécessaire de le faire dater du temps des Perses, — supposer qu'il a été composé sous Artagénéral de ce :

monarque, profana le temple et greva, pendant

xerxès Mnémon, lorsque Bagosès,

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sept ans, les sacrifices d’un impôt exorbitant. Josèphe, qui rapporte ce fait (Archæol. XI, 7), ne dit point, il est vrai, que ces exactions aient été une occasion de chute pour quelques Juifs et, quoique à la rigueur on puisse le supposer, il est peut-être plus naturel de rapporter ce psaume au temps de la domination des rois grecs, probablement au demi-siècle qui précéda le coup d’État d’Antiochus Épiphane et l'insurrection des Macchabées. Jamais le sceptre de fer de la tyrannie étrangère ne s'était autant appesanti sur Juda; jamais surtout on navait moins respecté son culte et sa religion, et ce qui rendait la situation plus grave, c'est qu'il s’était formé chez les Juifs mêmes un parti qui favorisait ouvertement lPintroduction des mœurs grecques et l'abandon de la religion nationale, si bien qu'Antiochus crut pouvoir se hasarder à en décréter la suppression. Ces circonstances nous paraissent s’accorder très bien avec les expressions de notre psaume : les hommes « droits de cœur, » Ce seraient ces Assidéens, à la tête desquels se mit plus tard Mattathias; «ceux qui détournent leurs sentiers, » ce sont sans doute ceux qui cherchaient à se mettre en sûreté au moyen de quelques concessions à lidolâtrie; enfin, l’on peut croire que «les criminels, » — «les ouvriers d'iniquité, »

pyoiyw sont moins encore les Gentils que les

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apostats qui avaient passé ouvertement de leur côté.

Il est peut-être plus difficile de déterminer Pusage spécial en vue duquel on à donné place à ce psaume dans le recueil des chants de pèlerinage. Rien ne l'indique clairement, mais comme nous voyons que, dans les suivants, il y en a toujours deux pour chacune des solennités de l'année et qu'ils sont placés dans l’ordre où elles se succèdent, nous sommes conduits à supposer que celuici était, comme le précédent, destiné à la fête de Pâque. Dans ce cas, la domination imique, «le sceptre de méchanceté, » dont l'Éternel devait tôt ou tard délivrer les fidèles, pouvait les faire penser, soit au sceptre de Pharaon, soit à la verge de ses exacteurs, en un mot, à ce sceptre où à cette verge d'Egypte, que rappelle Zacharie (X, 11) et dont l'Éternel avait délivré leurs pères. Il est même possible que cette allusion fût déjà dans la pensée de l’auteur.

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