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(LXX et Vulg. 495,)
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Chant des pélermages.
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Quand l'Éternel a ramené ceux qui sont revenus à Sion, be Nous avons été comme dans un rêve.
9 . Alors notre bouche était pleine de rires Et notre langue de cris de joie; = Alors on disait chez les Gentils :
+. L'Éter nel a fait de orandes choses à ceux-ci ! 3 pue l'Éternel à fait pour nous de grandes choses, Nous avons été sans lallégresse.
Ye one des Done sd eau dans le Midi.
ous qui sèment avec larmes
| Moissonneront avec cris - de j joie.
on. va, on va en pleurant,
| : Quand on porte la traînée de semence; On s’en revient avec cris de joie, |
Quand on CHAR ses gerbes.
| PSAUMES | 17e
98 PSAUMES DES MAALOTH
Avec ce psaume se termine la première heptade des chants des pèlerins, et la situation où il nous reporte est semblable à celle où le psalmiste se trouvait au point de départ. L'objet de sa prière dans ce psaume comme dans le CXX, cest que Dieu achève Ia délivrance commencée; mais, dans le premier, la délivrance n’est rappelée que par un mot, le soupir domine; ce que Dieu a déjà donné paraît peu de chose à côté de ce qui reste à faire et la prière est encore un cri de détresse et presque d'impatience. [ci, au contraire, le souvenir de la délivrance est vivant, le poëte la rappelle avec enthousiasme et la prière qui vient S'y Joindre n'a rien d'angoissé; il y répond lui-même que tous commencements sont difficiles et qu’à des temps mauvais succèderont des temps meilleurs. Ainsi, dans ce psaume, qui pourtant à pour objet d'implorer une grâce, Ja Joie emporte, elle est la note dominante; c’est bien un cantique de fête, 1l y: des cris d'allégresse à la fin comme au commencement; le poëte rappelle d’abord ceux qu'Israël a poussés naguèreet 1l termine en parlantde ceux que l'Éternel lui donnera bientôt lieu de jeter encore.
D'après la situation que supposent ces deux psaumes, mais plus particulièrement celui-ci, où elle est absolument la même'que dans le Ps.
LXXXV,on doit penser qu'il a été composé dans
le siècle qui a suivi le retour de la Captivité et même, en voyant. avec quelle vivacité l’auteur parle des impressions produites sur Israël par cette délivrance inattendue, il nous est difficile de ne pas supposer qu'il à appartenu lui-même à la génération qui les a ressenties: il doit avoir été, ne füt-ce qu’encore enfant, témoin de ce grand événement et au nombre de ceux qui avaient cru rêver en apprenant l’édit de Cyrus. Les derniers versets du psaume semblent indiquer aussi qu'il est antérieur au temps où, sous la conduite d’'Esdras, une nombreuse caravane arriva à Jérusalem pour v renforcer la première. Nous sommes donc porté à le croire d’un temps bien voisin du premier retour.
1-3. Dans ces versets, qui forment une première strophe, quelques interprètes (Aben-Ezra, Kimcht, Luther et, de nos jours, Luzzatto), ontcru que tout se rapportait à des faits que l’auteur ne voyait encore qu’en espérance et ils ont rendu tous les verbes par des futurs: « Quand l'Eternel ramènera.…. nous serons. notre bouche se remplira, etc. ! » Les prétérits du v. et du v. 3 rendent ce sens tout à fait inad- inissible. Quant au futur employé deux fois dans le verset 2, voilà précisément un des cas où il mérite le nom d’imparfait qu’on lui donne généralement aujourd’hui, et où 1l répond exactement au temps que nous appelons ainsi en
1 Luzzatto continue à rendre par des futurs les verbes du verset 3, mais Luther ne les continue pas au delà du verset 2.
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latin et en français ; ! il exprime un acte qui à eu lieu en même temps que celui dont on vient de parler et ici, comme souvent ailleurs, ce sens est déterminé par l’adverbe « alors, » 3N, de sorte qu’on peut dire, en se servant d’une formule, sinon exacte, du moins commode, que 5 régit ordinairement le futur. Voyez p. ex. Ex. XV, 1. Par un phénomène inverse et pourtant tout pareil, quand on annonce par ce mot un fait qui doit se passer simultanément à un fait encore à venir, on peut le faire suivre du prétérit. On en voit un exemple au verset 15 du même chapitre de l’Exode,
À. « CEUX QUI SONT REVENUS A SION; » plus exactement : Ceux de Sion qui sont revenus. nv, autre forme de ña® «retour,» (Es. XXX, 15) signifie ici «ceux qui sont de retour, » — l’abstrait pour le concret, comme nous disons : le Refuge, l'Émigration, ete. Comme la forme nv (qui du reste n’a rien d’étrange) ne se rencontre qu'ici et comme d'autre part n13Ù 310 «ramener les captifs » ou, dans un sens plus général, «restaurer, » est une expression fort usitée et se rencontre dans ce psaume même (v. 4), on est tenté de traduire comme s’il y avait 12% : (Quand l'Éternel ramena les captifs de Sion ,» ou « Quand PÉternel rétablit Sion, » (C’est le sens exprimé par les versions anciennes et par presque toutes les modernes, spécialement par nos traducteurs français, par ceux-là même qui s'étaient donné pour règle de rendre le texte mot à mot. Ils ont tous considéré nv comme une faute de copiste. Mais nous n'avons point ici de variante, ? — ni même de keri — et l’on peut se demander si les LXX et les autres traducteurs anciens n’ont point été, comme les modernes, entrainés par l’analogie à conjecturer une lecon plus facile. À supposer même que l'autre
!En latin aussi, l'imparfait se rattache par sa forme au futur.
2 Nous n'avons pas trouvé dans Kennicot-DeRossi la varlante mentionnée par Hupfeld.
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PSAUME CXXVI "OMEUTE
leçon fût mieux accréditée qu’elle ne Pest, il nous paraitrait que celle du texte masorétique devrait être conservée (comme elle Pest par Hengstenberg, Vaihinger, Delitzsch, Perowne, Cox); car cette expression, par cela même qu’elle n’est pas courante, à une élégance particulière. Le mot nv, mis à la place de naŸ, qui lui ressemble et auquel on s'attendait, rappelle que ceux qui sont revenus, ce ne sont pas encore tous les captifs. Il reste beaucoup de ceux-ci dont le psalmiste à à demander le retour (v. 4). La contradiction apparente entre le v. 1 et le v. serait beaucoup plus sensible si l’on disait les deux fois A1% ; et c’est pour éviter cette contradiction, — qui n’était que dans leurs traductions, — que plusieurs interprètes ont, en dépit de la syntaxe, transporté dans Pavenir ce que disent ces premiers versets.
2. « ALons. » Les deux «alors » de ce verset rappellent les trois «alors » du Ps. CXXTIV.
.— «PLEINE DE RIRES. » Le rire a été chez les anciens l’expression enfantine et naïve de la joie (Gen. XXI, 6; Job. VIII, 21); chez les modernes, il n’est plus si pur et si innocent et, dans l'antiquité même, il a bientôt cessé de l'être chez les peuples dune civilisation avancée; les traducteurs alexandrins déjà ont reculé ici devant ce mot qu'a évité aussi la Vulgate, ainsi qu'Ostervald et presque tous nos traducteurs français ! Quant à lexpression aussi jolie qu'inusitée Çune bouche pleine de rires, » nous l’avons retrouvée dans le langage
! Saint Jérome l'avait rétabli et notre ancienne vérsion française l’a conservé jusqu'à Ostervald.