‹ Les Psaumes des MaalothChapitre 2 sur 35 · ARR · texte numérisé non relu

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ci ce qu'est Ésaïe dans celle des Prophètes propre-

ment dits. L'un et l’autre de ces livres sont composés de cinq parties, ce sont des pentateuques à l'instar du livre de la Loi auquel tous deux se rattachent par leurs premiers versets, comme le fait aussi le livre de Josué par lequel commence la série de ce que les Juifs appellent «les premiers Prophètes » (V.:Ps; LA EST 202 0Dentéc XX XIE TE 6er La Thora (livre de la Loi), Ésaïe et le Psautier sont les écrits le plus souvent cités par Jésus-Christ et en général dans le Nouveau Testament".

Dans le Psautier cette division en cinq livres (Ps. I-XLI XLII-LXXII. LXXII-LXXXIX. XC- CVI CGVII-CL) est clairement indiquée par les doxologies placées entre chacun d'eux et remonte probablement à l'origine même du recueil. Dans chacun de ces cinq livres les psaumes dont il se compose ne se suivent point au hasard. Le rédac-

teur les a groupés quelquefois d’après les auteurs ”

auxquels on les attribuait, d’autres fois d’après leur

sujet ou, — comme c’est le cas pour ceux que nous étudierons, — d’après leur usage liturgi-

! De 293 passages de l'Ancien Testament cités textuellement dans le Nouveau (V. la table placée à la fin de la Polyglotte de Stier), 78 sont tirés de la Thora, 49 d’Esaïe et 55 des Psaumes; les autres livres n’en ont fourni ensemble que 41. |

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INTRODUCTION ce

que. Plus souvent encore ils sont disposés d’après un autre ordre fort peu apparent, bien que tout extérieur, et que Delitzsch a été, crovonsnous, le premier à signaler : le rédacteur du Psautier s'est appliqué habituellement à former des séries dans lesquelles chaque psaume contint quelque expression saillante que l’on eût déjà vue dans le précédent et quelque autre que l’on retrouvât dans le suivant, de telle sorte qu’ils fussent reliés entre eux comme les anneaux d’une chaîne. Ce procédé peut se comparer à celui des anciens imprimeurs qui plaçaient au bas de chaque page ce que l’on appelle une réclame, c’est-à-dire une ou deux des syllabes par lesquelles devait commencer le premier mot de la page suivante. I rappelle aussi la rime tierce, qui relie entre eux les tercets de la Divine Comédie, par exemple, ou ceux du Ps. CXIX tel qu'il est dans notre traduction en vers, et dans lesquels la rime du second vers trouve les rimes correspondantes dans le premier et le troisième vers du tercet suivant.

La division du Psautier en cinq livres nous paraît également être intentionnelle. Sans doute nous ne contestons point que l’on puisse remarquer encore dans le Psautier, tel que nous l'avons, la trace d’un certain nombre de recueils — probablement trois ou quatre — qui auraient été formés succes-

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sivement et qui auraient précédé le recueil définitif: nous voyons en effet que le livre premier contient en général les psaumes les plus anciens (ceux | de David), le second et le troisième ceux de l’époque moyenne, le quatrième et le cinquième les psaumes les moins anciens; en outre, une petite note conservée après le Ps. LXXIT indique vraisemblablement qu'il fut un temps où le Psautier se terminait là. [1 n’en est pas moins évident pour nous qu’un plan général a présidé à l’'arrangement et à la distribution du Psautier tel que nous l'avons, de sorte que, si des recueils partiels ont réellement existé, ils ont été remaniés par un dernier rédacteur qui a donné à l’ensemble sa forme définitive.

On appelle souvent les Psaumes Psaumes de David (par exemple au titre de notre ancienne traduction en vers), et déjà dans Île temps des Apôtres on désignait volontiers par le nom de David auteur d'un psaume quelconque (Actes [V, 25), Ce n’est pourtant qu'un à potiori (quoiqu’on ait prétendu le contraire), car dans le Psautier même un assez grand nombre de psaumes sont attribués à d’autres poëtes, David y est désigné comme auteur d'environ la moitié (soixante-treize). On voit cependant que le rédacteur du recueil a tenu à ce qu'il y eût dans chacun des cinq livres dont il se compose quelque psaume, — un tout au moins, —

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de celui qu’on considérait, non sans raison, comme | Je psalmiste par excellence.

Le livre L (-XLF) contient à lui seul la moitié des psaumes de David (trente-sept) et ne contient presque que de ceux-là; ceux qui ne lui sont pas attribués sont anonymes et ne sont qu'au nombre de quatre (IE XX XXTIL TT),

Dans le livre IE (XLII-LXXII) les psaumes attribués à David sont encore en majorité, mais moins que dans le livre premier; il n°v en a que dix-huit sur trente-un. Ce livre s'ouvre par un psaume des Fils de Coré et contient la plupart des psaumes attribués à ceux-ci (sept). Il contient en outre un psaume d’Asaph, un de Salomon et quatre anonymes. |

Dans le livre [IT (LXXIII-LXXXIX), qui ne contient que dix-sept psaumes, Asaph commence et domine : il v a de lui onze psaumes de suite; puis trois de Coré, un de David, un de Héman°?, — et un d'Ethan; — aucun anonyme.

1 Ces exceptions même ne sont peut-ètre qu'apparentes : car les Ps. [et IT paraissent avoir été placés là pour servir d’introduction à tout le Psautier et, à ce titre, ne font pas proprement partie du livre premier, — le Ps. X est avec raison . réuni par les LXX au Ps. IX, — et quant au Ps, XXXIII, les LXX l’attribuent à David, et plusieurs manuscrits du texte hébreu le réunissent au psaume précédent.

2Ce psaume (le LXXXVIIT) à, il est vrai, deux titres.

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6 PSAUMES DES MAALOTH

Dans le livre [V (XC-CVT), nous trouvons aussi dix-sept psaumes. Les anonymes dominent : il y en a quatorze, plus deux psaumes de David et, comme prologue, un psaume attribué à Moïse. L’épilogue est formé par trois psaumes d’Alléluia (anonymes), les premiers qui apparaissent dans le Psautier.

Dans le livre V (CVII-CL), qui a quarante-quatre psaumes, il y en à vingt-huit anonymes, plus quinze de David et un de Salomon. Un des traits qui caractérisent ce dermier livre, c’est qu'il contient divers recueils ou séries distinctes de psaumes. Ainsi le Hallel d'Égypte (CXIII-CX VIEIL), le petit Hallel (CXL VI-CL), le recueil des psaumes des Maaloth (CXX-CXXXIV). La longue suite de distiques, rangés par ordre alphabétique, et qui constitue le Ps. CXIX n’a, il est vrai, jamais fait qu’un seul psaume et ne peut point être appelée un recueil, mais elle s’en rapproche par son étendue et en présente l'aspect par sa division en vingt-deux D’après le premier, il serait des Fils de Coré, d'après le second, de Héman. Le second nous parait être le plus ancien, car le premier se trouve placé avant le mot nx 399 [au maîtrechantre], lequel a dû primitivement être en tête du titre,

comme il l’est invariablement dans tous les titres de psaumes où il se rencontre.

! Ou le « Hallel » tout court, et non le € grand Hallel », : comme on la dit quelquefois. Ce qu’on appelait «grand Hallel » était le Ps. CXXXVI. Voir Delitzsch, ad Ps. CXII et CXXX VI.

parties. Nous reviendrons à ce livre V pour en étudier de plus près la composition.

. On pourrait en gros nommer le livre [, livre de David, — le IT, livre des Fils de Coré, — le IE, livre d’Asaph, — le IV, livre des anonymes — et le V, livre des recueils, ou peut-être livre des solennités.

Si nous additionnons les diverses rubriques, nous trouvons soixante-treize psaumes de David et deux de Salomon (ensemble soixante-quinze), — cinquante psaumes anonymes et vingt-cinq d'auteurs divers (savoir douze d’Asaph, dix des Fils ‘de Coré, un de Moïse, un de Héman et un d'Ethan), — de sorte que les psaumes de David et de Salomon, — les anonymes, — et les autres — sont entre eux dans le rapport exact de 3. 2.1!

Une autre particularité qu'il faut remarquer

! Nous ne prétendons pas que cette symétrie arithmétique ait été voulue par le rédacteur du Psautier, comme c’est le cas pour telle autre dont nous aurons l’occasion de parler : elle peut fort bien n'être qu’accidentelle; si nous la signa-: lons, c’est qu’elle n’a jamais été remarquée et qu’elle a pourtant un intérêt mnémotechnique. Nous pourrions citer ici l’aphorisme talmudique : 2279 595 32709 NT VN ON QSi cela ne se rapporte pas à la chose, cela rappelle la chose. » — Si lon veut pousser plus loin cette étude de symétrie, on constatera que, des soixante-treize psaumes de David, la moitié (trente-sept) se trouve dans le livre [, un quart dans le IL et un autre quart dans les trois autres.

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