‹ Les Psaumes des MaalothChapitre 28 sur 35 · CS SR ER NERO · texte numérisé non relu

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XIIT

(LXX et Vule. 131.)

Chant des pélerinages.

Souviens-to1, à Eternel! en faveur de David De toute sa peine |

Il Va juré à l'Éternel, l'en a fait vœu au Puissant de Jacob :

€ Non, je n'entrerai pas dans ma tente, «Je ne monterai pas sur ma couche, « Je ne donnerai pas de sommeil à mes veux, « Pas de repos à mes paupières, « Jusqu'à ce que j'aie trouvé un lieu pour l'Éternel, QUne demeure pour le Puissant de Jacob. »

. — « Voici, nous avons entendu qu’elle était à Ephrata,

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PSAUMES DES MAALOTH

Nous irons à Sa demeure,

Nous nous prosternerons devant Son marchepied. Lève-toi, Éternel! viens à ton lieu de repos,

Toi et l'arche de ta force.

Tes sacrificateurs se revêtiront de justice

Et tes fidèles pousseront des cris de Joie. »

Pour l'amour de David, ton serviteur !...

Ne rebute pas ton Oint!

L'Éternel l'a juré à David, C'est chose certaine, qu'il ne rélractera pas : «Je mettrai sur ton trône € Un homme né de tor.

«Sites fils gardent mon alliance QEt mon témoignage que je leur enseignerat, «Leurs fils aussi, à Jamais, « Seront assis sur ton trône. »

Car l'Eternel à fait choix de Sion,

Il l’a voulue pour sa résidence :

Elle est ma demeure à Jamais,

C'est là que je résiderai, car Je Pat voulue. Je bénirai abondamment ses vivres,

Je rassasierai de pain ses indigents ; Ses sacrificateurs, Je les revêtirai de salut

Et ses fidèles pousseront, certes, des cris de Joie. C'est là que Je ferai germer une corne à David, Que j'ai préparé un flambeau pour mon Oint.

Je revêtirai ses ennemis de confusion,

Et sur lui fleurira son diadème. »

Il importe, pour comprendre ce psaume, d’en bien reconnaître la division; on la d'ordinaire mal saisie ; elle est cependant des plus simples, car ül se compose de deux parties égales, de neuf versets chacune. La première rappelle un vœu fait par David à l'Éternel, puis la manière dont il s’en est acquitté en transportant Parche à Jérusalem, la joie du peuple et ses prières à cette occasion et peut-être à la dédicace du temple de Salomon. La seconde partie rappelle ce que l'Éternel a promis de faire pour David, en la personne de ses descendants, ainsi que pour la ville de David. David à tenu le serment qu'il avait fait à l'Éternel, l’Eternel tiendra le serment qu'il a fait à David. Les ch. VTet VIT du second livre de Samuel sont comme le point de départ de ce psauine.

La symétrie des deux moitiés de cette composition ne nous laisse aucun doute sur cette division : l’une et l’autre commencent par une invocalion «en faveur de David » ou « pour Pamour de David, » invocation suivie dans la première moitié, des mots : « David a juré à l'Éternel, » — et, dans la seconde, de ceux-ci : «L’Éternel a juré à David.» Puis vient la teneur de ces deux serments. Le reste de chacune de ces deux parties n'est plus dans la bouche du psalmiste, c’est la mise en scène, d’une part, de ce qui à été dit par David à son peuple, —

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ét, d'autre part, de ce que PÉternel dit à ce même peuple. Ces deux discours finissent en quelque sorte par se rencontrer, le v. 144 répondant au v.8, le v. 45 et les suivants — particulièrement le v. 16 — répondant au v. 9.

4. « SOUVIENS-TO1, ÉTERNEL, EN FAVEUR DE Da- VID, DE TOUTE SA PEINE.» L'expression que nous employons ici est, nous en convenons, plus hébraïque que francaise, mais on ne rendrait pas le sens de l'original en disant comme Ostervald : «Souviens-toi de David — ef de toute son affliction. ». «Se souvenir de quelque chose en faveur de quelqu'un, » c’est penser à le lui revaloir et M. Reuss rend parfaitement le sens en disant: (Tiens compte a David de toutes ses tribulations. » [Il ne s’agit pas non plus « d'affliction, » mais de toutes les pelnes que David $est données, de tout ce qu'il a fait ou voulu faire pour la maison de l'Éternel. Le temple, qu'il ne [ui fut pas permis de construire, mais dont il prépara les matériaux, à donc aussi sa place dans «les peines qu'il s'est données, » mais le poëte a surtout en vue un désir que David a réalisé, celui de transférer l'arche à Jérusalem.

Le verbe ñ3ÿ est employé le plus souvent, il est vrai, en parlant de la peine que l’on souffre, mais quelquelois aussi

— et cela parait être son sens propre — en parlant de celle qu'on se donne. L'infin, pual que nous avons ici est équiva-

PSAUME CXXxii 175

lent au subst, 2ÿ, qui revient si souvent dans l’'Ecclésiaste, dans le sens «d'occupation » (Ostervald) ou plus exactement de «tracas. »

3-5. « ME REPOSER QUAND LE DIEU DE JACOB N’A POINT ENCORE UNE DEMEURE ! » Sentiment pareil à celui que David exprime à Nathan 2 Sam. VIT, 2: « Vois un peu! J'habite une maison de cèdre et l'arche de Dieu habite une tente! » ou à celui de Grodefroi de Bouillon refusant le titre de roi de Jérusalem, « pour ne pas porter une couronne d’or dans la ville où le Sauveur a porté une couronne d'épines. » Voyez aussi (2 Sam. X XIE, 17) un autre mot de David, exprimant un sentiment généreux analogue à celui-ci, et comparez enfin le mot d'U-

rie (Ib. XI, 1).

3. « MA TENTE... MA COUCHE. » Hébr. « La tente de ma maison... le Hit de ma couche,» amplfications poétiques, étrangères au style des autres psaumes des Maaloth, mais qui sont dans le style de celui-ci, comme le titre «Puissant de Jacob, » qu'il emprunte à la Genèse (XLIX, 24).

6. Dans ce verset et dans les suivants, le psalmiste fait parler les fsraélites du temps de David : ils expriment leur émotion et leur Joie au moment où larche, si longtemps oubliée, est retrouvée et amenée à Jérusalem. Leur cœur est si rempli une

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seule pensée qu'ils commencent à parler de ce qui les occupe, sans même songer à dire de quoi il s'agit: l'arche, que désignent les pronoms du v. 6, et l'Éternel, à qui se rapportent ceux du v. 7, ne sont nommés qu'au v. 8, la vivacité de l'expression

est d'accord avec la vivacité du sentiment.

— € Voicr, NOUS AVONS ENTENDU, etc. » L’arche, prise par les Philistins du temps du juge Héh et renvoyée par eux à Beth-Shèmesh, avait été bientôt après transportée à Kiriath-Yearim (4 Sam. VIT, 1). Du temps de Saül, Hsons-nous dans les Chroniques (4 Chr. XITT, 3), on ne s’en était pas inquiété et elle y était restée, délaissée par tous et ignorée de la nouvelle génération. Ge fut là, « chez Amminadab, sur le coteau, » que David alla la chercher. Ce Kirath-Vearim, € ville des forêts, » n’est pas désigné ici par son nom habituel, mais par un équivalent : «Les champs — ou le territoire — de Yaar (de Ja forêt). » Cette périphrase, qui d'ailleurs est bien dans le style de notre psaume, n’est pas seulement plus élégante que ne le serait le nom vulgaire, elle est aussi plus exacte, puisque larche n'était pas proprement dans la ville, mais sur un coteau voisin. Ceci ne présente done aucune difficulté, mais qu'est-ce que le mot Ephrata, qui se trouve mis en parallèle ? Ephrata (une seule fois Ephrat, —

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sans le ñ paragogique, — Gen. XLVITI, 7) est un autre nom de Bethléhem (Ib. et XXX V, 19), qui en style poétique, se trouve ajouté à celui-ci (Mich. V, 1, trad. 2) ou mis en parallèle avec lui (Ruth LV, 11). Comme l'arche n’a jamais été à Bethléhem. Hengstenberg met ces mots dans la bouche de David; il traduit : « Nous avons entendu parler d'elle à Ephrata. » Selon lui, David veut dire que, dans sa première Jeunesse, lorsqu'il vivait encore dans cette ville, 11 ne connaissait l'arche que par ouïdire. Mais cette explication ne va pas avec le parallélisme : 1l nous paraît impossible que, dans Île premier hémistiche, le circonstanciel de lieu se rapporte au sujet, quand dans le second il se rapporte évidemment à l’objet. D'autres ont pensé que le nom d'Ephrata, qui dérive de n°3 «produire, » pourrait bien n'être pas ici un nom propre, mais désigner « le pays eultivé, » en opposition à «la réoion des forêts » (13%) qui va être nommée. Ces deux expressions représenteraient, suivant Calvin, l’ensemble du pays, le pays sous ses deux aspects ou dans ses deux régions principales, de sorte que ce verset signifierait à peu prés : « [ei on trouvait l'arche, ailleurs on entendait parler de cette découverte. » Suivant Hupfeld, «le territoire de la forêt » faisant allusion à Kiriath-Yearim, « la terre fertile » ferait allusion

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à Beth-Shèmesh où Parche avait été auparavant, — explication ingénieuse, mais inadmissible ainsi que la précédente, Ephrata n'étant Jamais un nom commun. — On a essavé, en lui laissant le caractère de nom propre, de lui faire signifier « le pays d'Ephraïm.» [Il semble, en effet, quoique nous n’ayons pas d'exemple à Pappui, que ce territoire se soit appelé Ephrat, aussi bien que la ville de Bethléhem; car le nom d’Ephratien, qui en dérive, s'applique aux habitants de lPune et de l’autre. (Cf. p. ex. Ruth I, 2 à Juges XIL 5). (est ainsi que l'entend Fürst, par exemple, et nous ajouterons que cette communauté de noms pouvait tenir à une relation primitive entre ces deux populations, à quelque lien historique dont la mémoire ne nous a pas été conservée, mais dont on pourrait au besoin trouver une trace dans l'alliance d’un lévite d'Ephraïm avec une femme de Bethléhem. Si l’on adopte cette explication de « Ephrata, » le premier hémistiche de notre verset serait une mention du séjour de larche à Silo, ville de la tribu d'Ephraim. Quoiqu'il soit peut-être un peu dur de faire signifier à ces mots : CNous avons entendu qu’elle avait été à Silo, » nous n’hésiterions pas à adopter cette explication, très préférable aux précédentes, si Delitzsch n'avait donné de notre verset une autre explication qui nous parait

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encore plus satisfaisante. Son génie d’induction Pa conduit à une véritable découverte. Nous voyons dans les Chroniques que Caleb eut de sa seconde femme, nommée Ephrat ou Ephrata, un fils nommé Fur, dont le fils aîné, Shobal, est appelé «le père de Airiath-Yearim » et un fils puiné, Salma, qui. est appelé «le père de Bethléhem » (4 Chron. IE, 90 sq.). Il v a donc étroite parenté entre les habitants de ces deux villes, descendant les uns et les autres d’une-mèré commune nommée Ephrata. !

Ces villes appartenaient toutes deux à la partie Nord du territoire de Caleb, nommé Caleb-Ephrata (4 Chr. IT, 24, mal traduit par Ostervald), par opposition au Négeb-Caleb, «le midi de Caleb » (1 Sam. XXX, 14), qui aurait été dévolu aux fils de ses autres femmes. Ephrata pourrait donc être un nom de Kiriath-Yearim, comme il l’est de Bethléhem; ou plutôt, nous crovons qu'il désignait la contrée où se trouvaient ces deux villes. Ainsi, dans le passage de Michée que nous avons indiqué plus haut: «Et toi, Bethléhem Ephrata, » — ou plutôt: « Bethléhem d'Ephrata », — le nom de la ville

1Delitzsch établit cette généalogie d’une manière tant soit peu différente. Ces premiers chapitres des Chroniques présentent en effet quelque difficulté; mais, comment qu’on les entende, ils attestent que la population de Bethléhem et. celle de Kiriath-Yearim descendaient de Hur, fils d'Ephrata,

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serait déterminé par celui de la contrée, tandis que dans les mots : « Ephratien de Bethléhem de Juda » (Ruth LE, 2; 4 Sam. XVII, 19) celui de la contrée est précisé par celui de la ville, — déterminations qui ne sont point superflues, puisqu'il v avait plusieurs Bethléhem et que, comme nous lPavons vu, le nom d’Ephratiens se donnait aussi aux Ephraïmites. — Remarquez comme avec cette explication on se rend compte du choix des mots dans les deux hémistiches du verset qui nous occupe : on Centend dire » vaguement que l'arche est quelque part dans la contrée d'Ephrata (le nom le plus général); une fois qu'on la «trouvée, » on peut indiquer le Heu précis: c’est « dans la campagne de Kiriath-Yearim. »

7. & SON MARGHEPIED.» Les adjectifs possessifs de ce verset se rapportent à l'Éternel, cela est clair en hébreu, mais nous n'avons pu en français l'indiquer que pour l'œil, au moyen de majuscules. Le marchepied de lÉternel, c’est l'arche ellemême, comme À Chr. XX VIIL, 2. Voyez aussi : Es. EX AS Lans IT

8. « LÈve-ror, ÉTERNEL! » mm nnp. C'était la formule consacrée, quand on transportait le tabernacle en un autre lieu (Nombr. X, 55). Elle

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