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marque 1c1 Pentrée de l'arche dans le tabernacle
que David lui avait dressé à Sion, — ou peut-être,
comme le pense Delitzsch, son entrée dans le temple
construit par Salomon. Le mot nm «repos, »
c'est-à-dire «lieu de repos, » est celui dont se sert David en parlant du temple (4 Chr. XX VITE, 2): «J'avais dessein de bâtir une maison de repos (nmao m2) pour l'arche de l'alliance de l'Éternel. » Il y aurait alors dans les deux versets précédents et dans celui-ci une revue rapide des divers moments de l’histoire de l'arche, le v. 6 se rapportant à l’époque où elle était à Kiriath-Yearim, le 7 à son transfert à Sion et le 8 à son installation dans le temple de Salomon.
9. &TES SACRIFICATEURS SE REVÊTIRONT DE JUSTICE, etc. » Cest à tort que dans la Vulgate, ainsi que dans nos versions modernes, les deux verbes de ce verset sont traduits par des optatifs : (Que tes sacrificateurs soient revè-
tus ! ete. » Nous n'avons point ici une prière du peuple demandant une grâce à l'Eternel, c’est au contraire, comme
au v. 7, quelque chose que le peuple promet de faire pour
lui : « Tes sacrificateurs se revêtiront de justice, — c’est-à-
dire se placeront dans les dispositions qui te sont agréables, — et tes fidèles pousseront (à ton honneur) des cris
de joie.» L'ordre des mots oblige à admettre ce sens, car les sujets précèdent les verbes, tandis que, lorsque le futur pPrsens de ussir lé verbe/preécede’ lé Sujet." C'est: 14 une règle qui n’est pas reconnue des interprètes modernes, aussi l’arbitraire a-t-il champ libre; tous ceux que nous avons consultés ont suivi ici lerreur de la Vulgate; M. Bruston fait cependant exception, ainsi que les traducteurs
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182 PSAUMES DES MAALOTH
juifs, Sachs, Luzzatto, Castelli, qui, guidés par leur pratique de la langue, ont avec raison traduit par des futurs, comme l'avaient fait déjà les LXX.
10. « Pour L'AMOUR DE DAVID TON SERVITEUR !... NE REBUTE PAS TON OiNT!» C'est à tort aussi, crovons-nous, que la plupart des commentateurs ont réuni ce verset à ce qui précède. C'est, comme l'ont reconnu Calvin et de Wette, le commencement de la seconde moitié du psaume : le poëte a fini de rappeler ce que David a fait pour l'Éternel, il reprend sa prière du verset premier.
S1 l’on considère, ainsi qu'on Île fait d'ordinaire, le v. 10 comme formant une seule proposition et qu'on ne place qu’une virgule là où nous avons mis un point d'exclamation suivi de quelques points de suspension, on peut être embarrassé de savoir qui
est POint dont il est ici parlé. Ce ne peut guères
être Salomon, comme le pensent par exemple Luther et Bossuet; car ce psaume paraît avoir été
composé à une- époque où Jérusalem était bien
moins florissante qu’au temps de ce prince; remarquez «les indigents » du v. 15 et surtout le ton général du morceau. On peut moins encoré, comme le font Hitzig et M. Reuss, songer à quelqu'un des Asmonéens, car le psalmiste rappelle expressément (v. 11 et 12) que la promesse est faite à la race de David. On pourrait plutôt penser à quelque roi du
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temps de la décadence de Juda ou à Zorobabel, — bien que, n'ayant jamais été roi, il ne dût peut-être pas être désigné comme l’Oint de l'Éternel. — Mais, en eXaminant de près notre psaume, on se convainc qu'il ne suppose point la présence d’un roi national et qu'au contraire il demande à Dieu d'en susciter un. « L’Oint de l'Éternel, » dont il est question dans ce psaume, m'est autre que David : c'est ce que le parallélisme montre clairement au v. 17 et réclame aussi dans celui-ci. Il nous paraît donc qu'on doit admettre pour ce verset l’explication de Hengstenberg, qui voit dans le premier hémistiche toute une proposition : « Pour l'amour de David, ton serviteur, (exauce notre prière! » Nous ajouterons que ces mots se sous-entendent d'autant plus aisément que la prière du v. 10 n’est qu'une reprise de celle du v. 1. Enfin, — et ceci est un argument décisif en faveur de cette explication, __ dans un morceau entièrement parallèle à celuict (2 Chr. VE, 41 sq.), le verset qui correspond au nôtre et où se retrouvent en partie les mêmes expressions est composé aussi de deux propositions distinctes.
Les versets 8-10 de notre psaume se lisent en effet, avec de légères différences, 2 Chron. VI, 4 sq., à la fin de la prière prononcée par Salomon à la dédicace du temple. On a expliqué de diverses manières cette coïncidence : les uns
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ont attribué le psaume à Salomon lui-même; dautres comme Hengstenberg, ont supposé que le psalmiste avait emprunté les paroles du livre des Chroniques ; la plupart pensent que Pauteur des Chroniques a tiré ces paroles de notre psaume. Il importe avant tout de remarquer qu'elles ne se trouvent pas dans la prière de Salomon, telle que nous la donne un document plus ancien, nous voulons dire le livre des Rois, Ce que nous sommes porté à croire, C’est que la formule sacramentelle commençant par ñ nn1p (tout le premier hémistiche de 2 Chron. VE, 41) a très probablement été prononcée par Salomon à la fin de sa prière et que l’auteur des Chroniques, en la citant, l’a écrite telle que sa mémoire la lurfournissait, c’est-à-dire avec les paroles qui la suivent immédiatement dans le psaume. C’est ainsi que, dans un autre passage (1 Chron, XVI, 35 sq.), le même auteur, en citant la fin du Ps. CVI, la fait suivre de la doxologie qui marque la fin du quatrième livre du Psautier et qui ne se trouve après ce psaume que parce qu’il est le dernier de ce livre.
41. « L’ETERNEL L'A JURÉ A DAVID.» I s’agit ici de la promesse rapportée 2 Sam. VIT et à laquelle fait aussi allusion le Ps. LXXXIX (v. 4 sq. et 50).
43. Nous ne pouvons croire que ces paroles soient prononcées par l'Éternel, comme ce qui précède et ce qui suit. La difficulté ne serait pas dans le fait qu'il v parlerait de lui-même à la troisième personne et en se nommant par son nom; on pourrait à la rigueur l’admettre. Mais, si l’on met ainsi le v. 15 et le v. 14 dans la même bouche, les mots : Qil Pa voulue » et Je lai voulue » forment une tautologie inadmissible. Il nous
paraît donc que dans notre verset le psalmiste reprend la parole pour préparer un nouveau discours de l'Éternel, qui commence au verset suivant. De même que, dans la première partie du psaume, le serment de David est suivi de paroles que le poëte met dans la bouche du peuple entier et dont les dernières nous reportent à la dédicace du temple, — ainsi, dans cette seconde partie, Pauteur, après avoir cité le serment de l'Éternel, rappelle une seconde promesse de lui, qui nous reporte également à cette dédicace. Cette. promesse, c'est de faire à jamais de Sion le lieu de sa résidence. Bien qu’elle soit mentionnée dans les Chroniques comme remontant au règne de David (2 Chron.
VI 6), elle est citée pour la première fois par Salomon et précisément à l’occasion de la dédicace du temple; ce fut alors aussi que ce choix reçut une confirmation éclatante aux veux de tout le peuple (Ib. VEL, 1-3) et que l'Éternel déclara expressément à Salomon qu'il était définitif (b. v. 16).
16. Quoique, comme nous l'avons vu, le v. 9 ne soit point une prière, le v. 16 est une réponse de PÉternel à ce qu'Israël lui dit dans ce verset-là. Le peuple à dit: «Tes sacrificateurs se revêtiront de justice, » — Dieu répond : « Et moi, en retour de la justice dont ils se revêtent pour me plaire, je
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les revêtirai de salut.» Le peuple à dit: «Tes fidèles pousseront des cris de Joie, » — Dieu répond : € Oui, ils pousseront véritablement des cris de joie, » c’est-à-dire : Cje leur donnerai lieu de se
réjouir ! »
L’infinitif absolu, placé à côté du verbe fini, le «renforce » sans doute, comme disent les grammaires ; mais, s'il le renforce, c’est essentiellement en le confirmant; c’est une répétition destinée le plus souvent à indiquer que le verbe est pris au sens propre, que ce n’est pas une manière de dire, qu'il n’y a rien à rabattre au sens qu'il exprime. Ainsi TNA INT (Gen. XXVL:28. Ex. IIT, 7) signifie : « Nous Pavons vu de nos yeux, — vu, ce qui S'appelle vu; » et NAN DV No (Gen. ILE, 4): «Vous ne mourrez pas tout de bon. » Si Pon veut donc rendre cet infinitif par un adverbe, ce sera moins encore par € fortement » ou «entièrement » que par «réellement, » [@i, par exemple, 1337 39 ne signifie pas : C [Is pousseront de grands cris de joie », mais plutôt «de vrais cris de joie. » |