‹ Les Psaumes des MaalothChapitre 31 sur 35 · De Davip. » Manque dans deux manuscrits · texte numérisé non relu

De Davip. » Manque dans deux manuscrits

dans les LXX, le Targum et la Version arabe: ce

qui nous empêche de considérer comme authentique cette partie du titre.

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— «OH! QU'IL EST Bow, etc. » M. Reuss traduit très bien : « Voyez ! quelle chose excellente et belle, etc.» Ici, en effet, comme Ps, CXXVIL:3 et CXX VIT, 4, le mot n31 suppose un geste qui l’accompagne. Le poëte parle d'un fait qu'il a sous les yeux et qu'il montre à ses auditeurs.

— € HABITENT ENSEMBLE. » Le texte dit : « habitent méme ensemble.» Ce «même, » &x, n'est point oiseux, mais 1l est difficile de le faire comprendre sans une paraphrase : € Qu'il est bon que des frères, — déjà unis par les liens du sang et de affection, — se trouvent aussi réunis dans un même lieu!»

2. «COMME L'HUILE EXCELLENTE, etc.» Cette image est des plus augustes, car 1! s’agit 1c1 de «lPhuile de lonction sainte, » composée des aromates les plus exquis, selon les indications expresses de la loï, et qu'il était interdit de contrefaire ou d'appliquer à un usage profane, sous peine d'être retranché du peuple (Ex. XXX, 22-33). On en avait fait usage pour le sacre d’Aaron et lon devait s’en servir pour sacrer ses successeurs. Mais

dans le temps du second temple, ce rite ne se pra-

tiquait plus, car, déjà depuis le temps de Josias, on n'avait plus cette huile sainte.

196 PSAUMES DES MAALOTH

— (SUR LA BARBE, LA BARBE D'AARON. » L'au-

teur, pour donner plus de solennité à l'expression, répète le mot en le déterminant d’une manière qui Pennoblit. Telle était l’intention d’une répétition toute pareille que nous avons vue Ps. CXXIE, 4: «les tribus, — les tribus de l'Éternel. » Lamartine a dit de Jésus enfant, parlant dans le temple :

Et les colonnes l’écoutèrent, Les colonnes de Salomon.

— (QUI DESCEND SUR LE BORD DE SES VÊTEMENTS, » Littér. : «la bouche de ses vêtements, » 1n179 9, c’est-à-dire, — comme le prouve lemploi du même mot Ex. XXVIII, 32; XXXIX, 23, — l'ouverture du vêtement par laquelle on passe la tête. En continuant la même métonymie, on appelait « lèvre, » ñ2%, l’ourlet qui, à la robe du Souverain Sacrificateur, entourait cette encolure (f[bid.). C'est donc à tort que l’on a cru quelquefois que dans notre verset il s'agissait de extrémité inférieure du vêtement. Mais qu’estce qui descend jusqu’au bord du vêtement”? Est-ce l'huile, - comme le veulent les LXX, la Vulgate, saint Jérôme, nos vieux traducteurs français d'Olivétan à Ostervald, Ewald, Delitzsch dans sa seconde édition, Castelli, ete.? Ou bien est-ce la barbe, comme lentendent Raschi, Rosenmüller, de Wette, Hengstenberg, Hupfeld, Reuss, et comme lentendait précédemment Delhtzsch”? Ce qui me fait adopter ce dernier sens, — qui est d’ailleurs le plus conforme aux accents, — c'est que, si les deux 1» étaient entièrement parallèles, ils seraient Construits de la même manière, tandis que l’auteur, en plaçant devant le second le relatif © qu'il n'a pas mis devant le premier, me paraît avoir précisément voulu prévenir toute équivoque, L'huile n’en reste pas moins le mot essentiel : si le poëte rappelle que la barbe descend

sur le bord du vêtement, c’est pour faire entendre que par elle Ponction sacrée s’étend indirectement jusque-là.

On doit remarquer dans les mots vn119 5 ÿp nv deux singularités qui sont très vraisemblablement des indices de l’époque tardive à laquelle ce psaume a été composé. L'une est l'emploi du préfixe © devant un participe, ce qui ne se retrouve que Ps. CXXXV,2; l’autre est la forme féminine n179, tandis que partout ailleurs on ne trouve dans le sens de « vêtement » que la forme masc. (sing. n,, plur. 270).

3. « COMME UNE ROSÉE DE L'HERMON, QUI DESCEND SUR LES MONTAGNES DE SION, » c’est-à-dire sur le massif de montagnes dont le mont de Sion faisait partie. C’est à dessein que Fauteur élargit un peu l'horizon, car le mont de Sion lui-même était tout entier couvert de maisons et n'avait que faire de rosée.

Après l’image du verset précédent, empruntée à un rite religieux des temps anciens, rite dont la mention était d'autant plus favorable à la Poésie que depuis longtemps il n’était plus qu'un souvenir, le psalmiste revêt sa pensée d’une nouvelle image, tirée de la nature, aussi fraîche et gracieuse que la première était solennelle et sainte, et qui, sans être absolument neuve (V. p. ex. Mich. V, 6, trad. 7), est bien dans le style de nos psaumes des Maaloth. L'Hermon, dont le sommet est couvert de neiges éternelles, donne, comme les autres montagnes du Liban et de l'Antiliban, naissance à de nombreux

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cours d'eau, dont le Jourdain est le principal. Cest grâce à lui que le nord de la Palestine est aussi frais et aussi riche de végétation que le sud en est aride et sévère. CNulle part dans le pays d'Israël, dit un voyageur des plus consciencieux, M. Van de Velde, on ne voit une rosée aussi abondante que dans la contrée voisine de PHermon. » Les interprètes ont trouvé quelque difficulté à admettre que cette rosée se répandit sur le mont de Sion, situé à 170 kilomètres de là, et ils ontsupposé que la rosée de l'Hermon représentait une rosée quelconque. Mais on ne verra point ici de difficulté, si Pon se souvient que le mot «rosée» n’est pas tou- Jours pris par les poëtes anciens dans son sens Île plus rigoureux. Dans Horace (Od. ILT, 3, 56), les pluvii rores ne sont autre chose que la pluie; et en hébreu, $v nous paraît signifier très souvent une pluie fine, ce qui du reste est le sens de ce moten arabe; on s’en convaincra en examinant les divers passages où ce mot est employé dans lÉcriture.

Nous pouvons donc penser ici à de petites pluies, —

par opposition aux grandes pluies périodiques, — venant d’une manière inattendue rafraîchir pourun moment les coteaux arides de Jérusalem. Les nua-

ges qui les donnent sont formés par lévaporation

des neiges de l'Hermon et c’est en effet le vent qui vient de ce côté-là qui les amène sur la Judée: çle

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vent du nord enfante la pluie, !» dit le livre des

Proverbes (XXV, 23). Au reste, lors même que l’on se croirait obligé de prendre 1ci le mot «rosée » dans son sens le plus strict, nous ne saurions y voir une difficulté : il n’est point nécessaire qu'une image poétique peigne un fait qui se passe réellement. Quand on dit, par exemple :

Comment en un plomb vil Por pur s'est-il changé?

cela n'implique point que l’on croie à la transmutation des métaux. [Il suffit, pour que l’image soit juste, que ce qu’elle représente ait lieu réellement. Qu'est-ce que le poëte veut peindre 1c1? Ge n'est pas seulement avantage que présentent les réunions fraternelles en général, il à en vue, — conformément à l'intention de tous les psaumes des Maaloth, — les réunions qui ont lieu à l'occasion des fêtes et, par conséquent, à Jérusalem. Les Juifs qui y sont arrivés de l'étranger et de la province, — particulièrement sans doute de la province principale, la Galilée, où est situé l’'Hermon, — sont venus recevoir à Sion les grâces spirituelles qui découlent de ce centre religieux d'Israël; voilà l’image de l'huile découlant de la tête d’Aaron; —

etils sont eux-mêmes pour la population de Sion,

LEt non pas: la bise chasse la pluie, » comme traduit Ostervald, à l'exemple de la Vulgate.

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maintenant pauvre et isolée, une rosée bienfaisan te qui la rafraichit et la restaure, L'idée et lPimage sont analogues à Ps. CXXVE 4: « Ramène, ô Éternel, nos captifs, comme des courants d’eau dans le Midi. » Ainsi, l'image employée au v. 3 rest pont destinée à exprimer seulement sous une autre forme ce qu'avait exprimé la précédente : les deux images se rapportent à deux faces de la pensée qui se sont présentées dès le début: QI est bon et il est doux que des frères habitent ensemble. » La première, l’huile excellente (av) développe lidée de «bon » (exprimée par le même mot), la seconde, celle de « doux » où « agréable, » ay3. La première image, tirée d’un rite sacré, est bien ap-

propriée aux grâces d'ordre spirituel que les Israé-

lites du dehors venaient chercher à Jérusalem ; la seconde, empruntée à la nature, convient mieux pour représenter la vie et la joie que leur présence apporte dans ses murs. Ges deux faces de la pensée du poëte se retrouvent jusqu’au bout du psaume : la «bénédiction » se rapporte à la première, la vie » à la seconde. «Cest [à que l'Éternel a mis la bénédiction, la vie à jamais, » — là, c'est-à-dire à Sion, le lieu qu'il a choisi pour que de toutes parts son peuple vint s’y prosterner devant lui. x XRIT 17 De LA NIV) |

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