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le soin qu'il prit d'instituer d’autres fêtes et d’éri-
ger de nouveaux sanctuaires (1 Rois XIT, 26-33);
c’est là ce « péché de Jéroboam » dans lequel tous ses successeurs, sans exception, furent contraints de persévérer par une nécessité politique inéluctable et dans lequel ils persévérèrent en effet, comme
lEcriture le rappelle toujours de nouveau avec
une insistance en quelque sorte sinistre. L’attachement du peuple pour ces pèlerinages, la’ joie qu'ils faisaient éprouver aux Israélites, étaient quelque chose de si extraordinaire qu'Ésaïe les prend pour point de comparaison quand il veut peindre dun dernier trait le bonheur promis à Israël, au jour où l'Éternel bandera la plaie de son peuple: « Sur toute haute montagne, sur toute colline élevée, il y aura des courants d’eau. la lumière de la lune sera comme la lumière du soleil et la lumière du
Soleil sera sept fois plus grande. Vous chanterez
comme dans la nuit où on célèbre une fête, vous aurez le cœur joyeux comme celui qui marche au son de la flûte pour aller à la Montagne de V'Éternel, vers le Rocher d'Israël» (Es. XXX, 25-29). Dans les temps du second temple, après qu'Esdras eut rétabli les fêtes solennelles!, ces pèlerinages de-
vinrent encore plus chers aux fsraélites qu'ils ne
1Nous savons, du moins pour la fête des Tabernacles, qu’elle n'avait pas été rétablie avant lui (V. Néh. VIIT, 14).
9, PSAUMES DES MAALOTH
l'avaient jamais été. Plus ils se voyaient dispersés, plus ils tenaient à ce temple, qui était le symbole visible de leur unité, et à ces fêtes qui leur donnaient l’occasion de la maintenir, de la retremper pour ainsi dire. Elles étaient pour eux ce qu'étaient pour les Grecs les jeux olympiques : des extrémités de la Palestine, de la Galilée des Gentils, les Juifs pieux se rendaient au moins une fois l'an à Jérusalem (Luc IT, 41); on en voyait même venir en grand nombre des divers pays de PAsie Mineure, de l'Arabie, de Rome, de l'Afrique, des provinces les plus lointaines de la Perse, en un mot «de toutes les nations qui sont sous le ciel », comme le dit le livre des Actes (IL, 5), et nous sàvons que dans la dernière fête qu’elle ait Jamais célébrée, la petite capitale de la Judée comptait, grâce à ces pèlerins, un million d'hommes dans l'enceinte de ses murs...
Le mot monter étant le mot officiel quand il s’a- git de ces pélerinages, il n’y aurait donc rien d’étonnant à ce que les psaumes intitulés cantiques des montées fussent des psaumes destinés à être chantés dans ces pèlerinages, auxquels ils font quelquefois allusion, et dans les fêtes qui y donnaient lieu. Nous verrons, en étudiant de près ces psaumes, que cette hypothèse se trouve entièrement justifiée et plus encore, croyons-nous, qu’on
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ne l’a constaté Jusqu'ici. Elle est une clef, non pas
seulement pour le titre de ces psaumes, mais pour
ces psaumes eux-mêmes. Enfin, un petit fait dont limportance n’a pas été suffisamment remarquée et qui appuie cette explication, c'est que — comme nous le verrons — elle est la seule avec laquelle on puisse essayer de se rendre compte de la diffé-
rence que présente le titre du Ps. CXXI comparé
à celui des autres.
En disant que ces psaumes étaient destinés aux pèlerinages ou aux solennités qui en faisaient Pobjet, nous ne prétendons point qu'ils aient été primitivement composés tous à cet effet. Ce que nous voulons dire, c’est que ceux qui n’ont pas été composés pour cet usage y ont été appropriés par le rédacteur et que celui-ci avait bien dessein de composer un psaulier des pèlerins. C'est ce que nous espérons pouvoir démontrer à mesure que nous étudierons ces psaumes et que nous verrons l’ordre dans lequel ils se suivent. Nous verrons que le rédacteur a su former de ces quinze petites compositions une composition nouvelle et, pour ainsi dire, un poëme en quinze chants, de telle sorte que chacun de ces psaumes, bien qu’étant en lui-
même et dans la pensée de son auteur un tout
complet, peut être considéré aussi Comme partie d’un nouveau tout.
PSAUMES DES MAALOTH
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L'unité de cette nouvelle composition est rendue, pour ainsi dire, visible à l'œil par un curieux arrangement : Ces quinze psaumes, comme l'a remarqué Hengstenberg, peuvent en effet se diviser en deux séries de sept psaumes, séparées par un psaume de Salomon, un des deux seuls que contienne le Psautier. Ce psaume qui leur sert de mésologue, contient trois fois le nom de Jéhova. Les deux heptades qui le précèdent et le suivent se subdivisent en deux groupes, dans chacun desquels il y a un psaume de David. Dans chacun de ces groupes, le nom de Jéhova se rencontre douze fois et, dans chaque heptade, le premier groupe est de quatre psaumes et le second de trois.
Cette minutieuse symétrie n'a rien qui doive nous surprendreet est parfaitement conforme aux habitudes littéraires des Hébreux qui, dans tout ce qui touche au culte, ne perdent jamais de vue la valeur symbolique des nombres. Néanmoins, si curieuse qu'elle soit, 11 ne nous paraît pas qu'elle soit due, du moins de tout point, au rédacteur même de ce recueil. Ces détails de symétrie ne sont point inséparables de l’ordonnance générale et peuvent fort bien n'être que des ornements qu'on y aurait plaqués plus tard. La distribution régulière du nom de Jéhova a pu être introduite dans ces psaumes sans qu’on eût
MAL Co a
besoin d’en déranger l’ordre. On pouvait sans in-
convénient substituer ce nom à celui d'Elohim ou
vice versa, autant qu’on le voulait, et nous verrons que c’est probablement ce qui a eu lieu. Et quant à la symétrie avec laquelle les psaumes de David et de Salomon sont disposés dans le texte hébreu que nous avons actuellement, elle nous paraît remonter encore moins haut, puisqu'elle ne se retrouve pas dans les versions les plus anciennes : on doit donc supposer que ces noms, du moins en partie, n’ont été introduits dans le texte qu’assez longtemps après la rédaction du Psautier et précisément en vue d’accuser cette symétrie, qui n’est en réalité qu'apparente et ne correspond qu’imparfaitement au plan véritable. Nous verrons, par exemple, que le mésologue de nos psaumes m'est pas formé par le Ps. CXX VII seul, mais par les Ps. CXX VIT et CXX VIIL.
Quant à la place précise qu’occupe le recueil des cantiques des Maaloth entre le Ps. CXIX et le CXXXV, elle ne fait point exception au principe d’après lequel ont été rangés les psaumes en général et dont nous avons parlé plus haut (page 3). Ainsi le premier de nos psaumes graduels se rat-
tache au Ps. CXIX; on y voit, comme dans celui-
là, la prière dun juste entouré d'infidèles et en butte à leurs persécutions, une brebis au milieu
28 PSAUMES DES MAALOTH
des loups. De la même manière, le psaume qui suit immédiatement le recueil de nos cantiques des Maaloth (le CXXXV), doit sa place au rapport qu'il présente avec le dernier de ceux-ci (le CXXXIV), en tant qu'il commence et finit par une invitation à louer l'Éternel, adressée spécialement aux servileurs de l'Éternel, à ceux qui se tiennent dans la maison de l'Éternel (CXXXV, 1. 2 cf.
CXXXIV, 1) et que, dans le dernier verset de l’un
t de l’autre, c’est de Sion que l'Éternel bénit et est béni.
Lors même qu'on n'aurait pas réuni les psaumes des Maaloth et qu'on ne leur aurait pas donné un titre commun, on les reconnaîtrait à un certain air de famille qui les caractérise tous — ou presque tous — et qui leur assigne une place à part, et une place des plus intéressantes, dans lhistoire de la Poésie hébraïque. Dans la plupart des autres psaumes, la poésie est presque tout entière dans le sentiment et la pensée; ils parlent à Pâme plus qu’à l’imagination, là grandeur lemporte sur la grâce, et la puissance du souffle Ivrique sur le travail de l'art. Dans ceux-ci, nous trouvons plus que dans d’autres des détails pittoresques et gracieux ; plusieurs présentent en deux ou trois traits de petits tableaux pleins de charme, des idylles,
(tue) au sens étymologique et primitif de ce mot, et quelquefois aussi au sens plus spécial que lui a donné l'usage : car les images sont souvent empruntées à la vie des champs. Si d’autres psaumes sont d’une veine plus abondante, d’un essor plus sublime ou d’un accent plus ému, ceuxci sont surtout remarquables par une correction, une précision et une élégance qui en font de vraies œuvres d'art, dont la petite dimension ne fait que mieux ressortir la perfection; si on leur cherche un point de comparaison dans les autres littératures, ils feront penser avant tout à certaines odes d’'Horace et aux sonnets de Pétrarque.
NL fe L'ETERN A
(LXX et Vulg. 119.)
1; Chant des pélerinages.
À l'Eternel, dans la détresse où J'étais, J'ai crié et 1l m'a répondu.
9. Éternel, arrache mon âme à la lèvre menteuse, A la langue perfide !
3. Que te donnera-t-il et que t'y ajoutera-t-1l, Langue perfide”?
4. Des flèches tirées par un homme fort, des flèches Avec des braises de genêût. [acérées,
QT
Que je suis malheureux de séjourner en Méshec, D'habiter avec les tentes de Kédar!