LA CONVERSION D'UNE AIVIE
La conversion d'une âme est un drame qui se déroule en deux actes successifs et sur deux différents théâtres. L'action commence sur le sol du péché et de la misère . La grâce y a surpris le pécheur, elle l'enlace, elle l'illumine, elle le presse : le pécheur se réveille, se reconnaît, contemple avec effroi sa dégradante situation, et engage contre soi-même une lutte désespérée. Au second acte, sur le second théâtre, tout est transfiguré, tout est radieux. Dieu s'est montré ; il a étreint son cher coupable dans les bras de l'amour, il lui a rendu ses richesses, il l'a réintégré dans ses splendeurs d'autrefois. — Que reste-t-il. e^inon que cet heureux gracié fasse entendre aux pécheurs et aux justes le récit de sa conversion et l'expression brûlante de son bonheur? C'est tout le Psaume XXXI, dont nous allons suivre pas à pas les divins enseignementij^
1 Paal. XXXI.
I. — Bienheureux ceux dont les iniquités sont remises, Jont les crimes sont effacés ! Bienheureux Vhomme auquel Dieu n'impute plus ses fautes ^ ! Une âme est près de Dieu quand ce cri s'échappe d'elle, quelque lointaine qu'elle puisse être encore et dans quelque exil désolé que l'ait cliassée son péché. Après les longues misères du prodigue, quand le malheureux ne gardait plus de ses joies évanouies que des désolations, et de ses biens dissipés qu'une affreuse et dégradante misère ; quand l'abjection était sa couche, et sa nourriture les glands des pourceaux, alors il se ressouvint de la maison paternelle, du pain de la famille et des joies pures du foyer. Ce regard vers un passé plein de charjues, en face d'un présent rempli d'humiliations, de dénùments et de terreurs, commence toute conversion. Soiis l'action mystérieuse de la grâce, nous commençons par reconnaître l'abîme où le péché nous plonge, puis nous poussons vers les splendeurs de l'innocence, la paix de la réconciliation et les suavités de l'amitié divine des soupirs ardents : Bienheureux ceux dont les iniquités sont remises, dont les crimes sont effacés! Bienheureux l'homme ci cjui Dieun^impute plus ses fautes ^l
Quand une âme, que la grâce va convertir, jette sur elle-même un premier regard, et que tout à coup l'état du péché se révèle dans son horreur, des émotions poignantes, des frayeurs, des troubles, des angoisses indicibles s'agitent tumultueusement: c'est la tempête d'où tout à l'heure le calme va jaillir, et qui en attendant est le premier triomphe de Dieu. Du pécheur qui s'obstine, et qui en s'obstinant demeure comme enseveli dans les profondeurs inertes et silencieuses de la perdi-
» Psai. XXXI. — 2 Psal. XXXI.
tion, de ce pécheur qui méprise, il est dit dans un Psaume qiïil dort dans le sépulcre. Quand la grâce vient à cet endormi, elle enga^çe une lutte terrible contre sa prodigieuse insensibilité. Le pécheur, dit le Psaume, se tait ; rinsensibilité est complète, le silence profond et universel, rien dans cet homme ne se remue plus, rien ne parle ; la confession de la foi est muette, la prière est éteinte; l'enfant dénaturé n'a plus une parole à dire à son père, plus un sourire à lui adresser: Quoniam lacui. Tel est l'état du péché : c'est un silence injurieux; c'est une immobilité sacrilège. 0 malheureux honnête homme! tu te récries quand on te menace des châtiments à venir; tu demandes où est ton crime ! Ton crime? c'est de refuser à ton père toute parole, toute marque filiale, toute réponse de l'amour. Tu te tais, alors que « de mille différentes manières Dieu t'a parlé depuis les jours anciens, et tout près, en ces jours-ci, te parle encore ]ar son Fils. » L'état du péché est marqué d'un autre signe encore: c'est un étatjde vieillesse et d'infirmité. Le pécheur est un vieillard languissant et décrépit : inveteravcrunt ossa mca, * « je suis devenu un vieillard.» Tout est abattu dans le vieillard, tout est brisé, tout est impuissant, tout chancelle ; le regard se meurt, l'intelligence s'amoindrit, la volonté se tourne en caprices enfantins, la mémoire laisse échapper toute la science d'une longue vie. Le vieillard, comme le pécheur, n'est ])lus qu'une ruine de lui-même, et ne retrouve plus de ses grandeurs premières que des débris mutilés. Tout pécheur en est là : être endormi et silencieux, vieillard impuissant et inerte. Or, quand la conversion suscite en lui les premières tempêtes, et lui fait soufïrir les premiers
i Psal. XXXI.
dôciiirements, une douleur poignante, des troubles, des angoisses indicibles arrachent à l'àmo des cris perçants, l'âme crie durant tout le jour. Et pourquoi crie-t-elle ? Parce que Dieu la frappe à coups impitoyables et redoublés. Le jour et la nuit votre main, ô mon Dieu, s'appesantit sur moi. Quand Dieu veut convertir, le plus souvent il commence par frapper. L'orgueilleux Saul qui court sur le chemin de Damas, le chemin du crime, le chemin de la persécution et de la haine, SauU tombe de son cheval frémissant, il est brisé, il est aveugle, il est jeté dans la frayeur et dans l'angoisse, il est vaincu. «Seigneur, s'écrle-t-il, que voulez- vous que je fasse ^?» Comment le persécuteur du Christ devient-il son adorateur et son apôtre passionné? sous l'étreinte de la douleur, sous l'écrasante main de Dieu, quand Dieu, par des calamités et des ruines, fait sentir son pouvoir et se montre vainqueur. L'âme se roidit d'abord et résiste, je me roulais dans ma douleur, dit le Psalmiste, et mon épine s'enfonçait toujours davantage '^. Quand Dieu a lancé dans une âme sa flèche aiguë, quand une mystérieuse tristesse la dévaste, quand le remords la déchire, quand l'aiguillon de quelque grande épreuve la meurtrit, quand la prospérité terrestre s'écroule, emportant dans sa ruine les rêves de toute une vie, la victime interdite, désespérée, furieuse, pousse des cris déchirants, se roule dans sa souffrance, enfonçant toujours davantage le trait dont elle est percée. Qu'adviendra-t-il ? « Ce mal ira-t-il à la mort ? » Non, certes ! Dieu n'a frappé que parce qu'il voulait guérir. Le prodigue n'a poussé son grand cri de détresse : fama pcreo ! il n'a jeté sur ses haillons et sur sa misère un
1 Act. - » Psal. XXXI.
œil de désespoir que parce qu'il devait se relever dans la noblesse et la puissance d'un cri de triomphe : surgam et ibo ad palrem, « je me lèverai et j'irai à mon père * ! »
Quand vient pour le pécheur l'heure de la miséricorde et du pardon, deux démarches suffisent, deux œuvres accomplissent tout le grand mystère de la réconciliation. La première c'est l'aveu. « Je me lèverai, et j'irai à mon père, et je lui dirai : mon père, j'ai péché. » Je vous ai avoué, mon Dieu, mon iniquité, je n'ai plus caché ma faute ^. » Merveilleuses facilités du salut! Étonnante miséricorde ! un mot, un simple aveu : « Mon Père, j'ai péché, •> et vous, ô mon Dieu, vous m'avez remis Vimpiélè de mon crime. L'offense de Dieu était un mal immense, une calamité effroyable, tout un monde de oalamités. de honte, de terreurs, de désolations irrémédiables ; l'univers entier «était armé contre l'insensé» pécheur, le ciel le haïssait, la terre ne le portait qu'avec horreur et dégoût, tout un passé de richesses et de gloires était déchiré sans espérance, l'avenir préparait ses dévorantes ardeurs, un vaste orage couvrait l'horizon et menaçait d'engloutir le rebelle « dans ses éternels tourbillons. » Qu'a-t-il fallu pour dissiper ces menaces, éteindre ces flammes, apaiser ces colères, faire tomber ces foudres et ramener la sérénité de l'amour? Un mot: «mon père, j'ai péché ! » 0 mon Dieu, j'ai confessé contre moi mon iniquité, et vous m'avez remis l'iinpiété de mon crime ^.
Assurément nous n'avons rien à retrancher de cette CJnsoloiitc doctrine; il est bien vrai que la miséricorde divine ^se tient si près de nous, qu'elle est si prête à
1 Luc. - 5 Psal. XXXI. - 3 Psal. XXXI.
jnvahir notre âme, que l'aveu fait, la parole dite: dixi: elle rompt les barrières du péché, elle renverse tous les obstacles et répand dans l'âme entière des flots immaculés. Pourtant ne nous imaginons pas un aveu froid, indifférent, machinal, une parole de repentir factice, qui ne sort que des lèvres et que le cœur n'a pas réchauffée dans ces émotions. Un pareil confUeor est une nouvelle injure, bien loin qu'elle remette les injures passées. Dans un autre Psaume, le Prophète-Roi nous fait pénétrer le secret de son âme, au moment oii en jaillit le grand mot de la pénitence : j\d péché. Quelles œuvres, quels travaux, quels efforts préparent, accompagnent, consomment la parole du repentir et de l'aveu ! Labomvl in gemitu. La fausse pénitence ne connaît pas ce mystérieux et intime travail du gémissement^. Elle est indolente, elle sommeille, «elle ne peut pas veiller une heure» aux abords de Gethsémani. Pour elle, l'œuvre de la réconciliation consiste dans un examen léger et superficiel de la conscience, dans un aveu glacial, dans un oubli instantané et absolu de ce qu'elle a examiné, pleuré et promis. Contemplez le vrai pénitent. Il a compris cet enseignement catholique qui appelle la pénitence un baptême laborieux : il travaille, il peine, il se fatigue dans le chemin de la vraie pénitence: laboravi in gemitu meo. Chez lui la pénitence n'est pas affaire d'habitude, reste d'une éducation chrétienne d'autrefois, exigence irraisonnée de la routine ; la pénitence est une œuvre sérieuse, intense, pleine de labeurs féconds et do résolutions vivifiantes : je baigne ma couche de me.i larmes à chacune de mes nuits, f arrose mon chevet de mes pleurs*, « à chacune de mes nuits. « La pcnitencû
1 Psal. XXXT. - î Pûal. XXXI.
n'est pas éphcmùrc ni transitoire, elle est la compagne perpétuelle de l'enfant de Dieu, elle se mêle à toute sa vie, elle en lave toutes les souillures ; à mesure que ces souillures se forment, elle en corrige tous les défauts, elle en redresse tous les torts, elle en purifie et en eiïace tous les crimes. Le soir, quand l'ombre et le silence rendent à l'ùme sa liberté et ses lumières, quand le monde ne l'enveloppe plus de |ses tumultes et ne l'entraîne plus dans ses dissipations, une scène intime déroule aux yeux de Dieu seul ses inexprimables beautés. L'âme se recueille et se regarde : un tribunal se dresse au milieu de la conscience, les souvenirs de la journée s'y présentent, tous les actes y comparaissent, pour y recevoir la sentence qui convient à chacun d'entre. eux. Comme la vertu reçoit des éloges et des couronnes, le vice entend retentir les foudres divines de la vengeance et se retire couvert de suprêmes déshonneurs. L'âme pleure: ploravi in nocte\ et ces pleurs de la nuit, ces larmes qui inondent une couche, sont le plus beau et le plus vivifiant spectacle que la terre puisse donner au ciel. A chaque crépuscule le ciel invite la terre à se recueillir, comme se recueille la nature, dans l'ombre et le silence du soir ; Dieu parle à l'homme : Ce que vous avez dit dans vos cœurs, pleurez-le sur vos couches''^. L'homme répond à son Dieu : « j'ai pleuré durant la nuit. » Durant chacune de mes nuits fai mouillé ma couche de mes larmes, fai baigné de pleurs mon chevet. Estce tout ? Suffît-il de pleurer ? Est-ce au regret, à la douleur, dont une âme convertie est pleine, que l'on jugera de la valeur de sa convcision ? Non, pas encore Aux larmes doit s'ajouter une mystérieuse colère, un
» Jerem. — 2 Psal. IV.
trouble, une émotion, une secousse, tels que nous les ressentons en face d'une sanglante injure, ou en présence d'un mortel ennemi. Qui reste froid devant un ennemi ? Oui ne ressent devant son apparition funeste s'élever et s'agiter eu tumulte, au fond de son âme, tous les Ilots de l'indignation ? Tel est aussi le vrai pénitent en face de son péché, Il se trouble, tnrbatus est, une émotion poignante le gagne: voilà l'ennemi qui a fondu traîtreusement :sur moi : voilà le ravisseur de mon innocence, voilà celui qui a dévasté toute mon âme, en a chassé Dieu, et avec Dieu toutes splendeurs et toutes richesses, pour la remplir de ruines, de désolations et de mort. Le trouble fait naître l'indignation, et de l'indignation jaillit, comme la foudre, une implacable colère, tnrbatus a fiirore^. Est-ce tout? Cette indi gnation sera-t-elle inerte? Cette colère ne prendra-t-elle pas le fouet pour chasser du temple la troupe avide et immonde qui le déshonorent et le souillent ? Si vraiment, Chaque soir, chaque nuit, la grande scène du jugement futur se reproduira en une vivante peinture. A l'imitation du Dieu qui doit à la fin des temps remplir le ciel et la terre de l'éclat terrible de son discedite a me^. l'enfant de ce Dieu, durant chacun de ses jours, redira par avance, pour tousses ennemis, la même malédiction : discedite a me ! Pleurer et s'indigner ne serait rien encore si de ces sentiments intrépides ne jaillissait le mot de la séparation : retirez-vous de moi, vous tous qui commettez nniquitê! Après cette renonciation généreuse, quand les péchés sont chassés dehors et leur affection répudiée, l'œuvre de la pénitence continue plus riante et plus douce, l'espoir renaît. Dieu se fait propice, l'âme
1 Psal. XXXI. — îPsal. XXXI.
peut en liberté pousser vers les beautés et les splendeurs de l'innocence des soupirs entendus. Dieu exauce la voix de -mes pleurs. C'est alors les jours de ce printemps de l'âme si gracieusement dépeint dans le Cantique des des Cantiques : « L'biver est passé, les pluies ont disparu.... les fleurs vienr m d'apparaître dans nos campagnes, voici le i; irp.: où les plantes sont en bourgeons, la voix de [la tourterelle s'est fait entendre, les vignes en fleurs répandent leurs parfums ^. » Tout rennit dans l'âme convertie, tout est radieux, tout sourit ; si les traces de «l'hiver» se laissent encore çà et là apercevoir, si quelques larmes jcoulent, si quelques soupirs sont poussés, ce n'est plus le cri rauque de la bête fauve, c'est le gémissement triste et doux de la tourterelle, vox turtui^is. Lisons dans les Psaumes la description de ce printemps d'une âme convertie, avec lumières et ses fécondités renaissantes, avec sa profusion de fleurs et ses espérances de fruits. 0 Dieu, fai chéri vos vérités, les secrets obscurs, les incertitudes formidables de vos mystères, vous me les avez révélés. Vous donnerez à mon intelligence la joie et le bonheur, et mes os humiliés se prendront à tressaillir. Détournez vos regards de dessus mes fautes, effacez toutes mes iniquités. Vous m'arroserez avec la branche d'hysope, et je serai purifié: vous laverez mon dme et elle sera plu^ blanche que la neige. 0 mon . Dieu, créez enmoiuncœur pur, renouvelez en moi la droiture de mon dme. Ne me rejetez pas de devant votre face, ne m'enlevez pas votre Saint-Esprit. Rendez-moi la joie de votre salut, et fortifiez-moi dans votre esprit de force ^. C'est l'âme réconciliée qui redemande à son Dieu sa robe d'innocence, son anneau nuptial, les richesses, les gloires et
1 Cantic. — ? Psal. L.
LES E^'FATrS DE DIEU 215
les suavités de la maisonpaternelle. Aux filiales demandes de l'âme convertie Dieu propice fait la plus magnifique réponse : UinteUigence^je te la donnerai Je te fixerai dans le chemin où tu dois marcher ; sur toi se reposeront mes regards. C'est là toute la garantie divine du salut. Avant toute chose il faut mir. L'incrédule ne voit pas ; il vit dans une nuit éternelle; rien ne lui apparaît des grands et divins objets du salut. Comment irait-il à la gloire, au bonheur, au repos, à l'éternité bienheureuse? Dans la nuit qui l'enveloppe aucune de ces réalités surnaturelles n'est aperçue de lui : « Celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va ' : » il va aux abîmes, il va à la perdition et à la mort ; il y va gaiement, triomphalement, le malheureux ! Or que faut-il pour que l'homme quitte la route des éternels abîmes et prenne celle de l'éternelle félicité? Il faut que la lumière se lève, que la vérité catholique monte à l'horizon de l'âme, et que « Dieu même étincelle dans le cœur. » Je te donnerai l'intelligence-. Magnifique don! puisque par la foi, quand elle, luit dans une âme, cette âme divinement transfigurée peut dire : j'ai en moi l'intelligence même de Jésus-Christ. Après que Dieu a converti une âme, au don de la lumière il ajoute l'autre don aussi précieux de la direction : je te fixerai dans le chemin oii tu dois marcher. « Voir » le chemin, connaître «. les routes divines, » les sentiers « qui montent » et qui conduisent « au Dieu de Sion » ; voilà certes un bien inestimable; mais que d'obstacles dans ce chemin! quelles tortuosités ! quels rochers abrupts ! quels abîmes infranchissables ! Et de notre côté, quelles défaillances! quelle fatigue! que!s dégoûts! quel désir du repos! quelle horreur de la
1 Joan. - 2 psilm. XXXI.
marche ! quelles tentations ou de s'arrêter ou de quitter pour « la voie large » le chemin « étroit » difficile, abrupt! A nos âmes chancelantes, Dieu donnera la direction. Il affermira notre démarche; il fixera nos pas ; il nous interdira tout recul, tout retour, tout écart ; par de continuels efforts de sa orâce, il nous apprendra à marcher : inslruam te in via. Enfin, comme il ne servirait de rien de tant marcher si nous n'atteignions le torine, et que « celui-là seul sera sauvé qui persévérera jusciu'à la fin, » Dieu fixe sur nous ses regards ; il arrête sur nous sa miséricorde ; et, pourvu que notre liberté toujours entière ne repousse pas les rayons de cette lumière, la douce et victorieuse impulsion de cette main, la grâce de la persévérance finale couronnera toutes les autres et nous fixera immuables dans la gloire : firmabo super te oculos vieos ^
Ainsi le drame intime de la conversion d'une âme, commencé dans les gémissements de l'angoisse, se termine dans l'épanouissement éternel de la joie : Ils allaient pleurant tandis qu'ils î^épandaient leurs semences : mais au retour ils reviendront rayonnants de joie, chargés des gerbes de leur moisson'^.