‹ Les psaumes, étudiés en vue de la prédication (volume 2)Chapitre 15 sur 30 · LES ENNEMIS · texte numérisé non relu

LES ENNEMIS

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Les impies tournent dans le même cercle ^. Parfois nous surprenons sur nos lèvres des paroles telles que cellesci : — « Quelle époque que la nôtre ! Quel triomphe inouï du mal! Jamais aussi audacieuses entreprises, jamais semblables perversités ne se sont vues. » Détrompons-nous, les impies tournent, dans le même cercle, ils refont devant nous ce dont ils ont effrayé d'autres siècles : l'enfer recommence l'un de ces drames où il parait d'abord sanglant et terrible, et dont le dénouement le montre ridicule. La guerre qui se fait à l'Église et à la société révèle, nous l'avouons, une puissance et une audace peu communes, les dangers que nous courons sont extrêmes ; mais, rassuronsnous, comme toujours, le mal sera vaincu au milieu de ses plus hauts triomphes, au temps précis de sa plus universelle domination. Ni cette domination ni cette chute ne sont choses nouvelles ; il y a trois mille ans que le Psalmiste écrivait : Seigneur, vous les avez renversés au temps de leur plus grande élévation. Nous assistons au triomphe de la Pvévolution ; si ce triomphe

* Psal. XI

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est à son apogée, sachons que sa ruine est prochaine : dcjccixli cos dum allcvarcnlur '.

Si nous voulons nous rendre compte du mal qui nous envahit de plus en plus de toutes parts, et faire, si nous pouvons nous exprimer ainsi, la géographie de l'empire du mal : comme toujours, comme au temps de toutes les grandes erreurs, deux sortes d'ennemis de Dieu se partagent nos sociétés révolutionnaires : les furieux et les timides. Les premiers qui, poussant à l'extrême la double révolte de l'intelligence et du cœur, reniant toute vérité et toute vertu, ne reculant devant aucune absurdité et aucun crime, acceptent dans toute leur 2horreur les conséquences des prémisses qu'ils posent. Ils veulent l'entier renversement de toute vérité religieuse et morale, de tout principe, de toute loi, de tout gouvernement et, par-dessus tout, l'anéantissement de l'Église catholique, qui seule les entrave dans leur ï;uvre satanique de destruction. Les seconds sont les victimes inconscientes de l'erreur révolutionnaire de l'époque, ils la subissent, elle a vicié à leur insu leur tempérament, elle a altéré en eux la vérité, elle a faussé la rectitude de leur jugement, ils sont, sur une foule de points, révolutionnaires sans le savoir. Quand une peste sabat sur un pays et y étend ses ravages, les victimes du fléau sont de deux sortes : les unes qu'il atteint violemment et qu'il couche sans merci dans la mort ; les autres qu'il semble épargner, mais qui gardent de ses pernicieuses influences un alangriissement, un malaise, des désordres et des troubles profonds, qui dévastent sourdement leur vie amoindrie et découronnée. Ceux-là, chez nous, dans notre Europe

« Psal. LXXII.

contemporaine, ne sont pas révolutionnaires dans la plénitude et l'acception forcenée du mot , mais ils languissent, comme dit l'Apôtre, ils sont malades du poison, ils ont un malaise de révolution. Nous allons étudier les uns et les autres, et, puisque leur état ne chanp;c pas à travers les siècles, puisque l'impiéfé tourne toujours dans le même cercle, nous ferons cette sombre, mais salutaire étude dans le texte des Psaumes et avec les indications si complètes et si précises du Prophète- Roi.

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