LES ENFANTS DE DIEU AU MILIEU DU MONDE
Les enfants de Dieu au milieu de monde sont à la fois -. des exilés ; des proscrits ; des vainqueurs.
Les Exilés.
L'Esprit-Saint dans les Psaumes, Jésus-Christ, Vérité éternelle, dans sa doctrine, caractérisent nettement la situation des enfants de Dieu sur la terre. Ce sont des exilés : où ? 1" sur une terre étrangère ; 2'^ sur une terre odieuse ,• S" sur une terre ennemie.
I. — Surune terre étrangère. Tout est étranger dans le monde pour un enfant de Dieu, et lui-même est pour le monde le premier, le plus inconnu, le plus inapprécié des étrangers. — Impossible aux enfants de Dieu de former avec les enfants des hommes une société véritable. Triple fondement sur lequel s'édifie la société : communauté de sentiments; communauté d'intérêts ; communauté de services, Or les enfants de Dieu ne peuvent, dans le monde, jouir de cette triple communauté. — Nulle communauté de sentiments possible. Sur tous les points une différence profonde sépare du monde les enfants de Dieu. Leurs idées sont le contre-pied des idées du monde. — La dilférence des idées et des lumières engendre celle des sentiments et des
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aspirations. Diroclion toute opposée qui abaisse los mondains vers la terre, qui élève vers le ciel les enfants de Dieu. — L'opposition des intérêts achève cette séparation . déjà si profonde. Le monde absolument inutile h l'enfant de Dieu : l'enfant de Dieu absolument inutile au monde. 9G
n. — Terre étrangère pour les enfants de Dieu, le monde leur est de plus une terre odieuse. — Développement général de cette idée. Partout et dans tous lus temps le monde par sa multiple perversité fut aux âmes saintes un séjour odieux. — Situation particulière de la France sous ce rapport. L'éducation irréligieuse donnée depuis près d'un siècle aux jeunes gens, a introduit dans les familles des germes féconds de division, y maintient des malaises douloureux et parfois des oppressions odieuses. Tableau de la famille où l'époux, le père, le lils vit sans religion, persécuteur de la religion. Conséquence nécessaire : la désertion du foyer de la famille 109
in. — Enlln le monde est aux enfants de Dieu une terre ennemie. — Exposé du Psaume GXXX"VL — Le monde est pour les âmes saintes une terro d'esclavage, d'oppressions, de dangers terribles et infinis. Les âmes y sont enchaînées, entraînées au mal, séduites et mises à mort. — Quatre traits dans le Psaume peignent cette lamentable situation et les dangers que les âmes saintes coiirent au milieu du monde.] — Babylone est bâtie le long des fleuves. Malheur aux âmes qui s'arrêtent aux choses terrestres, choses incertaines, fugitives, caduques. — « Le long des fleuves de Babylone » on devient muet et silencieux. Profond et touchant symbole de la lyre. Tout vibre, tout résonne, tout chante dans la vie chrétienne. Gagnée par le monde, l'âme devient glacée, insensible, elle ne peut plus chanter les cantiques de Sion. — Troisième trait. Le perlide langage, les questions corruptrices de Babylone. Mal désastreux de l'heure présente : l'indiscrétion sacrilège, l'audace inouïe avec lesquelles les plus ignorants et les moins dignes traitent dans les réunions du monde des plus délicates et des plus profondes questions religieuses. Un mot sur le journahsme impie. Désastres causés parmi les âmes saintes. — Enfin le monde se donne comme le grand et terrible destructeur des âmes. C'est son ambition, c'est sa formidable puissance. Son cri de guerre marqué nettement dans le Psaume GXXXVI 117
î,e même Psaume GXXXVI, qui signale les désastreuses influences du monde sur les âmes saintes, marque aussi les ressources et les prés'^rvalifs tout-puissants qui restent aux enfants de Dieu. — Le premier est qu'au milieu du inonde, les âmes saintes sont campées et réunies à l'écart. Babylone ne les relient pas dans sa maudite enceinte. — Deuxièmement, les entants de Diea pleurent. Flevimus. Perdue sans ressource quand la prospérité avec ses dissipations et ses plaisirs l'emportent et la jettent hors d'ellemême, l'âme retrouve l'espérance du salut, quand des tristesses bénies et des désolations providentielles l'arrachent à ses illusions et relèvent vers Dieu. — Troisièmement, l'âme détrompée du monde porte vers les biens invisibles les douceurs divines, les charmes de la piété des aspirations véhémentes. — Quatrièmement enfin, cette âme, devenue généreuse, brise « contre la pierre, » les maudits enfants du péché , 123
Les Proscrits.
Dessein mystérieux de la Providence qui des enfants de Dieu fait des proscrits. Les Psaumes, avant l'Évangile et avant saint Paul, nous rendent compte de celte formidable volonté de Dieu sur ses enfants. — Multiples perversités, fureurs insatiables du monde contre les enfants de Dieu. — Quel est ici le plan divin ? 134
I. — Dieu, par cette vie de condamnés et de proscrits qu'il fait mener à ses fils, accomplit excellemment trois différentes œuvres. Dieu répare; Dieu guérit ; Dieu couronne.
Dieu répare. Depuis la prévarication de l'homme, la colère divine ne cesse de planer sur le monde. Qui sont ceux qui échapperont aux coups éternels de celte colère ? Ceux qui seront marqués du signe. Quel signe ? La persécution du monde. Doctrine formelle des Psaumes. — Comment dans la persécution du monde se trouvent admirablement renfermés tous les éléments de réparation.
Dieu guérit. Dans son état de déchéance l'humanité est blessée et meurtrie. Conduite mystérieuse de Dieu sur ces « blessés » signalée par les Psaumes. C'est dans la persécution du monde que Dieu nous prépare nos plus vivifiants remèdes.
Dieu éprouve et couronne. Dieu ne veut pas dans ses fils
de parosse cL d'inertie ; il rêve pour eux les splendeurs de la victoire et les ivresses du repos : il leur ménage donc, dans l'inimitié du monde, de glorieux champs de bataille et de triomphe 134
II. — Nous connaissons le dessein de Dieu dans l'apparent abandon de ses enfants au milieu des fureurs du monde : il ne nous reste plus qu'à contempler ces fureurs ellesmêmes, afin d'embrasser dans son ensemble la lutte terrible subie dans le monde par la sainte famille de Dieu.
Le premier trait qui signale la persécution du monde contre les enfants de Dieu, c'est le mépris. La persécution du monde est avant tout la persécution du mépris. Fait monstrueux ! Les catholiques, possesseurs d'inépuisables trésors de sagesse et de science, passent dans le monde pour des esprits faibles et impuissants. — La religion, gloire des siècles, honneur des nations jusqu'aux plus barbares, est chez nous voilée de mépris et couverte de déshonneur.— Tout ennemi du christianisme sera réputé grand écrivain et penseur profond ; nos plus vastes intelligences chrétiennes n'obtiendront pas même l'honneur d'un souvenir.
— Danger terrible pour beaucoup d'àmes de la persécution du mépris 140
La persécution du monde est en second lieu la persécution de Y envie. — Par une contradiction étrange, le même monde qui ne juge l'Église catholique digne que de son dédain, la poursuit, elle et ses œuvres, des fureursde sa jalousie. — Tous les gouvernements ont jalousé l'Église.
— A l'heure présente, l'envie joue un rôle tout à fait prépondérant dans les attaques dont l'Église est victime, dans les entreprises et les projets de la Révolution. La Révolution ne pardonne pas à l'Église catholique ses institutions partout florissantes, ses conquêtes partout victorieuses, ses oeuvres partout appréciées 154
La persécution du monde est, en troisième lieu, une persécution violente : le monde a la fureur de la destruction.
— La Révolution veut tuer l'Église. Pour réussir dans cette œuvre de destruction, elle couvre ses projets homicides sous un mensonge et une hypocrisie: elle prêche pour isoler l'Église et la priver de soutiens et de ressources, la séparation de l'Église et de l'État. — Étude de ce mensonge devenu fameux. Combien cette formule cache de renversements et de désastres. Combien elle a, même
dans les clnssos honnêtes et croyantes, séduit d'esprits et fait clianceler de courages.
Violente dans son but suprême de destruction, la persécution du monde est une persécution toujours astucieuse. — La marche de la Révolution obéit à deux grandes lois : la loi du secret ; la loi du mensonge. — C'est dans le secret des loges maçonniques que se préparent toutes nos commotions sociales et religieuses. — C'est à l'aide de continuels mensonges que la Révolution abuse les gouvernements et les peuples, pour les faire périr ensuite sous les ruines de la religion renversée IG3
La persécution révolutionnaire devient enfin fatalement une persécution sanglante. — Les Psaumes nous tracent la marche de cette persécution, commencée par le mensonge, terminée dans le sang 168
Les Vainqueurs.
Écrasés sous la puissance du monde, les enfants de Dieu n'en sont pas moins d'éternels vainqueurs.
Deux triomphes des enfants de Dieu. — Ils remportent le premier dans la lutte. — Dieu vient ensuite qui leur donne le second en écrasant, à l'heure marquée, leurs tout-puissants ennemis 170
l. — Au milieu même de la lutte, où ils semblent écrasés et vaincus, les enfants de Dieu sont vainqueurs. — Double victoire remportée, au milieu même de la lutte, par les enfants de Dieu : la première qu'ils remportent pour euxmêmes : la seconde dont ils font bénéficier leurs propres oppresseurs et leurs propres tyrans 171
1. Le combat que Dieu force ses enfants à engager la victoire dont il les oblige à conquérir les palmes, regarde à la fois le mal à fuir, le bien à pratiquer. C'est la double lutte oîi nous voyons les enfants de Dieu vainqueurs.
Première phase de la lutte : résibfer au mal. Partout dans le monde, le vice est en honneur, l'iniquité est triomphante, le mal règne en maître, le pécheur est en bénédiction. — Devant cette séduction immense, le juste restera inébranlable. Il triomphera dans trois assauts terri-
bles que cette séduction du mal dirige contre lui. — Secret de cette indomptable énergie de l'enfant do Dieu. Belle doctrine des Psaumes sur la haine du mal, sauvegarde suprême de l'âme juste. — Le grand mal de ce
siècle est de ne savoir plus haïr 172
Seconde phase de la lutte : pratiquer le bien. — La perversité du monde et ses fureurs iniques, rendent l'enfant de Dieu triomphant de son propre cœur : Il étouffe en lui la plus violente des passions, celle de la colère et de la vengeance. — La perversité du monde procure aux enfants de Dieu les magnifiques triomphes du zèle. Merveilleux travail de zèle et d'apostolat dans l'Église catholique. Comment dans l'Église catholique tout est organisé en vue de l'apostolat. — La perversité du monde rend l'enfant de Dieu plus aisément vainqueur de l'orgueil. Exemple de saint Paul : doctrine correspondante des Psaumes. — La perversité du monde assure à l'enfant de Dieu les victoires de la vigilance et de la prudence. — La perversité du monde rend l'enfant de Dieu invincible dans la vertu de crainte. La présomption, cause universelle de la chute des créatures. Lucifer et Adam. Tableau dans les Psaumes de l'âme que la lutte a rendue humble, défiante, craintive. — Enfln la continuité de nos luttes contre toutes les perversités du monde nous vaut la force, l'adresse, la science du combat 179
2. A ce premier triomphe que les enfants de Dieu remportent pour eux-mêmes, s'en joint un second qu'ils font tourner au salut de leurs propres ennemis. — Du spectacle de la lutte que subit l'Église, de sa sainte résistance et de sa prodigieuse force de vitalité, des vertus qu'elle déploie, des victoires qu'elle remporte, jaillit une première influence sur les pécheurs. — Du spectacle des vertus chrétiennes qu'ils ont forcément et toujours sous les yeux en jaillit une seconde. Gomment le surnaturel tout entier s'incarne et se fait visible dans les vertus d'une jeune fille, d'une épouse, d'une mère. — Description de la conversion d'une âme 190
n. — Les précédentes victoires sont remportées au milieu même de la lutte par les enfants de Dieu : bientôt Dieu met fin à la lutte elle-même, en intervenant directement et en écrasant ses ennemis. — Beaux passages des Psaumes où sont décrits ces solennels triomphes de Dieu sur
les méchants. — Comment ces triomphes sont infaillibles. Ils sont liés à toutes les perfections divines ; ils sont exigés de la gloire, de la sagesse, de la bonté, de la puissance de Dieu. — De quelles différentes manières Dieu remporte ces triomphes sur les impies oppresseurs de ses enfants 197