LES ENFANTS DE DIEU AU MILIEU DU MONDE
Je suis le plus jeune et le plus ivéprisé
Qui parle hinsi dans les Psaumes ? Le juste, l'enfant de Dieu. Et cette parole qu'il prononce et par laquelle il peint sa situation au milieu du monde, nous place devant un des desseins les plus mystérieux de la divine providence. Qui ne croirait que Dieu, voulant placer ses élus au milieu du monde, les mêler à la foule, les faire vivre de la vie de tous, les constitue au moins les dominateurs et les maîtres de ce monde dont ils font la gloire, la force et le salut? Qui ne croirait que le juste a l'empire, et que, fils de Dieu, il jouit des honneurs de sa divine naissance, et exerce dans le milieu ingrat où il se trouve placé les droits et les pouvoirs paternels? Pourtant il n'en est rien. Le juste a moins sa place que les autres, il respire moins librement l'air commun, il est plus méprisé, plus opprimé, plus foulé, il est, dit-il, le plus jeune et le plus méprisé. Et Dieu le veut ainsi. Il le veut d'une volonté si persévérante, si inébranlable,
» Psal. GXVlil,
ÔO LES KNFANTS DE DIEU
que les efforts de l'homme et la durée des âges n'y ont rien changé. Ce que Dieu montrait en image, il y a de longs siècles, dans l'étroite enceinte de la demeure du Père des croyants, du patriarche Abraham, est vrai toujours. Ce qu'était Isaac devant Ismaël, l'enfant des promesses devant le fils du désert, le parti catholique, toujours le plus jeune, le mineur^ le plus faible, le plus désarmé, le plus dénué d'influence et de pouvoir, continue à l'être en face du monde, devant des frères oppresseurs et qui se font tyrans.
Nous aurons trop souvent occasion, dans le cours de cette étude, de dévoiler le plan divin poursuivi dans cette situation étrange, pour que nous nous arrêtions à des explications prématurées. Tout d'abord esquissons l'état des âmes justes au milieu du monde : nous verrons après le bien que les enfants de Dieu retirent de leur mélange avec les pécheurs, et le triomphe que la puissance divine en obtient. Quant aux justes au milieu du monde, ils sont tout ensemble des exilés, des proscrits, des vainqueurs.