X. II. î
gouvernements, que les pouvoirs, que les forces vives de l'État, comprissent que tuer rÊglise et chasser Dieu, c'est tuer la conscience et exiler d'une société désormais maudite et vouée à la ruine, tout ce qui fait son honneur et sa vitalité. Puis, sur cette donnée si simple et si sùrc, il faut que tous déclarent aux passions brutales de la foule une guerre sérieuse et intrépide, et vouent à la
religion l'appui le plus loyal et le plus actif Point.
Aux jours des plus furieuses tempêtes. Dieu, qui veut agir seul, enlève à l'Église ce secours sur lequel elle devait le plus compter. Lisez le Psaume, et, détachant un instant votre regard de la page sainte, reportez-le sur le monde, contemplez l'ensemble des hommes d'État, des princes, des gouvernements. Ils se troublent, ils chancellent ^ils sont comme T homme ivre, toute leur science est dévorée '. Oh! le merveilleux tableau! Voyez-les ces habiles: voyez comme ils se troublent; dans I3 calme, ils faisaient figure et pouvaient déroberau vulgaire lear honnête médiocrité. Mais quand s'est levé l'esprit de la tempête 2, quand Dieu a laissé les passions se ruer contre la religion et l'Église, et que la tempête est devenue furieuse, menaçant d'engloutir non-seulement la société religieuse, mais, après elle, la société civile, l'ordre social tout entier, alors ils se sont troubles •^; il eut fallu un coup d'œil sûr et une main ferme : ils se sont troubles. Puis, comme l'ajoute le texte: il:; ont chancelé; le bruit des Ilots, les hurlements de la foule, les menaces de la rue, les trouvent hésitants et chancelants, Pilate sait lo Christ innocent ; mais, pour satisfaire une plèbe en délire, il le laisse bafouer et couvrir d'indicibles iionlcs, puis, même, il le fait passer par le sanglant outrage du
' Psal. GVI. — a Psal. CVI. — 3 Psal. GVI.
DIEU '2 l 'J
fouet ! Voilà en quoi toute leur science a été dévorée ' : hommes imbéciles qui n'ont pas va que, renversant le fondement, l'édifice croulerait, et que, laissant la barque devenir la proie des flots, eux-mêmes, qu'elle porte encore et qu'elle porte seule, périraient dans son naufrage, et mourraient de sa mort. Mais non, telle n'est pas l'issue divine de ces drames : eux périssent tous, l'Église seule est sauvée. Instrument de Dieu, ils ont amoncelé les flots et soufflé la tempête. Que l'Église périsse, peu leur importe! Quid ad nos? tu vider is'^. Or Dieu s'est ri de ces sages c/u haut des deux. La tempête les a trouvés sans défense dans leur sécurité niaise, et, au moment où les flots respectaient l'Église, ces mêmes Ilots les ont submergés. C'est une histoire vieille de dixhuit siècles : l'heure présente écrit la même page que chaque siècle a écrite en passant.
Et le Seigneur fit tourner la tempête en une brise douce et légère, et les flots se turent, et les nautoniers voyant qu'ils se taisaient furent dans la joie. Et Dieu les conduisit au port qu'ils désiraient atteindre. Qu'ils publient ces miséricordes à la louange du Seigneur ! Qu'ils raconteni ces merveilles pai'mi les enfants des hommes : qu'ils exaltent leur Dieu dans l'Assemblée du peuple, que ses louanges retentissent dans la chaire où siègent les vieillards 3 /
Béni soit Dieu dans chacun de nos jours! Celui gui nous ouvrira un chemin prospère, c'est le Dieu de toutes nos dcliorances, notre Dieu, le Dieu dont le propre est de sauver, le Seigneur Dieu qui ramène des portes de la mort •>.
1 Psal. GVI. — 2 MuUh. x.vvm. — ■> Poal. CVI. - ipsal. CVI. — ttUuai'ia illu restât, ia qua o:uucà iici'iclitaïuur Ouiuw euim
in navi sumus. Alii operantur, alii portanlur : simul tamen ornaes et in tempestale pcriclitantur, et in porta salvanlur. Post liBDC enim omuia sequilur : a qui descendunt mare iu navibus, facienles operationîm in aquis multis. » Id est, in populis multis. Aquas enim saepe pro populis poni testis est Apocalypsis Joannis, ubi interrogans Joannes quid illœ aqua? essent : rcsponsum est ei : « populi sunt. » Qui ergo faciuut operaliouem in aquis multis « ipsi viderunt opéra Domini. et mirabilia ejus in profundo. » 'Quid enim profundius cordibus humanis ? Inde plerumque venti erumpunt, tempestates seditionura et dissensionum navem perturbant. Et quid agitur in his ? Volens Dcus uL ad eum clamarenl et hi qui gubernant, et hi qui portanlur : « Dixit et stetit spiritus procellœ. » Quid est, stelit ? Permansit, perduravit. Adhuc turbat, diu jactat, saevit, et non transit. « Dixit enim, et stetit spiritus procellae » Et quid est iste spiritus procellœ ? Et exaltati sunt Cuctus ejus. « Ascendunt usque ad cœlos. » Audendo. Descendunt usque in abyssos. Timendo. Ascendunt usque in cœlos, descendunt usque in abyssos : « foris pugnœ, intus timorés. » « Anima eorum in malis tabescebat. » Turbati sunt, et moti sunt sicut ebrius. Qui sedent m gubernacula, et qui lideiiler navim amant, scntiuut quod dico : «Turbati sunt, et moti sunt sicut ebrius. » Certequandoloquuntur, quando legunt, quando Iraclant, sapicntes apparent. Heu prohdolor! A tempestate « omnis.inquit, sapicntia eorum absorpta est. » Aliquando deiiciunt omnia humana concilia. Quacumqu.e se quisque converterit, tluctus fremunt, tempestas sœvit, brachia deiiciunt. Quo prora impingatur, oui fluclui latus nudctur, quo navis impulsa dimiltatur, a quibus saxis, ne pereat, refrajuctur, omnino a rcctoribus non vidctur. Et quid restât, nisi quod sequitur ? « Et clamaverunt ad Dominum cum iribularentur et de necessilatibus eorum eduxit cos. j « Et impcravit procollaî, et stelit in auram. » Non stelit in tempestatem. sed in auram. Et siluerunt fluctus ejus. Audite d>3 hac revocem cujusdam gubernatoris poriclitati hurailiati, libcrali. « Nolo, inquit, vos ignorare fratres, do pressura noslra qua) fada c^t in Asia. quia supra vires gravali sumus et supra mo-
dum. » Video oranem sapientiara cjus absorptam, ita ut tfriiprct nos, inquit, etiam vivere. Et quid ille ? Ita déficientes desereret? Aut non proplerea illi defecerunt, ut ille apud eos gloriam reperiret ? Denique quid sequitur ? Sed ipsi in nobismetipsis responsum mortis habuimus, ut non fidentes in nobis simus, sed in Dco, qui suscitât mortuos. Et imperavit procellse, et stetit in auram. Jam illi de se apud se responsum mortis habuerant, quorum omnis sapientia absorpta erat. Et siluerunt fluctus ejus. «Etjucundati sunt quia siluerunt. et deduxit eos inportum voiLintatis eorum. Conliteantur Domino miserationes ejus. Ubiquo omnino ubique confiteantur Domino, non mérita nostra, sed miserationes ejus. Ille ametur in omni nostra liberatione, qui est invocatus in omni nostra tribulatione. » (S. Augus. Expos. 2)1 Psalm. CVl.)
Parler du Verbe Fils de Dieu, devenu pour nous « le Christ, Fils du Dieu vivant, » «^'est désormais rappeler dans un seul mot toute notre histoire, résumer toutes nos destinées, embrasser toutes nos infortunes et prophétiser toutes nos gloires : //i ip.so omnia constant*. Que Dieu ait « tant aimé le monde, qu'il lui ait envoyé son Fils unique, » que le Fils soit descendu du ciel, qu'il « ait conversé au milieu des hommes, » qu'on ait « vu sa gloire, la gloire même du Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité : » voilà bien assurément l'événement par excellence, auquel, d'une extrémité à l'autre des temps, tout doit aboutir. Et si le fait de la venue au milieu de nous du Fils du Dieu est par lui-même si vaste, si immense, si divin, la cause, les circonstances, les résultats de cette venue atteignent aux mêmes proportions et reflètent les mêmes splendeurs. Quel chant que ce chant de l'univers catholique ! « Pour nous, hommes, et pour notre salut, il est descendu des cieux, et il s'est incarné par l'opération du Saint-Esprit, du sein de la Vierge Marie, ET IL S'EST FAIT HOMME. Et, crucifié aussi pour nous sous Poncc-Pilate, il a souffert et il a
» Galat.
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été enseveli. Et il est ressuscité le troisième jour, sntvant les Ecritures, il est monté au ciel. » Encore un coup, quel chant ! quel fait ! quelle histoire ! ou plutôt quel monde do divines et incorapréhcnsihlos merveilles! Une humanité qui pèche, se souille, se brise dans la plus effroyable chute, pousse du fond d'un abîme désesl'éré des plaintes déchirantes. Et, du fond de cet abfme, le Fils de Dieu, écoutant cette voix d'une créature blessée et mourante, recueillant ses cris d'angoisses, s'émouvant de pitié sur son infortune, et prenant à la stupéfaction du ciel tout entier, la résolution de descendre jusqu'à elle pour la guérir ! Deux mots, deux cris renferment toute l'histoire humaine : l'un de détresse, poussé vers Dieu par une humanité coupable et souffrante ; l'autre d'amour, poussé du haut du ciel par le Fils de Dieu vers les hommes qu'il nomme ses frères et qu'il vient sauver.
Ces deux paroles qui remplissent le temps et l'éternité, le Psalmiste nous les fait largement entendre. Dans une vaste scène, dans un drame sublime, il nous déroule en son entier cette merveilleuse histoire. Devenons attentifs : « Ouvrons, comme parle l'Apôtre, les yeux du cœur, >> afin de pouvoir comprendre ces ineffables œuvres de la miséricorde et de la puissance de Dieu.
La racs humaine a péché et « elle gît dans un sépulcre comme ces morts dont on n'a plus même le sou* venir. » Qui la sauvera? Le peut-elle être? I^a malédiction qui la couvre lui sera-t-elle enlevée? Ou bien, ])uis- (jue aucune créature ne peut entreprendre une (i3uvre aussi disproportionnée tt aussi impossible, est-elle condamnée sans rémission ni espérance à périr? Question terrible ! effroyable problème ! A vrai dire, la terre n'a
jamais plus fait, depuis sa chute, que poser cette question et agiter ce problème. De la nature inférieure partent des voix, inconscientes sans doute, mais pourtant aussi pleines de vérité que d'énergie, voix dont le grand Apôtre nous laisse entendre les échos prolongés. « Toute la création pousse des gémissements, et est dans j'attente '. » L'histoire delà gentilité entière n'est que riiistoire d'une longue douleur et d'une mystérieuse espérance. Dans le peuple élu, où toutes les lumières sont vives et toutes les vérités précisées, des plaintes amères s'échappent sans interruption de toutes les ùmes, depuis l'Éden jusqu'à la crèche, du « premier Adam» qui précipite tout dans la ruine, jusqu'au « second Adam » qui vient tout sauver. Écoutons donc l'universelle et déchirante voix du monde coupable, condamné à périr et qui réclame un sauveur. Au jour de ma tribulation fai cherché le Seigneur, Durant la nuit mes mains sont étendues : mon dme ne connaît plus le repos ; mon dme refuse la consolation : au souvenir de Dieu elle se trouble 2. Je m'entretenais audedans de moi, et mon dme était défaillante, j'étais exténué d'angoisse. Mes yeux s'ouvrent dans mes incessantes veilles, Vanxiétè me saisit, je demeure dans le silence. J'ai repassé dans ma mémoire les jours anciens, j'ai songé
1 Rom. viii. — « Sentiment profond de là nature humaine; Depuis sa prévarication, l'idée de Dieu trouble l'homme» l'homme a peur de Dieu. Dès le premier moment de sa chute Adam cherche, pour s'y cacher de Dieu, l'épaisseur du feuillage. L'humanité entière n'a plus cessé d'obéir au même sentiment de mystérieuse terreur. La rédemption pouvait seule nous mettre sur les lèvres ces ineffables paroles : « Notre Père, qui êtes aux deux... M
aux années éternelles, je méditais durant toute, ma nuit, je songeais dans mon angoisse, je me posais ces quesiions: Est-ce donc pour jamais que nous a rejetas le Seigneur? Ne viendra-t-il jamais un jour oh sa colère s'apaisera? Ou bien est-ce sans fin que sa miséricorde s'est éloignée, éternellement de gcnéralion en génération? Dieu a-t-il oublié sa bonté? Dans sa colère a-t-il tari la source de ses miséricordes ?
Ainsi l'humanité médite, cherche un sauveur, mais, hélas ! ne le trouve pas. Où est-il? où est-il ? L'homme peut-il se racheter lui-môme? L'ange, plus parfait que l'homme et demeuré innocent, au défaut de l'homme, le peut-il ? Non, un vague pressentiment, ou plutôt une persuasion invincible, dit à l'homme que son Sauveur ne peut être qu'un Dieu.
Et j'ai dit : ma blessure ne peut être guérie que par la main du Tout-Puissant K — Le frère ne peut racheter son frère, ni payer à Dieu le prix de sa rançon. Le rachat de son âme est d'un prix trop élevé; il sera dans le malheur toujours. Toujours la terre restera impuissante à apaiser le ciel justement irrité: toujours l'homme sera incapable de se racheter de son crime, de briser ses fers, de chasser le tyran qui l'opprime et auquel il s'çst vendu. La parole du Psalmisto demeurera l'éternelle expression de cette vérité formidable.
Etj'aidit : mablessurenepeut Hreguérieque par la maindu Très-Haut. L'humanité peut gémir; ellepeutse plaindre sous l'étreinte de son séculaire martyre : elle ne se
' Nous suivons pour ce texte comme pour plusieurs autres la version sur l'hébreu, qui donne un sens souvent meilleur, plus clair, plus proJgnd, plus riche.
peut et ne se pourra jamais racheter. Ses voix sont des voix souillées, ses victimes d'expiation des victimes impuissantes, son intervention une intervention rejetéo et maudite parce qu'il est écrit : que sa prière même lui devienne un péché! Non, ma blessure a de telles profondeurs et de telles corruptions, qu'elle défie tous les remèdes de la terre : Elle ne peut être guérie que par la main du Très-Haut '.
Or une voix suave et profonde répondit à la voix de la terre en détresse : J'IRAI ET JE LA GUÉRIRAI. C'est la voix du Verbe Fils de Dieu. Il aime cette créature humaine qu'il avait faite si belle; il s'émeut do pitié pour son infortune, il viendra, il descendra, il s'anéantira, il se fera « péché, » il se fera « malédiction, » il s'identifiera avec la nature humaine, il la prendra <' dans la similitude de sa chute, » il en fera une victime de rédemption, un holocauste « de suave cdeur.^> Par son immolation il rachètera le monde, en rendant à son Père infiniment pius d'honneurs que n'a pu lui en ravir le péché. Après qu' « il aura pris la forme de l'esclave, » et se « sera anéanti, » « à cause de cela, Dieu lui donnera un nom qui est au-dessus de tout nom ; » Dieu en fera « Je dominateur des siècles, » « le chef de l'Église, » « le juge des vivants et des morts. »
Tel est le résumé de tous les mystères du Christ. Le Christ est Dieu ; il est homme ; il s'est offert en oblation et en victime ; il a sauvé le monde ; il a exalté Dieu infiniment ; il a reçu lui-même des honneurs infinis, des pouvoirs sans limite, une domination qui embrasse tout, « sauf le Dieu qui lui a soumis toutes choses, »
1 Psal. LXVIU.
23j le fils DR DIEU
un cmpiro qui traversera tous les tcrhps et remplira l'éternité.
Le sacrifice et l'oblation, vous n'en avez pas voulu, mais vous m'avez formé un corps ; l'holocauste et Vhostie pour le péché, vous n'en avez que faire.
Alors j'ai dit : ME VOICH.
« Et il est descendu du ciel, et il s'est incarné. » Abaissement prodigieux ! anéantissement incompréhensil)le ! Se faire homme, était déjà pour un Dieu une démarche étonnamment au-dessous de sa majesté, puisque c'était revêtir « les livrées du serviteur et do l'esclave. » Mais le Verbe descend encore bien plus bas, il descend jusqu'au dernier degré possible de l'anéantissement et de l'humiliation, descendit in inferiores partes, puisque c'est notre nature déchue dont « il adopte la ressemblance, » notre péché dont il prend la dette, nos malédictions dont il supporte l'épouvantable fardeau. C'est dans une vie d'expiation qu'il entre, c'est 'lin chemin de brisement, de malheur, qu'il poursuit, r^tudier l'incarnation, en même temps que c'est étudier d'incomparables gloires, c'est aussi pénétrer en d'inénarrables douleurs. Le même Psaume où se trouve écrit le grand mot de la Rédemption du monde : Alors fni dit : me voici, — renferme le terrible exposé des expiations de « l'Homme de douleur, » Des maux sans nombre m'ont environné, mes iniquités m'accablent, je n'en puis soutenir la vue, mes péchés surpassent k nombre des cheveux de ma tête, ma force m'abandonne. Tel est le Christ expiateur. Mais bientôt l'aspect change, la lumière perce la nuit, le triomphe succède à la défaite. L'Apôtre nous disait plus haut : « A cause de
» Psnl. XXXIX.
cela, » à cause des humiliations et des .çouiïranccs, « Dieu l'a exalté ' : » les mêmes Psaumes qui nous montrent le Verbe incarné, brisé sous le fardeau do l'expiation, nous le montrent aussi ressuscité, glorieux, plein de force, plein de vie, fondateur d'un immense et éternel empire, roi du mcnde, dominateur magnifique, maître invincible de la terre et des cieux. 0 mon Dieu, vous l'avez couronné de gloire et d'honneur, et vous (ui avez donné Vempire sur toutes les œuvres de vos mains -. — J'ai mis ma force dans le Puissant, j'ai exalté mon Élit du milieu de la multitude. Ses ennemis ne pourront rien contre lui, les fils de Viniquité ne sauront lui nuire. Je briserai ses adversaires sous ses yeux Je mettrai en fuite ceux qui le haïssent, et ma vérité et ma miséricorde seront en lui. J^ exalterai sa gloire en mon nom; f étendrai sa puissance sur les mers ; il posera sa main sur les fieuves. Il me dira : tu es mon Père, mon Dieu, le fondement de mon salut; et moi je ferai de ce Premier-Né le plus puissant des rois de la terre. Je prolongerai sa race à jamais, et son trône comme les jours des deux ^.
Trois affirmations ressortent de ces textes. Le Verbe incarné nous y apparaît dans sa double nature, couronné d'une double splendeur, ceint de l'auréole d'une gloire à la fois divine et humaine, prévenu des plus riches bénédictions du Très-Haut, rempli des dons les plus éminents, doté des plus divines excellences. Le *erbe incarné n'atteint à ces splendeurs qu'en parcourant la sanglante carrière de l'expiation. Le Verbe mcarné est constitué par Dieu le plus puissant des rois de la terre, il est « roi, » il fonde un empire, il y est
' Philipp. — s Psal. YIIl. - 3 Psal. LXXXVIII.
dominateur, il y est conquérant, il y règne sur tous les peuples du monde. Ainsi : — Gloires et excellences du Verbe incarné; abaissements du Verbe incarné; royauté du Verbe incarné : tel est, dans les Psaumes, « le Christ, Fils du Dieu vivatit. »