LIVRE II
Tu opéras une œuvre dans leurs temps, dans les temps antiques.
De ta main tu chassas toi-même des nations pour les établir, tu exterminas des peuples pour les étendre.
Car ce n’est pas avec leur glaive qu’ils ont conquis le pays, et ce n’est pas leur bras qui leur donna la victoire; Mais ce fut ta droite et ton bras, et la lumière de ta face, car tu leur fus favorable.
C’est toi, mon Roi, mon Dieu, qui dirigeais les triomphes de Jacob 1 .
Avec toi nous renversions nos ennemis,
en ton nom nous foulions aux pieds nos oppresseurs.
Car ce n’est pas en mon arc que je me confiais, et mon glaive ne pouvait me donner la victoire;
Mais tu nous fis triompher de nos oppresseurs, et tu couvris nos haïsseurs de honte.
Nous louâmes Dieu tout le jour,
et nous voulions célébrer à jamais ton nom! — Sèlàh.
Et puis, tu nous as rejetés et livrés à l’ignominie, et tu ne sors plus avec nos armées.
Tu nous fais reculer devant l’oppresseur,
1 TM. .C’est toi qui es mon roi, ô Dieu!
dirige les triomphes de Jacob.
et nos haïsseurs se sont appropriés nos dépouilles.
Tu nous rends pareils au mouton que l’on mange, et parmi les nations tu nous as dispersés.
Tu vends ton peuple pour rien, et tu ne t’es pas enrichi de leur prix.
Tu fais de nous l’opprobre de nos voisins, le mépris et la risée de nos entours,
Tu nous fais passer en proverbe parmi les nations, et devenir l’objet des hochements de tête parmi les peuples.
J’ai mon ignominie toujours devant les yeux, et la honte me couvre le visage,
A la voix de l’insulteur et du diffamateur, à la vue de l’infidèle et de l’impie.
Tout cela nous est arrivé, et nous ne t’avions pas oublié, et nous n’avions pas violé ton alliance.
Notre cœur ne s’était point retiré en arrière, et nos pas n’avaient point dévié de ton sentier,
Que tu nous aies écrasés dans le séjour des chakals* et que tu nous couvres de ténèbres *.
Si nous avions oublié le nom de notre Dieu
1 C’est probablement une allusion à quelque défaite que l’armée juive avait essuyée dans une contrée si désolée qu’elle pouvait être appelée le séjour des chakals.
* VM. et que tu nous couvres de l’ombre de la mort.