‹ Les Pseudarthroses du Col du FémurChapitre 11 sur 77 · CAUSES DE LA PSEUDARTHROSE · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA PSEUDARTHROSE

[. — Causes dues à l’état général du sujet I. — L'âge

Il joue un rôle. La technique adoptée par l’école du Pr Dezger en fait foi. En effet, M. Leveur (du traitement des fractures du col du fémur par la méthode du Pr Pierre Delbet, 1927, p. 89) conclut de la façon suivante :

« Par le vissage métallique avant cinquante ans, la « consolidation par cal osseux est obtenue dans tous les « Cas.

« Après soixante ans l'opération est grevée d'échecs « dans plus de la moitié des cas ».

C'est dire qu'avant 50 ans il ne s’agit pas d’apport de greffes dans une fracture qui ne consolide pas sans elle, mais d’une simple coaptation plus ou moins exacte des fragments grâce à un rapprochement par une vis métallique.

Nous verrons en étudiant l’anatomie de la région suivant les âges différents des sujets, quelle explication par la simple irrigation des fragments on peut en trou-

te

ver (celle-ci jouant pour le fragment interne). L’ostéoporose du fragment externe en même temps qu'elle entre en ligne de compte dans la non-consolidation, a pu être à la base de la fracture.

Cependant, bien souvent chez les adultes, avant cinquante ans, la pseudarthrose apparaîtra même si la fracture a été correctement traitée :

dans toutes les statistiques que nous avons compulsées, la fréquence de la pseudarthrose de l'adulte est encore assez grande en dépit d’une bonne coaptation . des fragments lors de la fracture récente ;

dans la statistique très détaillée publiée par War- DENSTRÔM : sur 59 malades, 17 malades ont moins de soixante ans. Dans la nôtre, sur 23 malades, 11 ont moins de cinquante ans. Parmi ces derniers, une de nos malades âgée de 42 ans (Obs. n° XX), traitée immédiatement après la fracture par la méthode de Whitman présentait à ce moment une réduction parfaite constatée à la radiographie. Elle semblait, après traitement, défi: nitivement guérie. Elle fit ultérieurement une pseudarthrose et qui plus est, pseudarthrose qui ne céda pas à l’enchevillement par greffe, l’'impotence de la malade demeurant définitive. On peut donc voir des pseudarthroses à tout âge.

Chez l'enfant, elle est rare. ImBerT, dans son rapport au Congrès de Chirurgie de 1924, cite le cas d’un enfant de 12 ans atteint de fracture transcervicale ancienne avec raccourcissement de 6 centimètres et où la consolidation bien que vicieuse, était parfaitement solide,

SANGIORGI, HALDENWANG, LORENZ, KOTZENBERG, VEr- CELLI, \VHITMAN ont signalé des cas de pseudarthrose chez l'enfant.

Nogre en rapporte quatre cas sur 32 fractures.

BorcHARD signale une pseudarthrose de quatre mois chez un enfant de quinze ans, ALsee chez un enfant de treize ans. Nous publions plus loin l'observation d’une malade de dix-huit ans (Obs. n° Ï).

La pseudarthrose de l’enfant est donc exceptionnelle. Il faut savoir que c’est chez eux qu’on pourra avoir l’occasion de rencontrer après des fractures du col du fémur des impotences fonctionnelles partielles qu’on pourrait appeler des « pseudo-pseudarthroses ». Cellesci sont dues soit à la coxa-vara, soit à une résorption partielle de la tête avec arthrite déformante du type LeGc-PertTaes-CaLvé, soit au développement d’un rachitisme tardif localisé au point fracturé.

Il nous reste une question à étudier dans ce paragraphe, c’est la fréquence des fractures vraies du col chez le vieillard. Pour M. Dezger, la fracture du vieillard après 75 ans est la fracture cervico-trochantérienne. Cette fracture n’aboutissant qu’exceptionnellement à la pseudarthrose, le vieillard de plus de 75 ans devrait en être à l'abri. Or, la fracture cervicale vraie chez eux est plus fréquente qu’on ne le croit.

Dans la statistique de WALDENSTRÔM sur 59 pseudarthroses, 42 malades ont plus de 60 ans dont 25 ont plus de 70 ans.

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