‹ Les Pseudarthroses du Col du FémurChapitre 16 sur 77 · II. — Influence du traitement · texte numérisé non relu

II. — Influence du traitement

de la fracture récente

Si le plus souvent les pseudarthroses que l’on a à traiter à hôpital sont l’aboutissant d’une erreur de diagnostic, d'une absence detraitement ou d’une insuffisance notoire de traitement lors de la fracture, il n’en reste pas moins que dans certains cas une fracture découverte et trailée correctement immédiatement après le traumatisme aboutit cependant à la pseudarthose. Deux méthodes s'affrontent quant au traitement de la fracture récente : la méthode orthopédique et la méthode sanglante. Quels sont les résultats comparatifs de ces méthodes au point de vue qui nous intéresse, c’est à-dire celui de la pseudarthrose ? L'examen des statistiques des différents auteurs est souvent particulièrement difficile. Eneffet, dans les résultats mauvais il n’est souvent pas spécifié s’il s’agit d’impotence par arthrite, cal vicieux ou ankylose, ou par absence de cal. Dans les résultats bons, s'agit-il d'une consolidation osseuse ou d’une pseudarthrose fibreuse serrée ? (ces résultats portant naturellement sur des fractures trans-cervicales ou sous-capitales).

Pour les sous-capitales il semble bien établi que la méthode orthopédique simple aboutira le plus souvent à la pseudarthrose,

Pour les trans-cervicales, nous essaierons de comparer les deux méthodes.

ns 1° Méthode orthopédique :

(Grand plâtre abdomino-crural de R: Withman en abduction-rotation interne).

Les opinions des auteurs diffèrent considérablement.

Pour M. DeLBer, par ce procédé, on obtient 100 de pseudarthroses. Jamais il n’a vu une fracture cervicale vraie consolider.

M: Basser, au musée Dupuytren ne trouva qu’une pièce. correspondant à une consolidation osseuse. Cependant au « Serafimerlasarettet » de Stockholm, Wal- -denstrôm constata quatre fractures transcervicales ayant eu une consolidation osseuse spontanée.

Voyons le résultat des statistiques des différents auteurs,

CAMBELL, en 1924, sur 69 cervicales vraies ne compte que 10 % de pseudarthroses. <

MaRAGLIANO (cité par Imbert) a retrouvé 222 fractures traitées à Gênes de 1900 à r922, le résultat était mauvais dans 95% des cas.

Hawsen de Copenhague 50 % de tn dans les cervicales vraies. :

Norpmax (de Berlin) après réduction parfaite sous anesthésie, contension dans un plâtre de Whitman changé à deux ou trois reprises, n’a que 30 à 20 % de pseudarthroses. | Le : a

LôrBerG (de Malmôe) en 18 ans a traité 270 Cas avec 25 % de pseudarthroses.

LuSsANA, sur 16 trans-cervicales à 4 SR ORTAee

soit 25 %.

Re Le La

Kümmer, sur 25 trans-cervicales à 84 % de pseudarthroses.

WiTHMAN, 11 % de pseudarthrose. Il est vrai que dans les consolidations dites osseuses il est peut être une grande part de pseudarthroses fibreuses serrées à bonne fonction.

H. WazpensrrôM, sur 12 fractures trans-cervicales, 12 consolidations osseuses.

J. WALDENsTRÔM, en 1924, fournit une statistique très étudiée du résultat du traitement orthopédique des fractures récentes du col. Si nous éliminons les fractures basales (cervico-trochantériennes) pour ne retenir que les trans-cervicales, nous voyons que sur {1 malades dont les résultats sont utilisables, 21 consolident et 20 ont une pseudarthrose, soit sensiblement 50 % de pseudarthroses.

M. Duyarier de 1925 à 1928, séduit par le résultat des statistiques américaines eut recours, pour le traitement des fractures cervicales récentes à la méthode de Whitman. Les appareils étaient appliqués sur un plan métallique spécial, dans le service, par R. Ducroquet.

Dix malades dont les âges s’échelonnent de 39 à 72 ans, ont été traités de cette manière :

il y eut quatre bons résultats avec cal osseux constaté radiographiquement ou cliniquement. La méthode Cu ONE fournit donc 6 pseudarthroses soit 60 %.

Sur tes six péeudarthroses deux eurent un cal fi: Preux serré permettant une fonction suffisante.

4 'ont'été traitées ultérieurement par greffe péronière et figurent dans nos observations,

2° Méthode sanglante.

C'est le vissage ou la greffe.

À) Le vissage. |

1° Derger (Basset-Leveuf), sur 50 trans-cervicales récentes, la vis ayant pénétré la tête : 12 pseudarthroses : 24% 3

29 PRAT, sur 12 trans-cervicales a 4 morts. Les 8 restants sont de très bons résultats ;

3° B£RARD et Sanry, sur 13 fractures cervicales n’ont que 4 pseudarthroses, soit 30 % ;

4° Dusarier, en 1924 : 60 % de pseudarthroses.

B) Le greffon peronier.

1° GIRODE : Sur 15 cas, 3 pseudarthroses : 20 % ;

2° NoRDENBOOS : sur 33 Cas, 2 pseudarthroses : 6,66 % ;

3° DuJARIER : Sur 7 Cas :

5 bons résultats, 1 médiocre 1 pseudarthrose (obs. 24).

3° Hey Groves.

Cet auteur employant indifféremment la méthode orthopédique et la méthode sanglante a rapporté récemment ses résultats :

Sur 12 cas traités par la méthode de WuiTHMAN : 9 bons résultats. ie en

Sur 8 cas traités par l’enchevillement : 6 bons résultats. 1x 1}

4° Conclusions.

Les conclusions de ces différentes statistiques sont apparemment difficiles à tirer du fait de leur extrême diversité. En fait, il faut penser avec M. DuyariER que dans des statistiques outre-atlantiques particulièrement brillantes, il faudrait faire la part des pseudarthroses serrées compatibles avec une bonne fonction. En réalité, le traitement sanglant est supérieur dans les fractures récentes.

IIJ. — Influences locales

Nous n'insisterons pas sur la rareté des pseudarthroses en cas de fracture cervico-trochantérienne ; eile consolide régulièrement par un cal osseux.

Sur les 113 observations publiées par MM. Leveur et GiRGDE on relève une seule pseudarthrose cervico-trochantérienne chez une femme de 75 ans. Moruzti en rapporte un cas dans sa thèse. Néanmoins, dans l’immense majorité des cas, la simple immobilisation par traction continue ou appareillage à la Rouvillois suffit à obtenir la guérison.

Il s'agira donc pratiquement, exclusivement de fracture érans-cervicale vraie ou sous-capitale.

Etudier les causes locales de la pseudarthrose c’est étudier deux éléments :

“19 Un élément trophique : Yévolution anatomique de la fracture récente (fonction de son siège et de l’âge du sujet ;

= A1 — 2° Un élément mécanique :

— les déplacements ; — les interpositions interfragmentaires.

1° La pseudarthrose est-elle due à des troubles trophiques ?

A) Siège du trait de fracture.

Nous avons vu que les pseudarthroses étaient l’apanage des fractures trans-cervicales et sous-capitales suivant la classification de Derser. Les anciens auteurs avaient déjà insisté sur la rareté de consolidation des fractures intra-capsulaires. Pour Cooper la pseudarthrose est constante. Nous avons dit ce jugement trop absolu. Like:

Déjà RicHERAND, LiSFRANC, Roux, GERDY, LisTON, BLONDIN, HAMILTON, CHASSAIGNAC,;: KOCHER, SENN, signalent des cas de fractures intra-capsulaires consolidées.

Nous avons vu, d’après la statistique des partisans du traitement orthopédique de la fracture, que bien souvent la consolidation est obtenue. Enfin, dans son important ouvrage sur le traitement des fractures du col du fémur M. Leveur tire les conclusions suivantes basées sur l'étude des résultats éloignés de 90 interventions : « Dans les fractures trans-cervicales récentes le vissage « métallique donne des résultats qui varient suivant « âge des opérés. Avant cinquante ans la consolida- «tion par cal osseux est obtenue dans tous les cas. « Après soixante ans, l’opération est grevée d'échecs

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