V. — Constatations histologiques
‘Les travaux de AxHAUSEN, Bonw, et HESsE ainsi que ceux effectués par MM. Duyarier, et LETULLE dans la thèse de Cuvienx ont éclairé fortement la question de la nécrose de la tête. La nécrose de la tête existe.
L'observation d’Axhausen ayant trait à un enfant de seize ans atteint de fracture cervico-trochantérienne (fracture que l’on sait consolider dans l’immense majorité des cas) amène l’auteur à des conclusions qui paraissent bien contestables, comme le remarque M. Leveur. Il semble qu’il s'agisse là d’une coxa-plana à point de départ traumatique. Ces lésions ne sont bien connues que depuis peu et échappaient à l’époque à l’auteur Allemand.
Des 5 observations de Hesse :
4 necroses très étendues.
Chez une femmé de 80 ans morte 54 jours après l'accident. Nécrose limitée au 1/3 inférieur de la tête. L'intégrité du reste de la tête est probablement due à la conservation d’un pont dedeux centimètres de large qui rattachait les deux fragments par. le revêtement synovial au pôle supérieur. Or on sait que c’est à. ce niveau que se fait la vascularisation principale de la tête...
Chez un homme de 75 ans, 423 jours après l'accident, la tête isolée par un trait sous-capital présente unie nécrose très étendue.
Chez une femme de 73 ans, 61 jours après l'accident, tête isolée par un trait sous-capital : sauf au niveau de la région fovéale, nécrose.
Chez une femme de 80 ans, 42 jours après l'accident, nécrose de la tête, sauf au voisinage immédiat de la fovea capitis et au niveau de la partie inférieure du col qui est engrené avec le fragment proximal.
Une absence de nécrose chez un sujet de 22 ans, la tête ayant été enlevée par Fromme 190 jours après l'accident, pas de nécrose.
Des 9 observations de Bonn :
Aucune nécrose chez une femme de 4r ans.
Chez les autres malades, nécrose complète ou partielle, leur âge étant de 28 à 30 ans, 2 de plus de 50 ans, 2 de plus de 60 ans, un de 73 ans.
Les 4 observations de Cuviany ont le grand intérêt de concerner quatre malades traités par greffes :
Un malade âgé de 58 ans traité par greffe ostéopériostique décédé 135 jours après l’accident : Mortification partielle de la tête. Phénomènes ostéogéniques accentués à la surface des lames osseuses incluses dans le col.
Une malade de 82 ans traitée par greffon péronier morte 45 jours après l'accident :
macroscopiquement, aucun cal, aucune adhérence du greffon, ni avec le fragment externe, ni avec le fragment interne ;
histologiquement : nécrose totale de la tête, Phénomènes d'ostéogenèse au contact du greffon et jusque dans l'épaisseur du tissu spongieux.
Un malade 45 ans, traité par greffon péronier, mort 35 jours après l'accident : |
pas de nécrose de la tête, Phénomènes d'ostéogenèse au pourtour du greffon.
FuNGKk-BRENTANO 7
LAUSUE
Une malade de 72 ans, traitée pour pseudarthrose par greffe péronière, morte 120 jours après l'accident :
sclérose du tissu spongieux avec nécrobiose des colonnes osseuses fondamentales. ‘Apposition d'os néoformé au contact du
greffon.
EN RÉSUMÉ : la nécrose n’est pas constante mais elle est fréquente. Elle subit directement l’influence de l’äge du sujet.
La consolidation spontanée malgré la nécrose est-elle possible? C’est une question intéressante, surtout quant au traitement de la fracture récente. Les éléments fournis par les travaux des auteurs n’y apportent pas de réponse.
Les observations de Cuvigny contribuent à éclairer la valeur ostéogénique du greffon.
Celle-ci est-elle suffisante chez le jeune à provoquer la réhabitation de la tête ?
Lorsque la tête n’a conservé que son pourtour chondro-compact et qu’elle présente l’état de notre observation n° XX VI, certainement non, et l’on verra ultérieure- ment le greffon monter dans la tête sans obtenir la consolidation osseuse.
Lorsque la tête présente une nécrose résistante, chez l'adulte, la greffe stimule parfaitement la rékhabitation qui, sans elle, serait particulièrement lente à venir si on ne s’a dressait qu’à la puissance ostéogénique du fragment distal fortement coapté par vis.
Le greffon péronier suffit-il à provoquer la réhabitalion de la tête chez le vieillard ?
Lorsqu'il y a nécrose de la tête chez le vieillard, nécrose totale s’entend, il ne faut pas oublier :
1° que la puissance ostéogénétique du vieillard est très limitée ;
2° que c'est à celte dernière que l’on fait appel en prélevant chez le sujet un greffon péronier. Ce greffon « de vieux » ne suffira pas, pensonsnous, à provoquer, en tout cas dans les pseudarthroses sous-capitales où l’ischémie est au maxi-
mum, une ostéogénèse suffisante pour réhabiter la tête.