III. — La radiographie
De même ici, lorsque l’examen clinique est démonstratif, la radiographie d’une interprétation facile renseignera utilement sur : le degré de résorption du fragment cervical externe et la direction de la tête. Elle n’a pas, dans ce cas, d’intérêt de diagnostic. Lorsque la clinique est en défaut, 2 cas peuvent se présenter :
— ou la radiographie (face et profil) tranchera le diagnostic ;
— ou bien une seule image radiographique sera insuffisante.
Col et tête sont en bonne position, une encoche à la partie supérieure et inférieure du col. Le cas ne se présente pas lorsque le malade n’a pas été, ou a été mal traité antérieurement. Mais lorsqu'un malade a été traité en bonne position (position de Whitman, par exemple), qu’il est arrivé à la fin de son traitement et
OBSERVATION XXIil
Radiographies prises à la sortie de l’appareil de Whitman
FiG. 13-44. "En repouss
ant le membre avec rotation externe.
En plaçant le membre en abduction et traction,
qu’il accuse des douleurs vives empêchant la marche, douleurs qu’on serait tenté de mettre sur le compte du psychisme du sujet, il n’est pas rare que la radiographie donne l’image dont nous parlons plus haut. Avant de conclure à la consolidation osseuse, il faut faire pratiquer deux radiographies dans les conditions suivantes : |
le malade amarré au plan de Ducroquet (dont le support métallique ne masque pas la tête fémorale aux rayons X), une première radiographie est prise après avoir exercé une très forte traction sur le membre en faisant coulisser la tige métallique porte-étrier qui maintient le pied. Une deuxième radiographie est prise non seulement sans exercer de traction mais en repoussant la cuisse en direction de l’aisselle du sujet.
À la traction et au refoulement on peut avantageusement combiner l’adduction et lPabduction, la station externe et la rotation interne. Il est inutile de dire que ces manœuvres ne devront pas être intempestives.
Ainsi on pourra constater un changement de rapports entre les bords inférieurs et supérieurs des fragments internes et externes sur les deux radiographies qui dépisteront une pseudarthrose qu’on aurait méconnue sans cela.
Nous illustrons ces manœuvres des radiographies (fig. 12, 13, 14). Elles concernent la malade de l'observation n° XXIIL. A la sortie de Whitman l’impotence fonctionnelle n’était plus que relative. La malade soulevait le talon du plan du lit, pas de piston. Or la malade, se plaignait de douleurs et refusait de marcher. Fallait-il mettre
FuNcKk-BRENTANO 8
AE
ces signes subjectifs sur le compte de la pusillanimité ou s’agissait:il bien d’une absence de consolidation ? Une radiographie faite en position normale n’éclairaiten rien le diagnostic, comme ‘on peut s’en rendre compte. Deux autres radiographies pratiquées dans les positions que nous venons d'indiquer démontrèrent qu’il s’agissait de pseudarthrose.