‹ Les Pseudarthroses du Col du FémurChapitre 62 sur 77 · AVANTAGES DE LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

AVANTAGES DE LA MÉTHODE

Le principal avantage de l’enchevillement extra-articulaire est certainement la bénignité de l'intervention.

Dans la statistique de M. DuyartER on voit que sur 21 opérés pour pseudarthrose, on n'a à ne compter qu’un décès avec la méthode mise au point en 1924. Encore s’agissait-il d’une femme de 72 ans, très déficiente, dont la simple immobilisation au lit eut probablement entraîné le même résultat.

Sur 10 pseudarthroses traitées par greffes ostéopériostiques, un décès.

Dans la statistique de M. GIRODE, sur 23 opérés : deux décès chez une femme de 50 ans et une femme de 67 ans.

Dans la statistique de M. Dezser (in Leveuf) sur 37 cas, 2 décès : un homme de 63 ans mort d'infection urinaire, trois semaines après l'opération ; une femme de 68 ans réopérée deux fois et porteuse de larges escarres, morte au treizième jour.

La mortalité opératoire est faible et cependant les interventions ont été pratiquées sur des sujets à état général souvent déficient, ou âgés.

Si on compare la mortalité pour pseudarthroses de M. Dujarier avec celle du même auteur pour le traitement sanglant des fractures cervicales récentes, on est frappé de leur différence. En effet, en 1927, dans son rapport au Congrès de Chirurgie, M. Dusarier accuse 8 décès sur 39 cas opérés, soit près de 20 %. Outre que la statistique de cette époque est grevée de résultats obtenus chez des gens très âgés (83, 82, 78 ans) que M. Dujarier refuserait actuellement d’opérer, il ne faut pas perdre de vue que lorsqu'un individu vient consulter en état de pseudarthrose, il a déjà produit en quelque sorte l'épreuve de sa résistance. Le terrain est donc meilleur que pour le fracturé récent.

La facilité de l'intervention, d'autre part, est grande.

Guidé qu’on est au fur et à mesure des étapes de l'opération par les radiographies, la seule erreur possible est l'introduction du greffon en mauvaise position dans le sens antéro-postérieur, éventualité bien rare quand on a soin de placer le membre en abduction et forte rotation interne, ce qui fixe sensiblement horizontalement le col.

Nous reproduisons trois pièces qui en dehors des radiographies de profil prises régulièrement dans le service, après l’opération, montrent la valeur de la technique de M. Dujarier au point de vue de la situation en quelque sorte axiale de la cheville péronière.

Deux sont des radiographies de pièces prélevées sur Île cadavre ayant servi à M. DusarieR dans son cours de technique opératoire de Clamart. Les cadavres

ont été opérés dans des conditions rigoureusement identiques à celles des opérés. Une est la photographie

d’une des pièces prélevées par M. Dusarier chez les

Fig. 81-82. — Pièce anatomique prélevée sur un cadavre. Enchevillement pratiqué à l'Amphithéâtre des Hôpitaux par M. Du- JARIER, avec la même technique que dans son service.

quatre malades morts après l’opération et qui ont servi à la thèse de Cuvigny en 1926.

Le reproche que l’on pourrait faire est que si la main

FUuNCK-BRENTANO 13

Fire. 83-84. — Pièces opératoires prélevées sur une M Dusarier.

malade de

du chirurgien acquiert rapidement l'habileté suffisante à l’intervention, il faut que celte main soit armée d’une instrumentation spéciale que ne possèdent pas tous les services, el que l’on ait en plus à sa disposition une installation radiographique pouvant être transportée dans la salle d'opération.

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