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COMMENT AGIR PRÉVENTIVEMENT CONTRE LA FRACTURE DU GREFFON

Puisque la fracture du greffon se produit au moment précis ou n'étant plus capable par résorption de jouer son rôle de tuteur, alors que son rôle ostéogénétique n’a pas été poussé jusqu’à la consolidation, les auteurs ont été tout naturellement amenés à confier la coaptation des fragments à un autre élément : la vis métallique.

M. Dusarier pratiqua l’adjonction du vissage à la greffe lorsqu'il se servit de greffes ostéo-périostiques. L'idée a été reprise par M. Deuser et ses élèves en octobre 1921. Or, les résultats obtenus sont beaucoup moins heureux que ceux de l’enchevillement péronier isolé, et la technique a été complètement abandonnée.

M, Leveur voit la cause de ces résultats dans la des-

truction d'os et de vaisseaux créée par le double forage d’une part, et d'autre part dans la gêne apportée par la double prothèse au remaniement post-opératoire des fragments.

C'est à l’orthopédie qu’on a alors demandé d’éviter la fracture du greffon. M. Dusarter immobilise ses malades longuement. L’immobilisation a d’abord été obtenue par le grand plâtre abdomino-cruro-jambier à la Whitman, puis par les appareils de Rouvillois ou de Clavelin.

Les dates (que nous avons citées plus haut) auxquelles se produisent les fractures indiquent bien combien il est difficile de fixer une limite à l’immobilisation. D’autant plus que si l’immobilisation agit favorablement sur le facteur mécanique de cette fracture, elle est une entrave au remaniement post-opératoire de l’épiphyse et à ce que M. Grrope appelle « lPutilisation rationnelle » du greffon.

Pour R. Ducroquer la fracture du greffon est liée à l'effort qu’il a à supporter en tant que cheville entre deux fragments dont l’un est fixe, l’interne, et dont l’autre, l'externe, subit un appel vigoureux et permanent en haut, et ce, parce que le greffon péronier est placé pendant l'intervention, le membre inférieur subissant sur la table orthopédique une très forte traction qui cesse dès que l’on enlève l’étrier du pied du malade. Le greffon aurait ainsi à subir des efforts de « cisaillement » à l’origine de sa fracture. Il est donc partisan de la méthode suivante :

après réduction en abduction, relächer la traction pour que les deux fragments en contact ne soient solli-

cités l’un et l’autre par aucun appel de force. Les surfaces fracturées seraient ainsi suivant son expression,en position de stabilité.

Cette position serait maintenue après l’opération soil par un plâtre à la Whitman, soit par un grand appareil plâtré, le membre étant immobilisé dans la première position de réduction des luxations congénitales de la hanche.

Mais, à notre avis, quel que soit le procédé (naturellement non sanglant) recherché pour éviter la fracture du greffon, celle-ci se produira fatalement dans certaines conditions. L’élément prépondérant (dont rie se préoccupent pas les partisans des interventions sans arthrotomie) est, non seulement la capacité ostéogénique du sujet (fonction de l’âge, de la tuberculose ou de la syphilis), mais surtout l’interposition interfragmenlaire.

Au moment de la résorption, ne disons pas fatale mais souhaitable du greffon (puisqu'elle est la marque de sa revascularisation), c’est à ce niveau que se fera la fracture avec réascension du fragment externe.

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