‹ Les Pseudarthroses du Col du FémurChapitre 69 sur 77 · C. — Arthrotomie suivie de greffes · texte numérisé non relu

C. — Arthrotomie suivie de greffes

C’est sans conteste ALBEE qui à mis au point la technique de la méthode. Après arthrotomie par voie antérieure (entre tenseur du fascia lata et couturier) et ouverture en T de la capsule, la réduction est faite sous contrôle de la vue par traction en donnant au membre aussi peu d’abduction que possible. Avivement économique des surfaces de fracture. Examen soigneux de la tête qui décidera de l'intervention à pratiquer :

si la tête est ankylosée ou nécrosée : Operation reconstructrice ;

si la tête est en bon état : enchevillement.

C’est de la technique de ce dernier que s’est inspiré M. Dusarier et nous n’y reviendrons pas. |

ALBEE emploie comme greffon, soit du péroné, soit du tibia au niveau du bord antérieur duquel il taille le greffon à l’aide de la scie circulaire jumelée qui entame l'os jusqu’au canal médullaire.

Notons qu’Albee réserve cet enchevillement aux cas favorables, En janvier 1928 il publiait une statistique de

80 opérés sur lesquels 36 avaient subi l’enchevillement et 44 l’opération reconstructrice. La sélection est faite par l’état de ia tête et la valeur du col.

Sur les 36 enchevillements pratiqués sur des malades de 13 à 69 ans (moyenne 50 ans), il y a 32 bons résultats, (hanche mobile, indolore, marche sans fatigue et sans Canne) deux résultats médiocres (marche possible avec canne) deux échecs (fracture du greffon et reformation de pseudarthrose). Les malades ont été revus pour la plupart de un à quinze ans après l'opération.

Ces résultats sont donc très beaux. Sensiblement yo % de très bons résultats avec sur 36 pseudarthroses, seulement deux fractures du greffon.

Cette méthode n’est guère utilisée en France. M. BrécHoT en cite un cas en 1927. M. Dupuy DE FRENELLE en est un des principaux défenseurs.

Nous publions plus loin deux observations :

L'une d’un homme de 22 ans opéré par M. DusaRIER à la suite d’un échec des greffes ostéopériostiques. La deuxième intervention suivie d’arthrite purulente est un échec qu’il est difficile d’imputer à la méthode.

L’autre d’une femme de 60 ans opérée par M. LECÈNE. . M. LEecine, après avivement des fragments, se contenta de prélever de courtes greffes sur le fémur qu’il disposa autour du foyer de fracture. Une plus volumineuse servit à faire un enchevillement. Il en résulta ultérieurement une pseudarthrose serrée.

Obs. XXVIII — P. P., 22 ans, couvreur.

Entre dans le service de M. Dujarier le 24 mai 1923 pour

pseudarthrose ancienne du col du fémur,

Opération le 31 mai 1923 (Dujarier; :

Incision trochantérienne après réduction. Repérage de la tête, l'intervention est conduite à la bonnette, On taille un greffon ostéo-périostique que l’on roule et place dans le tube porte-greffe.

On fore le col ayec une mèche américaine de 10, puis on introduit le porte-greffe et on place la greffe sans aucune difficulté.

Suture.

Le malade est immobilisé en abduction. Appareil plâtré par M. Judet.

Suites opératoires normales.

Aucune consolidation.

Réopéré le 15 janvier 1924 (M. Dujarier) :

Incision de Lambotte. En raison de l'opération antérieure l'incision est plus difficile.

Avivement du fragment externe après rotation. Avivement du fragment interne, On ne peut pas se rendre compte de la mobilité de la tête dans le cotyle.

En mettant le membre en forte rotation interne on ap plique les deux surfaces de fracture.

Prélèvement d’un fragment de péroné de 8 centimètres que l'on introduit dans un tunnel foré à la mèche de 10 millimètres.

Le tunnel est agrandi à la queue de rat (Le tunnel creusé dans le col passe en tissus peu solides que la mèche a traversés trés facilement).

Reconstitution difficile de la capsule que l'on suture par un point.

Suture des plans musculaires aux catguts.

Drainage sous-cutané car il existe du suintement. Le membre est maintenu en bonne position par la seule grelfe péronière, Durée ; 1 heure.

— D0n te

Le 25 janvier 1924 (dix jours après) ascension thermique à 30°9.

Tout rentre rapidement dans l’ordre après évacuation spontanée d'un peu de pus.

Le 15 mar 1924 : Il ne reste qu'un trajet fistuleux donnant quelques gouttes de pus.

Le 16 septembre 1924, la suppuration se poursuivant toujours sans fièvre on décide d'opérer le malade comme une fistule ostéopériostique ordinaire.

3° opération (M. Dujarier). Après anesthésie lombaire on aborde la fistule et on tombe sur le péroné dont le centre est nécrosé, mais dont la périphérie soudée au fragment externe paraît revivre. On fait sauter la paitie antérieure du col. On curette une cavité profonde répondant à la tête et d’où on retire des fongosités et des séquestres provenant du greffon péronier.

Tamponnement sans suture de la peau.

La suppuration se tarit peu à peu. Les mèches sont enlevées au bout d'un mois. Comblement de la cavité.

Le 22 novembre : poussée inflammatoire autour de la plaie qui rétrocède en 24 heures.

Le malade a quitté le service 2 ans après la dernière intervention marchant avec une seule canne. La fistule n'était pas tarie.

Ce malade n'a pu être retrouvé.

Obs. XXV. — Vve À..., 60 ans, ouvrière.

La malade entre dans le service du Pr Lecène le 25 novembre 1926 pour une fracture trans-cervicale du fémur gauche faite le jour même.

Traitée le 1er décembre 1926 par un appareil plâtré à la Whitman appliqué par R. Ducroquet.

3 mois après, le 26 février 1927 on retire le plâtre. Impotence absolue ; pas traces de consolidation aussi bien clinique que radiographique.

Opération le 21 mars 1927 (4 mois après la fracture) (M. Le-

cène), |

La malade est placée après rachi-anesthésie sur l'appareil de Ducroquet.

Incision en avant du tenseur du fascia lata (avec débridement externe). Hémostase des vaisseaux circonflexes antérieurs.

Mise à nu des fragments. On voit alors qu'il existe une interposition capsulo-musculaire très nette entre les fragments. Résection de cette interposition.

Prélèvement de greffes osseuses sur le fémur, telles que une d'elles sert à faire un enchevillement et les autres des greffes ostéo-périostiques tout autour. Suture complète.

La malade est immobilisée immédiatement dans un

appareil plâtré en légère abduction.

Sortie le 28 juillet 1927,

Revue le 6 décembre 1928 : Membre solide. Marche en boitant mais tous les mouvements sont possibles sans aucune douleur. Ne souffre qu'aux changements de temps. Est très contente.

Revue le 25 juin 1929 (2 ans et 3 mois après l'opération). Marche très correctement. Cependant se sert d’une canne. La malade a fait récemment une chute sur le côté sans dommage.

Raccourcissement : 4 cm. |

Amyotrophie : 3 cm. à la cuisse, 0 à la jambe.

Mouvements passifs :

Abduction : 35°.

Flexion : 45°,

Rotation : normale,

Les mouvements sont indolores.

Mouvements actifs : La malade décolle très facilement le talon du plan du lit, Très bonne flexion active. Légers mouvements

de piston.

En résumé : Pseudarthrose serrée, avec un résultat fonctionnel suffisant,

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