‹ Les Pseudarthroses du Col du FémurChapitre 73 sur 77 · À SP · texte numérisé non relu

À SP

On a ainsi un jour considérable sur l'articulation comme le montrent les figures 101 et 102.

Après incision de la capsule à la manière de Hey Groves (fig. 102) on se rend compte de l’état de la tête. Si on considère qu’il autorise un enchevillement péronier, la face externe du grand trochanter est suffisamment dégagée pour qu'on puisse facilement forer sa base. En cas de tassement marqué du col on pourra raccourcir la capsule en la suturant.

Il semble donc que cette voie d’accès donne le maximum de jour avec le minimum de délabrement muscu-

laire.

Discussion des résultats de l’arthrotomie

Très violemment attaquée par M. Delbet et ses élèves l’arthrotomie ne compte en France que quelques rares partisans, Force est de nous rabatire sur les statistiques étrangères,

Quelque sens critique que l’on ait à l'endroit des résultats publiés en dehors de nos sociétés, il n’en reste pas moins que l’arthrotomie recrute à l'étranger de nombreux défenseurs :

Ceballos et T, Gioia la pratiquent systématiquement en cas de fractures sous-capitales ou trans-cervicales avec grand déplacement.

Henderson, de Rochester, sur 78 pseudarthroses opérées:23 enchevillements à ciel ouvert, avec 16 succès, 5 insuccès, 2 résultats inconnus, et 55 opérations restauratrices (Whitman, Albee, Brackett).

Lussana, de Venise, en dehors des basi-cervicales et des cervico-trochantériennes a recours à l’arthrotomie, En Allemagne : Lang, Bonn, Richard, Muhsam, Borchardt sont partisans du ciel ouvert, |

Schloffer, de Prague, de même.

En France: Robineau, Tavernier, Bréchot, Masmonteil, Dupuy de Frenelle, interviennent par arthrotomie.

Nous ne reviendrons pas sur les résultats de Whitman et Albee que nous avons indiqués plus haut.

Il faut bien dire que l’arthrotomie et le contrôle direct de l’état des fragments satisfait la logique. Nous n’en dirions pas autant s’il s’agissait de fracture récente. Là nous demeurons persuadé que l’enchevillement extraarticulaire demeure le traitement de choix. Mais nous sommes en présence de pseudarthrose. On peut affirmer que sans l’arthrotomie tous les éléments manquent le plus souvent au chirurgien pour répondre à cette simple et primordiale question : pourquoi y a-t-il pseudarthrose? Si la nécrose de la tête entre seule en jeu, si la nécrose laisse une tête compacte, l’enchevillement à l'aveugle suffira, S'il s’agit d’une tête « vide », le greffon montera et sera incapable d'amener une solution quelconque, sauf une lésion surajoutée da cotyle au bout d'un certain temps.

Si c’est l’interposilion interfragmentaire qui est en cause, seule l’arthrotomie pourra la lever.

La pseudarihrose du col du fémur rentrerait donc dans le grand cadre des pseudarthroses en général ou la levée de l’interposition et l’avivement des fragments constituent la base de la thérapeutique.

Certains auteurs insistent sur le rôle dangereux que constitue pour la vascularisation de l’extrémité interne de l'épiphyse fémorale la section d’artérioles nourricières par avivement des fragments. C'est ce qu’on réalise dans l'arthrotomie pour pseudarthrose.

L’argument est bon pour les pseudarthroses sans déplacement où le bistouri pourrait léser des petits vaisseaux jusque là intacts. Il ne tient plus pour les pseudarthroses anciennes se compliquant d'ascension considérable du fragment externe qui, dans son ascension, a forcément rompu les branches des circonflexes incluses dans les frenula capsulæ®, capsule en quelque sorte viscérale du col et directement appliquée sur lui. Dans ces cas, l’arthrotomie ne crée pas de dégâts et permet de les constater.

Pour d’autres, l’aboutissant trop fréquent de l’arthrotomie serait l’ankylose. Des statistiques dignes de foi comme celles d’Albee et de Whitman nous montrent qu’il n’en est rien.

Est-ce à dire que l’arthrotomie devra être systématique ?

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