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des corps gras, acquièrent un certain degré d’acido-résistance.
La présence des corps gras n'est, d'ailleurs, pas toujours nécessaire pour l'acquisition par certains bacilles de la propriété acido-résistante et ils peuvent l'acquérir aussi, comme nous l'avons vu, quand ils se développent dans les sérosités et dans le sang.
Le rôle joué par les substances grasses et les sérosités dans le développement accidentel de l’acido-résistance est encore démontré par ce qui se passe quand on cultive les microbes sur des milieux additionnés de substances grasses.
Bienstock, puis Gottstein ont cultivé le bacillus subtilis, le coli-bacille, le microbe du charbon dans des milieux additionnés de beurre ou de lanoline ; ils ont vu que, dans ces conditions, ces microbes acquéraient la propriété acido-résistante. Nous avons pu vérifier ces faits pour le bacillus subtilis, la bactéridie et le bacille diphtérique ; quelques bacilles du foin ou du charbon deviennent légèrement acido-résistants ; pour le bacille de Læffler le nombre des éléments est plus considérable (1).
On peut encore conférer un certain degré d’acido-résistance à des bacilles ordinaires en les faisant végéter sur des milieux ordinaires, à condition d’ensemencer en même temps du bacille de Koch, comme si ce dernier qui fabrique pour lui-mème et de lui-même, aux dépens du milieu, les substances qui lui donnent sa propriété acido-résistante, en cédait un peu au bacille commensal qui végète à côté de lui. Gibier, le premier, à réalisé cette expérience en ensemençant des bacilles du charbon sur des cultures de bacilles de Koch.
(1) Rappelons qu'il s'agit d’acido-résistance légère et qu'aucun bacille n'est jamais devenu alcoolo-résistant.
Nous-même avons cultivé le bacille diphtérique, le bacillus subtilis, le bacille du charbon dans une macération de bacilles de Koch dans l’eau stérilisée. Dans ces conditions, nous avons vu le bacillus subtilis et le charbon acquérir la propriété acidorésistante, mais le bacille diphtérique ne l’a pas acquise. Abandonnant un jour, dans le laboratoire, une macération de bacilles de Koch, nous avons vu s’y développer spontanément un voile formé d’un streptothrix à longs filaments qui était acidorésistant.
Nous avons cherché, d'autre part, comment se comportaient les bacilles ordinaires ensemencés dans les liquides séro-fibrineux. Le bacille diphtérique, cultivé dans ces conditions, peut devenir acido-résistant, le bacillus subtilis n’acquiert pas la propriété, à moins qu'au préalable il n'ait déjà été cultivé sur du bouillon au beurre ; repiqué de bouillon au beurre sur du bouillon ordinaire il n’est plus acido-résistant.
Nous nous sommes demandé si, dans les milieux organiques qui ne contiennent pas de matières grasses, il ne fallait pas faire jouer un rôle à la cholestérine dont la présence est
constante dans ces milieux.
La propriété acido-résistante n’est pas l'apanage exclusif du bacille tuberculeux. Elle appartient encore aux spores microbiennes et à certaines granulations cellulaires: Les spores microbiennes ne se colorent pas par les couleurs aqueuses d’aniline, mais se colorent à chaud par le liquide de Ziehl et résistent alors à la décoloration par l'acide sulfurique au 1/4. Elles ont donc la double propriété du bacille de Koch : l’imper-
méabilité relative aux solutions aqueuses de couleurs d’aniline, l’acido-résistance.
La chromatine des noyaux en caryokinèse est elle aussi nettement acido-résistante.
Il serait intéressant de voir si la composition chimique de ces éléments ne se rapproche pas de celle du bacille de Koch ; pour la spore on a prétendu que des matières grasses existaient dans le protoplasma.
Il est malaisé de dégager de tant de faits disparates la raison intime de la double propriété acido et alcoolo-résistante du bacille tuberculeux.
Cependant, ces expériences viennent confirmer la nécessité de distinguer nettement le bacille tuberculeux et les bacilles tuberculoïdes des pseudo-bacilles acido-résistants.
La propriété acido-résistante du bacille de Koch et des bacilles tuberculoïdes qu'ils partagent avec les spores microbiennes, avec certaines granulations cellulaires, avec la chromatine des noyaux en caryokinèse — et dont l'explication dans ces cas n’est pas plus facile — est bien différente de la faible acido-résistance des bacilles pseudo acido-résistants.
Expérimentalement on ne parvient pas à conférer à des mi-
crobes vulgaires la véritable propriété acido et alcoolo-résis 5 prop
tante du bacille de Koch.
Celle-ci reste presque un fief pour lui et les tuberculoïdes,
mais sa cause demeure encore mystérieuse.
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