ÉTUDE CRITIQUE ET EXPÉRIMENTALE DE LA COLORA- TION DU BACILLE DE KOCH
L'historique qui précède nous montre comment, petit à petit, on est arrivé à établir une méthode de coloration particulière, et à connaître les détails des réactions colorantes du bacille de Koch. Pourtant dans ces données éparses, bien des notions n’ont pas été coordonnées. Lorsqu'on croyait le bacille tuberculeux le seul de tous les microbes qui se colorât de la façon que nous avons vue, il était indifférent de savoir avec précision les particularités de sa colorabilité. Le fait que d’autres microbes de jour en jour plus nombreux, sont signalés sous le qualificatif d'acido-résistants, nécessite que l’on soit mieux renseigné sur la colorabilité du bacille tuberculeux.
D'après les travaux qui précèdent, nous voyons que le bacille de Koch est un microbe difficile à colorer. On y réussit cependant, mème avec les solutions colorantes aqueuses, à condition qu'on prolonge l'immersion dans celui-ci pendant plusieurs heures.
La réussite est plus certaine en additionnant le colorant d'une substance comme l'aniline, la potasse, le phénol, etc.
Quel est le rôle de cette substance ? Ce n’est pas parce qu'elle est basique où acide, puisque base ou acide agissent de même ; elle paraît agir comme « mordançant ».
Une fois coloré, le bacille se comporte autrement que tous
les autres éléments (1), il résiste à l’action décolorante des acides minéraux dilués, des acides organiques, l'alcool absolu, l’eau bouillante, l'eau oxygénée, le bisulfite de soude. Mais il résiste d'autant mieux qu'il à été plus fortement coloré, ou plutôt qu'on a utilisé pour le teindre une couleur plus énergique ou dont l’action s’est produite à chaud.
Dans quelle mesure exacte résiste-t-il à l'action des agents décolorants ? Ceux-ci parviennent-ils à le décolorer au bout d'un certain temps ?
Telle est la question que nous tenons surtout à préciser, afin d’avoir en main une méthode qui nous permette de différencier à coup sûr le bacille tuberculeux des autres microbes susceptibles de résister pendant un certain temps à l'action décolorante de certains acides.
Nous ne pouvions étudier la résistance à l'action décolorante des diverses substances proposées par les bactériologistes, sans être auparavant fixé sur les substances colorantes. N’avons-nous pas appris, en effet, que les bacilles se décolorent d'autant plus facilement qu'ils ont été soumis à l'action d'un colorant moins énergique, ainsi que l’ont montré Straus avec l’eau bouillante, et Ehrlich avec le bisulfite de soude.
Il nous faut donc étudier successivement :
1° Les différents colorants ;
20 Les différents décolorants ;
3° Les méthodes complexes ou différentes de la méthode acido-résistante.
Avant d'exposer nos expériences et les résultats obtenus,
nous devons indiquer quel matériel nous avons utilisé. Nous avons employé :
{M)llya des exceptions sur lesquelles nous reviendrons.