‹ Les Pseudo-Bacilles Acido-RésistantsChapitre 7 sur 31 · NOT · texte numérisé non relu

NOT

l° Des bacilles tuberculeux humains venant de source humaine, cultivés sur pomme de terre glycérinée, sur jaune d'œuf gélosé, sur sang gélosé glycériné, milieux préconisés par MM. Bezancon et Griffon, ainsi que des cultures en voile, à la surface du bouillon glycériné. Nous avons utilisé plusieurs races, venant les uns de méningites tuberculeuses (1), les autres, de pleurésie tuberculeuse (2).

Nous avons aussi employé des cultures de bacille tuberculeux bovin, mises gracieusement à notre disposition par M. Binot,

Nos cultures étaient toujours âgées d'au moins un mois, parfois davantage, Marmoreck ayant signalé que dans les cultures toutes jeunes certains bacilles n'auraient pas encore acquis la propriété acido-résistante.

Mais, nous avons parallèlement et le plus souvent utilisé des bacilles contenus dans les crachats de phtisiques, et de préférence des crachats très bacillifères, afin qu'il soit plus facile et plus probant de retrouver les bacilles sur nos préparations. Les crachats que nous avons employés renfermaient en moyenne de 20 à 50 bacilles par champ microscopique.

C'est à dessein que nous avons choisi les bacilles des crachats de phtisiques : nous nous proposons en effet de chercher une méthode de coloration qui permette de distinguer le ba-

cille de Koch des autres bacilles acido-résistants. Cette diffé-

(1) Les bacilles tuberculeux venant de méningites, ont été cultivés par l'ensemencement direct du liquide céphalo-rachidien sur le sang gélosé glycériné (Procédé Bezançon et Griffon).

2 Les bacilles tubereuleux venant de pleurésie tuberculeuse, ont été isolés par l'ensemencement direct sur la pomme de terre à l'eau glycérinée à 10 0/0 selon le procédé Vetter.

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renciation n'a qu'un intérêt très médiocre dans les cultures. C'est au contraire dans les milieux où le clinicien a intérèt à rechercher le bacille de Koch, qu'il faut étudier ses caractères, c'est-à-dire dans les excreta ou les secreta normaux ou pathologiques de l’homme. C'est là que l'on est exposé à rencontrer des bacilles acido-résistants en imposant pour le bacille tuberculeux. C'est là que nous pourrons appliquer à ces bacilles accidentellement acido-résistants les mêmes méthodes que nous devons étudier sur le bacille tuberculeux.

Peu nous importe, pour le butque nous poursuivons, que certaines races de bacilles de Koch acclimatées à vivre d’une façon homogène dans le bouillon comme celles qu'a obtenues Ferran, Auclair, perdent plus ou moins complètement leur propriété acido-résistante. Ce sont des races tératologiques, de véritables monstres obtenus avec peine {[1).

Peu nous importe même quil puisse exister dans les crachats des phtisiques, ainsi que Ferran l’a soutenu, des bacilles tuberculeux qui ne seraient pas acido-résistants. Cette hypothèse toute gratuite réclame des faits qui la démontrent. D'ailleurs ces bacilles, s’ils ne sont pas acido-résistants, n'ont pas à

ôtre différenciés des bacilles acido-résistants vrais ou faux.

S 4. -- Colorants.

Nous avons expérimenté :

4° Une matière colorante agissant à froid en solution

aqueuse : le bleu de Unna ;

(1) Il est d’ailleurs à noter que la race de bacille homogène d'Arloing et Courmont que nous avons à notre disposition n'a jamais perdu sa pro-

pi

2 [Une matière colorante agissant à froid, en solution anilinée (additionnée d’un mordançant),le violet de gentiane aniliné, et nous avons expérimenté à ce sujet la réaction de Gram :

3° Une matière colorante agissant à chaud, additionnée d’un mordançant différent : l'acide phénique (liquide de Ziehl), l’aniline (liquide d’'Ehrlich).

Nous indiquons première, deuxième préparation, ete. En réalité nous avons répété un très grand nombre de fois chacun de cés essais. Nous avons fait par exemple, non pas sur un échantillon, mais sur plusieurs, la série des réactions bleu de Unna, Gram, etc.

1° Colorant aqueux : le bleu de Unna. — Crachais renfermant 20 à 50 bacilles de Koch par champ microscopique, des chainetles de strepltocoques, du paratétragène zoogléique, etc.

re Préparation (témoin) :

Liquide de Ziehl à chaud. . . . . . 1/4 d'heure Acide nitrique ou 1/3. . . . . . . 5 minutes AlCOOADSOLLESERERR RS ET »

Bee INna RSS »

Alcoolsabsolu CR Rs 2 »

Les bacilles de Koch sont nettement colorés en rouge, les

streptocoques et les paratétragènes en bleu.

2e Préparation :

Blen de Unne Ne RTE ITUILES AUCOORDEQIUENRRE RER 2 »

priélé acido résistante.

Avec M. Bezançon nous avons également obtenu une race homogène de bacille de Koch humain, et bien que nous la conservions depuis quatre années elle n'a jamais perdu sa propriété acido-résistante.

On ne voit pas de forme bacillaire sur la lamelle, les streptocoques et les paratétragènes sont bien colorés en bleu foncé ainsi que les noyaux des cellules (1).

Nous laissons alors le bleu de Unna agir une heure sur une préparation des mêmes crachats.

3° Préparation :

BléndeAnna se 16464 à 4... U heure AID A DS0lue ec CE CE 2 minutes

Nous avons le même résultat qu'avec la précédente. Pas de bacilles visibles.

2°Colorant additionné d'un mordançant : le violet de gentiane phéniqué. — Avec les mêmes crachats nous traitons une

lamelle par la méthode de Gram.

4° Préparation :

Violet de gentiane aniliné. . . . . . 5 minutes

DOUGDI NE RU DR Re 4 0 ACDC ECS jusqu'a décoloration ONDES ec e Ce MITUtES

Les streptocoques et les paratétragènes sont colorés en violet intense ; on voit des formes bacillaires mal colorées en violet clair, quelquefois granuleuses. [Il est en tout cas impossible d'affirmer qu'il s’agit de bacille de Koch.

Nous faisons une préparation avec une culture de bacille

tuberculeux bovin, de la même façon.

(4) Nous avons fait des préparations analogues (sur des coupes renfermant des bacilles)\ en décolorant à l'alcool à 90° et sur d’autres lames avec la glycerinaether-mischung ; il n'y a pas de bacilles visibles colorés en bleu.

Not ee

5° Préparation. — Bacilles tuberculeux bovins. Violet de gentiane aniliné. . . . . . 10 minutes LUSOLAN ON c'RRENCRRS. RATE Alcool absolu . . . . . . . . . . . jusqu'à décoloration

Montage au baume après dessiceation.

Les bacilles apparaissent nettement, les uns colorés en violet foncé, les autres, plus nombreux, en violet pâle, d’autres sont très clairs. La plupart sont granuleux.

Le bacille de Koch se colore donc difficilement par les couleurs aqueuses. Après une heure de séjour dans le bleu polychrome de Unna, il n’est pas encore coloré.

Mais il se laisse volontiers pénétrer, et cela même à froid, par les couleurs additionnées d’un mordançant, comme le violet de gentiane phéniqué, en un temps relativement assez court, » à 10 minutes.

Coloré dans ces conditions, il résiste à l’action décolorante, à vrai dire légère, de l'iode (1) dilué et de l'alcool absolu.

Nous n'avons pas cherché ici pendant combien de temps le bacille ainsi coloré pouvait résister à la décoloration par l'alcool absolu. La question n'a qu'un intérêt médiocre, La réaction que nous expérimentons est la réaction de Gram, que tout bactériologiste pratique de la même facon, c'est-à-dire qu'après l’action de la solution iodo-iodurée de Lugol, on traite la préparation par l'alcool absolu, jusqu’à ce que celui-ci n'entraîne plus de trace de couleur violette. Dans ces conditions, nous pouvons conclure que #raité par la méthode habituelle le bacille de Koch « garde le Gram ».

Ille «garde » mal pour certains de ses éléments, mais peut-

(1) L'iode, dans la réaction de Gram, n’est pas considéré comme décolorant, mais nous rappelons qu'Ebrlich a considéré l'iode (et le chlore) comme un décolorant énergique du bacille tuberculeux.

être serait-il plus coloré si l'on faisait agir le violet plus longtemps. Nous n'avons pas voulu expérimenter ces méthodes, qui n'ont aucune importance pour le but que nous nous sommes imposé.

3° Colorants additionnés d’un mordançant agissant à chaud. — Il était plus utile de rechercher si le liquide colorant est plus énergique, lorsqu'il est additionné d'aniline que lorsqu'il est additionné d'acide phénique, en d'autres termes si le liquide aniliné d'Ehrlich est supérieur au liquide phénique de Ziehl.

Si l’on emploie le Ziehl communément aujourd'hui pour colorer le bacille de Koch, c’est parce que la solution de fuchsine phéniquée se conserve bien plus longtemps que le liquide d Ehrlich. On peut le préparer à l'avance, tandis que la solution de fuchsine anilinée d’Ehrlich doit être préparée extemporanément, ce qui impose une perte de temps considérable.

Nous faisons deux préparations avec les mêmes crachats tuberculeux ; l'une est traitée par le liquide de Ziehl de la façon

suivante :

Ziebliärchaud et 10) minutes Acidenitrique au 1/3... Lheure(l).

Bletide Unnat "#2" minutes.

Alcool absolu . . . . . . . . jusqu’à décoloration

La préparation ne présente pas de formes bacillaires colorées en rouge, ni même en bleu. Nous reviendrons à plusieurs reprises sur cette technique, car il y a plusieurs conclusions

à tirer de ce résultat.

(1) Nous décolorons iei pendant une heure parce que c’est une limite à laquelle le bacille de Koch est presque sûrement décoloré avec l'acide nitrique au 1/3.

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