‹ Les Pseudo-Bacilles Acido-RésistantsChapitre 8 sur 31 · DS · texte numérisé non relu

DS

Ici nous voulons seulement retenir que décolorées pendant {heure par l’acide nitrique au tiers, les bacilles contenus dans la préparation n’ont pas gardé la fuchsine phéniquée.

La seconde préparation est traitée par le liquide d'Ehrlich, préparé extemporanément en versant de l'eau anilinée satu-

rée dans la solution alcoolique saturée de violet de gentiane.

Liquide d'Ehrlich à chaud. . . . . 15 minutes. Acide nitrique au 1/3 . . . . . . 1 heure.

Les bacilles de Koch, un peu gonflés, apparaissent nettement colorés en violet (1).

Ainsi done, décolorés pendant une heure par l'acide nitrique au tiers, c'est-à-dire dans les mêmes conditions que dans la préparation précédente, les mêmes bacilles, colorés pendant un temps égal, restent colorés par le violet.

La conclusion est facile à poser : le bacille de Koch est plus acido-résistant lorsqu'il a été traité par le liquide d'Ehrlich que lorsqu'on l'a coloré par le liquide de Ziehl, le temps de coloration étant égal.

Mais cela ne signifie pas que l’on doive préférer le liquide d'Ehrlich au liquide de Ziehl, dans les besoins courants de la clinique. La fuchsine phéniquée suffit à permettre de différencier le bacille de Koch, et son emploi est incomparablement plus pratique, puisqu'on n'est pas obligé de le préparer chaque fois que l’on veut rechercher le bacille tuberculeux dans une préparation.

Le mode de préparation du liquide de Ziehl à une grosse

(1) Rappelons que les deux préparations ont été faites avec les mêmes crachats et cette durée n'a de valeur que par comparaison. Un autre échantillon pourrait être moins résistant avec le violet aniliné: il le serait encore moins avec le Ziehl.

importance pour la coloration du bacille. Si ce liquide est mal préparé, il n'est pas mordancant, et le bacille ne se colore pas, ou silse colore, il ne résiste plus que faiblement à l’action décolorante de l'acide nitrique et il devient nécessaire de « ne pas trop décolorer ». Or cette technique expose justement à laisser colorés des bacilles vulgaires.

Le Ziehl, mal préparé, agit comme une solution aqueuse, et nous savons qu'il suffit de quelques minutes pour que les microbes vulgaires soient pénétrés par les solutions colorantes aqueuses, tandis que le bacille de Koch exige plusieurs heures pour se colorer dans ces conditions. Le Ziehl, dans ce cas, colorera mieux les bacilles vulgaires que le bacille de Koch : puis si l’on fait une décoloration hâtive, le bacille de Koch risquerait de se décolorer plus facilement puisqu'il a été mal imprégné par la couleur tandis que les bacilles vulgaires soumis à l’action trop longue pour eux — trop courte pour le bacille de Koch — du colorant deviendront acido-résistants.

Nous nous sommes aperçu de ce fait de la façon suivante. Ayant trouvé dans des crachats tuberculeux des bacilles nombreux, nous pratiquons de nouveaux examens sur les mèmes crachats avec un autre échantillon de liquide de Ziehl, À notre grand étonnement nous ne retrouvons pas de bacilles ; or le second échantillon du liquide de Ziehl avait été préparé en versant dans une solution d’acide phénique à 5 0/0 une solution de fuchsine dans l'alcool absolu ; cette dernière à ellemême été faite, en mettant la fuchsine dans une bouteille remplie d'alcool absolu puis en agitant.

Cette technique est mauvaise, il faut préparer le liquide de Ziehl de la façon suivante, telle qu’elle a été instituée primiti-

vement, mais qui est depuis si souvent négligée. Le liquide

en SU =

de Ziehl, ainsi préparé, constitue le meilleur colorant pratique pour rechercher le bacille de Koch.

On broie dans un mortier 1 gramme de fuchsine rubine dans 10 centimètres cubes d'alcool absolu ; on ajoute 5 grammes d'acide phénique neigeux en broyant toujours le liquide puis, par petites portions, en continuant de remuer, 60 centimètres cubes d'eau distillée environ, on verse en un flacon, et on rince le mortier avec 40 centimètres cubes d'eau distillée, que Fon ajoute au colorant qu'on a déjà versé dans le flacon ; on laisse reposer pendant 24 heures, puis l'on filtre.

C'est avec ce colorant, préparé ainsi, que nous avons fait toutes nos expériences de décoloration (1).

S2. — Agents décolorants.

L’acide nitrique, dilué au tiers, est le premier décolorant que nous avons employé.

Nous colorons à chaud pendant dix minutes une préparation de bacilles de Koch (crachats, cultures, exsudats) et nous décolorons dans un bain d'acide nitrique dilué au tiers. S'agit-il d'une préparation de bacilles venant de cultures, les bacilles sont nettement colorés en rouge ; s'agit-il d'un frottis de crachats, les bacilles tubercuieux sont nettement rouges, les autres éléments de la préparation sont à peine rosés ou tout à fait incolores, suivant que l’action de l'acide nitrique a été plus ou moins prolongée. Nous reviendrons sur ce fait. Retenons seulement que l'acide nitrique agissant par exemple 2 minutes laisse les bacilles parfaitement colorés.

(1) Nous avons cru inutile d'expérimenter les autres mordançants préconisés comme l’orthotoluidine, l'acide acétique, etc.

PR

Ehrlich a déjà insisté sur le fait que les acides minéraux, notamment l’acide nitrique, décolorent instantanément le bacille de Koch, s'ils agissent & chaud. Nous nous sommes assuré en effet qu'une préparation de crachats renfermant des . bacilles de Koch traités par le Ziehl se décolore complètement lorsqu'on fait agir l'acide nitrique au tiers à l'ébullition pendant deux minutes. Si l’on examine une préparation ainsi traitée au microscope, on ne voit que des débris informes absolument incolores.

De cette expérience nous pouvons tirer un enseignement pratique : lorsqu'après avoir traité la préparation par le Ziehl à chaud on veut décolorer par l’acide, il faut attendre quelques instants, de façon à laisser refroidir la lame.

L'acide sulfurique, employé par Neelsen, se comporte sensiblement comme l'acide nitrique. Toute la préparation est décolorée à l'exception des bacilles de Koch, qui restent nettement rouges. En deux minutes, le « fond » est décoloré.

L’acide chlorhydrique, conseillé par Orth, doit être dilué au 1/100 (1). Nous avons employé la technique suivante :

Crachats tuberculeux :

PÉVSARA CET LE PINS FAT ADNOE 10 minutes.

ÉCHROUST UOTE 10 »

ATÉooRabSOlUe CREME MRUTE 2 »

Tous les éléments de la préparation sont décolorés, seul le bacille de Koch est très nettement rouge.

Ces trois acides ont à notre avis une égale valeur. Leur

(1) C’est Orth, rappelons-le, qui conseille de diluer l’acide chlorhydrique au 1/10. IL s’agit ici de la dilution aqueuse et non de la dilution

alcoolique.

Asp: VE

action suffisamment prolongée décolore tout ce qui n'est pas bacille tuberculeux dans une préparation faite avec des crachats.

L'acide acétique, conseillé par Petri, a la mème propriété. Mais il est certainement moins énergique que les acides minéraux. Nous l'avons employé pur, le bacille de Koch est resté franchement rouge, après une décoloration de 10 minutes. Les autres éléments de la préparation sont rouges également, mais la préparation est très altérée, les cellules à peine reconnaissables, bien que rouges.

L’acide tartrique à 40 0/0 serait, selon Hauser, moins brutal que les acides minéraux. Il pourrait agir lentement sans altérer le bacille de Koch. Une longue décoloration d'une demi-heure ne parviendrait pas à décolorer celui-ci, tout en laissant sa forme intacte.

Nous le croyons volontiers. Avec l'acide tartrique à 10 0/0 agissant une demi-heure, les bacilles restent bien colorés, mais toute la préparation est également rouge. Nous avons alors appliqué une solution saturée pendant 10 minutes. Le fond reste rose, et le bacille quoique bien rouge est altéré.

L'acide citrique (Ilauser) à 5 ou 10 0/0 offrirait les mêmes avantages que l'acide tartrique. Nous lui reprochons les mémes inconvénients, Agissant pendant une demi-heure à 10 0/0, il laisse toute la préparation franchement rouge. En solution saturée, agissant pendant 10 minutes, il déteint et transforme en boules tous les éléments de la préparation, mais ces éléments restent tous rouge intense.

L'acide lactique à 5 0/0 (Hauser) agit de la même façon.

Nous avons traité une préparation de crachats par l'acide

lactique pur pendant un quart d'heure et la préparation, res-

made re

tée complètement rouge, ne nous à pas permis de retrouvet les bacilles de Koch.

Lesieur a proposé d'employer l'alcool additionné d'acide lactique à 2 0/0.

L'acide formique (Watson, Cheyne) serait un décolorant discret. Sans doute il se comporte comme les autres acides organiques, mais nous ne l'avons pas expérimenté.

L'acide oxalique (Cornil, Alvarez et Tavel) offre des inconvénients identiques aux précédents. Cependant il n'altère pas les éléments anatomiques. Nous avons fait agir une solution saturée aqueuse pendant 10 minutes après coloration par le Ziehl, et nous n'avons pas observé de décoloration. Tous les éléments restent également teintés en rouge.

L'acide picrique en solution saturée n’a qu’une action décolorante médiocre. Après une durée de 10 minutes de décoloration, la préparation reste encore fortement colorée. — L’ « acide picrique » n’est d'ailleurs pas un acide, chimiquement parlant, — et l’on voit bien qu'on versant la solution sur la lame, au lieu d'observer comme avec les autres acides la disparition de la teinte rouge, qui réapparaît lorsqu'on lave à l'eau, le frottis reste nettement rouge.

Müller a conseillé récemment d'employer le percarbonate de potasse (K2C206) à 5 ou 10 0/0 comme agent décolorant. Il laisse agir la solution pendant un quart d'heure, puis lave à l’eau et recolore le fond en bleu. I dit que les bacilles peuvent rester dans le bain décolorant durant une heure sans se décolorer.

Le principe de cette méthode repose sur l'action décolorante des corps oxydants. Il recommande comme succédané du per-

carbonate de potasse l’eau oxygénée, à laquelle on ajoute au Philibert 3

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