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moment d'en faire usage une petite quantité de carbonate de soude ou de potasse. Les préparations peuvent rester également une heure dans l’eau oxygénée sans se décolorer, selon l’auteur.
Nous avons employé ce procédé, qui ne nous semble pas devoir supplanter celui de l'acide nitrique. Nous avons laissé agir l’eau oxygénée pendant 2 heures sur une préparation de bacilles de Koch, colorée par le Ziehl à chaud pendant une demi-heure. Sans doute nous avons constaté que les bacilles restent franchement rouges, mais tous les autres éléments de la préparation gardent une teinte rose plus ou moins foncée.
Il nous semble que l’eau oxygénée décolore aussi peu le bacille de Koch que les autres éléments, lorsqu'on a pratiqué une coloration énergique.
Le bisulfite de soude était regardé par Ehrlich comme un agent décolorant de premier ordre. Il peut agir pendant 24 heures sur les bacilles de Koch sans les décolorer.
Nous avons expérimenté le bisultite de soude. Sur une première préparation, colorée par le Ziehl chaud pendant une demi-heure, nous faisons agir le bisulfite de soude en soluüon à 20/0, pendant un quart d'heure. La préparation est tout entière rouge et nous distinguons mème des pneumocoques avec leur capsule colorés franchement en rouge. Gette méthode, susceptible de laisser des paeumocoques colorés, doit ètre rejetée. Nous avons dû prolonger la décoloration pendant 2 heures, et si les bacilles de Koch semblaient plus rouges que les autres microbes et les éléments de la préparation, le tout était cependant nettement rosé.
L’iode (selon Ehrlich) agirait comme un décolorant éner-
gique du bacille de Koch. Nous savons que l'iode dans la
solution de Lugol agit plutôt comme un fixateur électif de la couleur sur les bacilles.
Nous avons traité des bacilles de Koch colorés par le Ziehl avec de la teinture d'iode pendant 10 minutes, nous n’avons retrouvé sur la préparation que des détritus méconnaissables au microscope. Nous ne doutons pas de l'affirmation d'Ebrlich, mais nous tenons l’iode comme inemployable dans la pratique courante.
Le chlorure de sodium, en solution à 20 0/0, a été employé par Stolz, nous verrons dans quelles conditions. Nous avons traité des bacilles de Koch de crachat, colorés par le liquide de Ziehl à chaud pendant 10 minutes, par une solution d'eau salée à 20 0/0 durant 2 heures. Au bout de ce temps tous les éléments de la préparation étaient encore colorés en rouge bacilles, chaïnettes de streptocoques. Nous n'avons pas poussé plus loin la « décoloration » qui est si peu élective.
Tous ces agents décolorants, à l'exception de liode (?) et de l'acide azotique bouillant, laissent intacte la coloration du bacille de Koch lorsque celui-ci a été imprégné par la fuchsine phéniquée pendant 10 minutes à chaud.
Mais vis-à-vis des autres éléments de la préparation, il en est autrement. Les uns décolorent complètement les autres éléments,ils sont pour ainsi dire électifs pour le bacille de Koch, ce sont les acides nitrique au tiers, azotique au quart, chlorhydrique au dixième.
Les autres laissent une teinte rougeâtre plus ou moins foncée sur tous les autres éléments, lorsqu'ils agissent même pendant un temps assez long comme le bisulfite de soude, l’eau
oxygénée.
Certains, s'ils agissent assez longtemps comme l'acide tartrique, ne laissent qu'un nuage rosé, — encore faut-il qu'ils agissent au moins 10 minutes; d’autres laissent sur les cellules une teinte rosée, et même franchement rouge : des microbes vulgaires comme le pneumocoque, le streptocoque demeurent colorés en rouge.
Ces agents décolorants ne sont pas électifs dans la décoloration d'une préparation contenant du bacille de Koch ; ils décolorent. tout fort peu, et rien complètement. Ce sont les acides picrique, formique, acétique, oxalique, tartrique, lactique, citrique, l’eau oxygénée, le bisulfite de soude, le chlorure de
sodium.
$ 8. — Autres méthodes.
Quelques autres méthodes de coloration élective du bacille de Koch méritent de retenir notre attention, car c'est avec certaines d’entre elles que l’on a coloré des microbes qui sont très différents du bacille tuberculeux, comme les bacilles de Frænkel, et les bacilles acido-résistants que nous avons rencontrés dans les voiles développés à la surface des épanchements pleuraux.
Méthode de Frænkel. — Frænkel colore à chaud au moyen de la fuchsine ou du violet anilinés.
C'est le temps de la décoloration qui diffère dans sa méthode. Il décolore et recolore en mème temps au moyen de l'acide nitrique alcoolique tenant en dissolution du bleu de méthylène ou de la vésuvine, suivant qu'il a coloré par la fuchsine ou le violet de gentiane.
Voici ses formules exactes :
AT
RAA ICO EEE NT NE SID50 frammes Hat Me ne ALT EN TC RAITE . 30 — ACHAT TIQUE RER em 0e — Bléudémeéthylène 2... hextès Agiter et filtrer.
SNOOPER RE Let MT0 grammes Acide azotique . . -« -. . enr ns to — NÉS ARS ELU Rd q.s.
Nous n'avons pas expérimenté la méthode de Frænkel sur le bacille de Koch. des crachats : la décoloration simultanée par l'alcool et l'acide nitrique réalisant de tout point la méthode rigoureuse de décoloration du bacille de Koch. Mais nous pensons qu'il faut laisser agir, dans les cas douteux, la solution décolorante pendant un temps suffisant.
Méthode de Gabbet. — Cette méthode, décrite autrefois par Gabbet, a été récemment reprise par Jousset pour la recherche du bacille de Koch dans les exsudats pleuraux.
Gabbet colore par le Ziehl ordinaire.
Il décolore et recolore simultanément par l'acide sulfurique au quart additionné de 1 à 2 grammes p. 100 de bleu de méthylène.
Nous avons appliqué bien des fois la méthode de Gabbet à des crachats tuberculeux, en colorant d’abord pendant une demi-heure par le Ziehl. Les bacilles de Koch restent bien colorés, en rouge, le fond est rosé, ou bleuté, suivant qu'on a poussé plus ou moins la décoloration.
Il n’est pas douteux que par la méthode de Gabbet on ne puisse réussir à colorer le bacille de Koch si l’on colore un temps suffisant.
Méthode de Gibbes. — Nous ne citons cette méthode que
pour être complet.
Elle est originale par ce fait que deux colorants agissant simultanément, l'un d'eux seul est accepté par le bacille de Koch selon Gibbes.
Voici la formule de la solution de Gibbes :
HuUChHSNore LE 2 grammes Bleu de méthylène. . . . . . . . . 1 »
Broyer ensemble dans un mortier :
AIT ES PR NE EU OT PRE 3 grammes ATCOO LA DSC RS PE 15 »
+ Eau distillée . . . . . . . . . . . 130 cent. cubes.
Gibbes colore à chaud et décolore simplement par l'alcool absolu.
Procédé de Kühne-Borrel. — Cette méthode est bien connue. On colore à chaud ou à froid pendant 24 heures (pour les coupes) par le Ziehl phéniqué. On traite la préparation par une solution de chlorhydrate d'aniline à 2 0/0 pendant quelques minutes, puis on décolore énergiquement par l'alcool absolu. Le bacille est coloré en rouge.
Ce procédé nous à toujours donné de bons résultats pour la coloration du bacille de Koch dans les crachats.
Procédé de Spengler. — Kühne (1) a depuis longtemps conseillé de recolorer les préparations de crachats par l'acide picrique, afin que la teinte jaune permette de mettre plus facilement au point.
Spengler, tout récemment, a conseillé la méthode suivante que nous avons expérimentée. Les différents temps sont les
suivants :
1° Coloration sur lamelle couvre-objet à chaud, en chauffant très discrètement.
(4) Cité par Straus.
29 On traite les préparations pendant quelques secondes par l'alcool picriqué.
Solution saturée aqueuse d'acide pierique, . . . 60 AICOOPA SOS EC lens en En. 1740)
3° Lavage, à trois reprises différentes, par à l'alcool 600.
4° Décoloration par l'acide nitrique au 1/6° (soit 15 0/0) en solution aqueuse.
5° Lavage, à l'alcool à 60°, aussi longtemps qu'il est nécessaire pour qu'il ne reste plus trace de couleur.
6° Lavage par la solution picriquée.
Par cette méthode les bacilles de Koch sont très bien colorés en rouge, le fond est jaune (1). Spengler pense par cette méthode différencier de gros bacilles longs granuleux (bacilles bovins) et de petits bacilles fins prenant la couleur d’une facon uniforme (bacilles humains).
Méthode de Quensel. — Quensel revient à la technique d'Ehrlich, et colore par le violet de gentiane aniliné ; il décolore soit successivement par l'acide nitrique et par l'alcool soit en un seul temps par l'alcool chlorhydrique à 10 0/0. Il recolore ensuite à l’'auramine.
Méthode de Dorsel. — Toute différente est cette méthode. Elle est fondée sur la colorabilité de la graisse par le sudan IE.
On colore pendant 5 à 10 minutes dans une solution saturée de sudan III dans l'alcool à 80e.
On lave ensuite avec l'alcool à 70° plusieurs fois renouvelé
pendant 5 minutes.
(1) Cette méthode donne, comme celle de Kühne-Borrel, d'excellentes colorations pour les coupes histologiques renfermant des barilles,
ND
On décolore ensuite par l’un des acides minéraux (nitrique, sulfurique ou chlorhydrique) dilué.
Cowie, qui a expérimenté cette méthode, n'a pas pu réussir à colorer le bacille tuberculeux.
Nous l'avons essayée, et jamais nous n’avons pu réussir aussi bien dans les crachats que sur les cultures, même en
prolongeant l’action du sudan pendant 24 heures.