‹ Les Pseudo-Cancers Gastriques Dans La Maladie De BiermerChapitre 16 sur 28 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Le simple examen des caractères étiologiques communs que nous venons de résumer permet déjà d’entrevoir les difficultés qui peuvent surgir dans le diagnostic de ces fausses tumeurs gastriques des biermériens avec le cancer de lestomac. Ces difficultés se trouvent accrues par la possibilité, comme nous le verrons, de la coexistence des deux affections, et surtout par la possibilité de l'apparition d’un cancer gastrique chez des biermériens apparemment ou réellement guéris.

Néanmoins, dans bien des cas, le diagnostic sera relativement facile à établir grâce à la conjonction des deux examens radiologique et gastroscopique, à la condition que ceuxci soient aussi complets et aussi parfaits que possible, — grâce également à un résultat hématologique typique, — grâce enfin à l'influence de la thérapeutique et à l’évolution ultérieure.

Nous allons donc étudier maintenant à chacun des divers point de vue clinique, paracliniques et thérapeutique, quelssont les éléments de confusion et les éléments de différenciation existant entre le pseudo-cancer de l’estomac au cours de la maladie de Biermer et le cancer gastrique à son début, qu'il s'agisse du cancer à forme anémique ou d’un cancer gastrique banal pouvant coexister avec une anémie biermérienne.

Diagnostic clinique

Nous ne reviendrons pas sur les considérations étiologiques concernant l’âge et le sexe des malades, et la méconnaissance antérieure de leur anémie : nous avons vu qu’il s'agissait, dans lies cas que nous avons rapportés, de sujets aux envi-

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rons de la cinquantaine et de sexe masculin le plus souvent. Ce sont là des éléments d’analogie avec le cancer de J’estomac, surtout si l’on y ajoute que l'existence de la maladie de Biermer n'était pas préalablement connue chez ces sujets. Aucun élément de différenciation ne peut intervenir dans ces faits étiologiques. Bien au contraire, des rapports assez nets semblent exister entre l’anémie pernicieuse et le cancer de l’estomac ; ils ont fait l’objet d’intéressants travaux, notamment de P.-E. WEIL avec Lamy et avec J. BER- NARD [70], travaux sur lesquels nous aurons à revenir ultérieurement.

I. — L'existence de troubles fonctionnels dyspeptiques, anciens ou récents, n'offre en réalité que fort peu d'intérêt, ne pouvant en effet servir d’argument ni pour, ni contre l’une ou l’autre des deux éventualités : cancer ou faux-cancer. Car on sait que d’une part l’absence de passé gastrique est un fait banal dans le néoplasme de l'estomac : or, dans 4 des 11 cas de pseudo-cancers, il y a aussi absence totale de troubles dyspeptiques, — que d’autre part des antécédents dyspeptiques anciens n’éliminent pas le cancer gastrique, bien au contraire, puisqu'ils peuvent traduire une gastrite ou un ulcère d’estomac constituant parfois de véritables états précancéreux : or, dans 4 autres des 11 observations, il existe un passé dyspeptique plus ou moins long, et chez un de ces 4 malades un ulcus ancien en est la cause ; — que, en troisième lieu enfin, l’apparition récente de troubles diges-. tifs est le fait classiquement le plus en faveur du cancer : or, ce fait se retrouve dans les 3 observations restantes (I, III et V). Ainsi donc, du point de vue fonctionnel, toutes les éventualités sont possibles dans le pseudo-cancer gastrique, comme dans le cas de véritable néoplasie. Toutefois, les troubles dyspeptiques sembleraient plus fréquents dans la madie de Biermer que dans le cancer de l’estomac à forme anémique. En pratique, aucune différenciation n’est possible en cette matière.

IH. — Il] en va de même des hémorragies digestives, qu mélæna. Nous ne parlerons pas ici des hématémèses, qui n'ont été observées que dans un seul des onze cas, — celui

du malade IT, lequel présenta, au cours de ses antécédents d'uleus, deux hématémèses — et qui, d'autre part, sont rares

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